‹ Le serf et le boyard drame en trois actes imite de l'allemandChapitre 29 sur 33 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

EMMA, OSSIP, puis ISIDORE, ossir. Isidore, Excellence!

emma. Qu’il entre.

Ossip fait entrer Isidore et se retire, isiooie. Vous m’aves fait appeler?

r. aima. Et je vous attendais avec impatience , mon ami... voici la lettre d'affranchissement qu'on vous avait injustement refusée. J’ai pensé que vous aimeriet A la recevoir de la main d’une amie.

isiDOis, regardant le papier. Mon affranchissement ! je ne pouvais le recevoir que de vous, puisque c'est vous qui l'avez acheté.

emma. Voussavei...

Isidore. De quel prix vous avci payé ma liberté... Je devrais vous remercier , mais je ne me sens pas capable d'apprécier une action si peu commune.

emma. Je vois peu d’amitié dans ces paroles... Je ne retruuvc pas eo vous cette force d'âme qui m'a si souvent souIcqu moi-même dans mes douleurs.

Isidore. Ah ! qu'un instant a tout changé!

une heure dans les fers a renversé toutes mes pensées.

emma. Ah ! quitter ce ton froid et amer, je ne l'ai pas mérité ; il me déchire. ..Croyez que le combat a été douloureux... interrogez votre Coeur... j’ai versé bien des larmes*, mais l’espoir d'un autre avenir a soutenu mes forces... qu’il ranime votre courage... Oui , mon ami, nous serons un jourruunis.

isidore. Vous vous tromper, madame, si vous pensez que le chagrin de vous perdre, le désespoir de renoncer A votre amour, me dicte le langage que je vous tiens, tout cela est passé... Aussitôt que je me vis traîné devant vous en habit d'esclave, exposé à scs féroces mépris , je connus les humiliations qui vous atteudaieot à mes côtés , et je renonçai à vous... Oui, si la liberté m’eut été rendue lorsque ma main était encore armée , je me serais plutôt donné la mort, que de placer celte main flétrie dans la vôtre.

F.UHA. Calmet celte exaltation, Isidore.

Isidore. Ecoulcx-moi , madame , et vous saurez me comprendre : on m’a couvert de la livrée d’un valet, on m'a forcé d’en faire les fonctions serviles, pour vous humilier en moi. J'ai dû obéir pour échapper A un châtiment plus avilissant encore. .. on in’a enchaîné, menacé d’une condamnation infamante, de la flétrissure!...

Vous croyezpeui-êire m'en avoir délivré... non... ia honte , l’horreur de moi-même me l’on faitsubirà mes yeux. Et comment m’nvcz-vous racheté de cette condition de la bête de somme ? â quel prix ? Vous vous êtes sacrifice â ce jeune audacieux , A ce barbare... vous avez immolé vous , moi et mon ainonr... et pourquoi ces horreurs?

avais-je commis un crime? non, j’étais né maudit ; j'étais né pour ramper, pour être foulé aux pieds... Le sentiment de sa propre estime seul peut élever l'homme... Ce sentiment n’est plus en moi... je me méprise...

emma. Mon ami, mon ami, comment pou vez-rous vous mépriser parce que vous êtes malheureux ?

Isidore. Oh ! vous ne pouvez sentir ce que j’éprouve... votre sexe et le nôtre ne comprendront jamaisde la même manière cotte horrible situation..» Votre honoeur, c’est la cbastelc ; la liberté est le nôtre...

L'esclave est déshonoré l'esclavage

est In mort de l’atne.

nu. C’était une 'acte d’oppression injuste... Vous êtes libre, ne vous remettez pris rous-même dans les fers... Pourquoi ce découragement? vous êtes jeune, riche..

Isidore. C’est cela! jetez-moi une aumône. .. on ne peut offenser un esclave.

emma. N’ai-je dono plus de droits sur votre sort... Eh bien I repoussez mes dons... retournez dans le beau psysoû nonsétions heureux, respirer l’oubli de vos chagrins avec cet air délicieux dont nous enivrait l’Italie... Que les beaux-arts...

Isidore. Les arts ! il but Sire libre pour lescultivcr. Non... tout est passé... je puis m'ouvrir une autre route... Avez-vous eutore quelque chose à m’ordonner?

emma. Non , nous allons nous séparer...

pour la rie. Il me reste une consolation :

c’est de voir que vous avez pris un parti... Qui peut voiis ravir la noblesse de l'ame ?.. honorez en vous l’ami que s’était choisi mon cœur, et pour lequel il s’est brisé aujourd'hui ; l'aiui à qui je n’ai renoncé que pour cette vie. C’est ma dernière prière, ma dernière volonté.

isiDoax. Adieu 1

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