‹ Le sergent Frédéric comédievaudeville en cinq actesChapitre 21 sur 83 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

STURNER, STOLBACIl.

STURNER.

Approche!... Que s’esl-il passé ici, pendant mon absence? STOLBACn.

Rien, général.

STURNER.

Quelqu’un est-il venu au château?

STOLBACIl.

Personne.

STURNER.

Tu ne me trompes pas?

STOLBACIl. «'animant.

Vous tromper, moi !... (Plu» calme.) Un jour... il y adix ans de cela... un jeune soldat, étant en faction, a Berlin, vil passer sa fiancée au brasd’un rival... U laissa tomber son fusil, et s’élan-

ça vers celle qui le trompait... quand il se trouva tout à coup en face d’un officier, que, dans son égarement, il n'avait pal vu venir... Pour ce moment do délire, pour ces quelques pas qu'il avait faits loin de son poste, il fut déclare déserteur, jugé, condamné, et lo roi Guillaume signa l’arrêt de mot il... Mais co soldat avait une mère et un général... une mère, qui ne sut que pleurer et prier... un général, qui villes larmes de sa mère et qui le sauva... Lnsoldat. c’était moi... le sauveur, ce fut vous... Ue ce jour, mon général, je suis devenu votre enclave, votre chien... La fidélité d’un homme, on peut en douter : de celle d'un chien, jamais)... Il ne s’est rien passé ici, el personne n’y est venu.

STURNER.

Je te croi*... Oui. Stolbacb. tu es le dévouement même... le dévouoment aveugle et implacable, je le sais... A ce point que, si j'avais un ennemi, je mo garderais bien de le le faire connaître... car tu le tuerais ! (il lui tend U main, que Stolbacb balte, el il s'éloigne. — Le jour commence à baisser.)

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