‹ Le sergent Frédéric comédievaudeville en cinq actesChapitre 5 sur 83 · BARON · texte numérisé non relu

BARON

El quels sont ces voyageurs?

CHRISTINE

Il faut croire que co sont dos étrangers...

LE BARON

Bien.

CHRISTINE

Des étrangers qui arrivent de Virant».

LB BARON

Très* bien... vous ne savez pas autre cboso?

CHRISTINE

Si fait, monsieur le baron... une roue do leur voiture était en mauvais étal , et ils ont bien voulu accepter l'hospitaliic chez nous, attendu que le pays est totalement dépourvu d'hôtellerie.

LE BARON

Et ils n'ont vu personne autre que vous, pendant leur séjour

ici ? (Entrée d’uue vieille paysanne que l'ou soutient.)

CHRISTINE

Personne, absolument.

Elisabeth, bas au comte.

C’est sur nous qu’on prend des informations. (Haut, «'approchant du baron) Bon Dieu, monsieur le baron, c’est presque une bonne fortune pour nous que de rencontrer une ligure a peu près humaine dans ce lieu sauvage... Mon oncle cl inoi, nous voyageons pour notre plaisir et pour notre instruction, et nous ne pouvons mieux nous adresser, pour nos notes de voyage, qu’a un homme de cour aussi courtois que distingué.

LE .BARON, Ûatté.

Disposez de moi, madame... Je ne vous cacherai pas que, chargé par le roi, mon gracieux maître, do savoir tout ce qui se passe à Potsdam et surtout à Sans-Souci, mon devoir m’impose la plus rigoureuse discrétion... mai» il «n’est loisible de satisfaire a la juste curiosité de voyageurs de distinction, qui visitent par hasard notro Prusse grand-ducale, passée depuis peu a l'état de royaume.

ÉLISABETH, gafmCBt.%

Votre gracieux maître, avez-vous dit T... Entre nous, baron, vous en parlez ainsi par étiquette... le roi Frédéric Guillaume ne passe pas pour être la douceur en personne.

LP. BARON, souriant.

C'est vrai !... Sa Majesté est un peu rigide.snrtout à l'endroit de la discipline... elle a même de petits moments de vivacité... (Il fait signe de frapper arec une canne.) Ot au besoin, ces bonnes gens pourraient eu témoigner.

CHRISTINE

Oh I il n’est pas caressant tous les jours, notre roi... (Balisant la voix.) L’année dernière, il a fait battre de verges uno pauvre jeune Ülle de Potsdam, qui s’en laissait conter par le jeune prince.

ÉLISABETH

Eh! eh ! voilà qui est assez inquiétant... Il parait que la galanterie n’est pas bien reçue on Prusse... Et son fils, le prince Frédéric, annonce-t-il les douces inclinations de son père?

LE RARON.

Pas précisément... il est philosophe, poète, et fort bon musicien.

CHRISTINE, virement.

Oh! madame, quoique nous ne le connaissions pas, on dit quee’est un jeune homme charmant, bon, gai, vif, spirituel... en- Un, tout le contraire de... l’autre.

LE BARON

Assez, ma mie! captivez votre langue... il vous est interdit de faire des comparaisons qui remontent si haut. (Christine fait entrer la vieille paysanne dans le moulin.)

ÉUSABETH.

Jem’élais laissé dire quo le prince Frédéric affectionnai! beaucoup un petit domaine qui avoisine ce moulin, cl que lui a donné tout récemment la reine Sophie, sa mère?

LE BARON

En effet, madame, c’est là que son altesse royale consacre, aux arts et à l'étude le temps qu’elle ne donno pas au service du roi... elle doit y vivre retirée et n’y recevoir personne.

LB COMTE, regardant Élisabeth.

Voilà une existence dont on pout se faire la plus séduisante idée.

JEAN, «ortant du moulin, en grande toilette et très-agité.

Ah! ciel do Dieu! ah I ciel de Dieu ! nous sommes gentils encore à nous tous, de ne pas avoir pensé à ça I

CHRISTINE

A quoi T

JEAN

Ce n’est pas pour les illustres personnages Ici présent* qnei je lo dis; mais, nous sommes bêles à manger un champ de luzerne... Comment ! nous avons lo bonheur de posséder uno marraine, et nous no songeons pus au parrain ?

CHRISTINE, stupéfaite.

C’est, ma foi, vrai !... il nous manque lo parrain

ÉLISABETH

Je suis persuadée quo monsieur le baron Koppcn Nikcn ne nto refusera pas d’être mon compère.

jean, «uppllam.

Oh I monsieur le baron, un enfant superbe !... il so nomme Peter... il a déjà sept mois et demi,... il est tout mon portrait.

LE BARON

Désolé de ne pouvoir vous êlro agréable en cette circonstance, belle voyageuse... mais, moi, qgnmbellan de sa majesté, je ne puis accepter un parrainage avec ces petites gens... le roi, s’en offenserait, et je serais dans lo cas de perdre ma clé.

ÉLISABETH, au comte.

Allons, cher oncle, il faut que vous fassiez encore cette petite corvée là...

LE COMTE

Impossible... je suis catholique, et ces bonnes gens sont du culte réformé.

CIlRI&TINE.

Mais, c’est désolant!... on ne peut pourtant pas prendre Fanferlich !

JEAN, se désespérant.

Ciel de Dieu ! il n'y a donc plus du parrain dans la nalnraf... comment ‘ nous ne trouverons pas un petit parrain un peu propre, grand comme le bout du doigt?...

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