‹ Le sergent Frédéric comédievaudeville en cinq actesChapitre 45 sur 83 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

FRÉDÉRIC. KEITT.

(ils entrent l'un après l'autre et descendant ensuite en scène.)

KEITT.

Plus personnel

Pas un chut I...

KEITT,

Je ne suis pas superstitieux, mats cette apparition du général dans notre pusuu me semble do mauvais augure.

Et moi, je pense le contraire... Pourquoi aurait-il quitté I© conseil, qu’il préside, s’il n'avait pas quelque parolo d’eapéuuco à trous apporter?

KFITT, soucieux.

J’ai des motirs pour croiro que votre altos se se trompe, du Bwiui» en ce qui uio concerne... Mo permettez- vous d'écrire, prince f

Te voilà retombé dans tes idées lugubres... Fais, mon garçon, broie du noir... avec de l'encre... adresse a ta belle châtelaine une élegie bien plaintive et bien sentimental*... Moi, je vais réver à ma chère Elisabeth, qui, au dire Christine, s’occupe do moi.

KEITT, ac plaçant à la table de gauche.

Je veux, du moins, la rassurer sur mon sort. (A part.) L'événement de celte fatale nuit a dû tant l'effrayer!

FRÉDÉRIC, s'asseyant sur te banc.

Si j'essayais d'un sonnet, que je mettrais ensuite en musique?... c’est peut-être bien hardi, pour un poète prussien... J ■ ferais bien mieux do travailler à mon grand poème sur l’art do U guerre. (U tire de sa poche une petite flûte ci va pour en jouer.) KEITT, la plume à la main.

Prenez carde, monseigneur I... si vous jouez do la flûte, jo vais vous écouler, et adieu mon épltre amoureuse.

Courtisan, val (chantant.)

Oh ! du pouvoir royal pre*tiges séducteurs !

Même en prison, nous trouvons des Batteurs!

(H prélude sur la flûte. — On retrouve dan* le motif qu'il exécute l'air : charmante Gabrietle. — Apres avoir joué.)

C*est singulier, toutes les fois qoo j’ai do l’amour en tète, cet air de romance me revient ù ta pensée... Je ne suis pourtant pas ttn Henri IV... mais mon Elisabeth est plus jolie que sa Gabi belle... O ma ravissante commère I

Air : Charmante GabritUe.

Comme le roi de France, fe vous aime aujourd'hui ;

Mais croyez-moi d'avance Plus fidèle que lui.

Non Ame est asservie Et sans retour :

Plutôt perdre ta vie

que mon amour I [Solo Je flûte.'

* DEUXIÈME COIPL6Î.

L'éclat de la couronne N a point séduit mon errur;

Celle que t’anibur dorme Suffit A mon bonheur.

A vous je sacrifie Tout en ce jour f C’est trop peu d’une vie Pour tant d'amour I

IRllT.

Bravo, altesse I... vous jouez comme un princo...

FRÉDÉRIC, souriant.

J'ai trierais mieux jouer tout simplement comme un artiste.

(Ils sont interrompus loul-A-coup par des tambours qui haitcnt aux champs. — l.a grille du fond s’ouvre. — U* roi parait et «titre TN|udi-nir-nt, Pair fort agité. — Les gardes restent eu dehors do la grille.)

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