‹ Le Sérapéum de MemphisChapitre 59 sur 73 · II Paralip., xiv · texte numérisé non relu

II Paralip., xiv

jourd'hui les sites de Gébel-Barkal, eu Ethiopie \ Sérakh et Tahraka ne sont donc pas de même race, et c'est là le résultat en apparence inévitable auquel mène l'examen superficiel de la question dont nous venons de poser les termes. Pour tout dire cependant, j'ajouterai qu'en approfondissant la matière on reconnaît que la Bible n'a pas sans intention donné à Tahraka et à Sérakh l'appellation commune d'Ethiopiens. Pour la Bible, le pays de Coush ne se bornait pas en effet à ce que nous appelons l'Ethiopie, et les Coushites n'habitaient pas seulement les plaines du Sennâr. Répandus dans le sud de l'Asie, depuis l'Indus jusqu'à la côte occidentale de la péninsule arabique, les Coushites, à une époque inconnue à l'histoire, avaient franchi le détroit de Bab-el-Mandeb et envahi le continent africain*. C'est là que les conquérants de la XIP dynastie, trois mille ans avant notre ère, vinrent les trouver pour les combattre^; c'est là que, plus tard, les Thothmès et les Aménophis essayèrent sur ces vieux témoins d'une ancienne civilisation la force et le poids de leurs armes*. Les Coushites avaient donc une autre patrie que le haut Nil; ils étaient ces hommes au teint sombre, au visage brûlé, qu'en regardant vers le sud-est et le sud-ouest les Sémites apercevaient à l'horizon enflammé des plaines de la Mésopotamie. Or la Bible, qui fait Coush fils de Cham, donne à Coush un fils qu'elle appelle Nemrod, et c'est à ce Nemrod qu'elle attribue la fondation de Babylone. «Les fils »de Coush, dit le chapitre X de la Genèse, furent Saba, Hévila, Sabatha, Ragma » et Sabatacha. Les fils de Ragma furent Saba et Dadan. Et Coush engendra Nemrod, » qui commença à être puissant sur la terre ...... La ville capitale de son royaume

»fut Babylone, outi-e celles d'Arach, d'Achad et de Chalanné, dans la terre de Sen-

»naar Assur sortit de ce même pays, et il bâtit Ninive et les rues de cette

» ville "^ » A la rigueur, les Nemrod, les Sargon, les Tiglath, que nous trouvons

établis sur les bords de l'Euphrate et du Tigre, ne sont donc pas des Sémites, et, comme conséquence nécessaire, les Nemrod, les Osorkon, les Takellothis, que, sous la XXII^ dynastie, nous rencontrons au bord du Nil, ne sont pas non plus des fils de Sem. J'ai pu, à la vérité, sans faire injure aux usages reçus, mettre en évi-

1. Voy. le grand ou\Tage de la commission prussienne, Denkm., V, pi. 5 à 13 inclnsivement

2. Conf. E. Renan, Histoire générale et système comparé des langues sémitiqttes, 1^ partie, p. 63, 462, 474, etc. — Baron d'EcKSTEiN, Les Éthiopiens d'Asie, dans VAthenœum français, 22 avril 1854, p. 364. — Lenobmant, Introduction à Vhistoire de VAsie occidentale, eh. IV, race de Cham, p. 225. — Letronne, La stattie vocale de Memnon, p. 67. — Gliddon, Tgpes of Mankind, 6* édit., p. 481 et suiv.

3. Tombeau d'Améni, à Béni -Hassan, Denkm., II, 122. Conf. Bibcu, On a remarkable inscription of the txcelfih dynasty, p. 6.

4. Voy. passim les inscriptions publiées dans les grands ouvrages sur TÉgypte.

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