‹ Le sergent Frédéric comédievaudeville en cinq actesChapitre 40 sur 83 · LE GARDIEN · texte numérisé non relu

LE GARDIEN

Entre, garçon.

JEAN, entrant.

Là, jo vous le disais bien, militaire, qu’on m’attendait... d’ailleurs, j’ai une permission.

(Le gardien sort.)

KEITT, allant à lui.

Je te remercie do ton empressement, mon ami... J’avais un petit service à le demander, et je vois que je nu tue suis pas trompé en comptant sur loi.

JEAN

A la vie, à la mort, mon officier... d’abord que vous ôtes le camarade et l’ami de notre auguste prince, le parrain de mon

petit Pélers... Mais est-il Diou possible, mon officier, nue vous

soyez ici, en prison, et accusé comme déserteur? Oh ! mais

Cane se passera pas comme ça...jesuislâ, moi. j'attesterai que vous n’étcs pas coupable et encore moins déserteur... Vous avez fait une promenade, voilà tout... à preuve que je vous ai prêté mes deux chevaux pour aller jusqu au château do Reinisberg... Voilà la chose dans toute sa simplicité.

KEITT.

Garde-toi bien do parier de cela à personne I... Le service que i’ai à réclamer de toi, c'est do porter toi-mérae à ce château une lettre quo jo vais écrire.

JEAN

La course est bonne, mais c’est égal, j’irai, mon officier...

Ob I mais je ne vous dis pas io plus drôle de l'affaire... Imaginez-vous que, en même temps qu'on venait m’ordonner de votre part de me rendre ici, un domestique tout chamarré est venu dire a ma femme que quelqu’un la demandait tout de suite à la cour... Est-ce farce, ça!... Qu’est-co qu’on veut faire de ma femme à la cour?... Ça fait que nous avons quitté le moulin tous les deux, et que nous sommes arrivés à Berlin ensemblo.

KEITT.

Oui, il y a des fêtes, il y a des bals à la cour.

JEAN, Ingénument.

Vous croyez qu’on veut faire danser ma femme?

KEITT.

La mission dont je veux te charger exige du mystère, des précautions, du courage peut-être... Io château est activement surveillé... te sens-tu assez do résolution pour me servir?

JEAN

Je vous ai déjà dit que vous pouviez compter sur mon dévouement, d'abord que vous êtes l’ami do notre cher prioce, l'auguste parrain de mon petit...

KEITT, l'interrompant.

Ne me parle pas du prioco... c'est lui qui m’a livré, qui m a fait arrêter.

JEAN

Loil... Tenez, mon officier, jo ne sais pas si ça est, mais je dis que c'est impossible!

EEITT.

Ahl je voudrais le croire comme toi...

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