L*0FF1C1ER
Oui, sire.
LE ROI
C’e9t bien. (L’officier fort par le fdtod. — Au baron, qui va sortir.) Restez, baron.
LE BARON
Je reste avec enthousiasme.
LE GÉNÉRAL, à part.
Enfin, je vais savoir si la justice du roi est égale pour tous.
LP. BOI, «'asseyant près de la table et s'adressant à la reine.
Eh bien ! madame, qu’ai-j j encore appris !... Quoi I à peine relevé d’uno disgrâce, voilà que votre (ils s'expose de nouveau à mon mécomement !... lia insulté notre ami, notre compagnon d’arinesl... celui à qui il doit la viol... (Mouvement de la reine.) Oui, la vie I... car, sans lui, il aurait été condamné a mort par le conseil do guerre... et, Toi de roi I la sentence aurait etc exécutée sans rémission, sans pitié I...
LA REINE, suppliante.
Sire I..*
LF. ROI.
Parlez, général, parlez... comme il convient à un époux outragé, à un homme de coeur, a un soldat!... parlez devant sa merc, devant celle qui devait être sa femme... parlez; je lo veux, je l’ordonne.
LE cénéRAL, gravement.
Puisque tel est le bon plaisir du roi, puisque sa majesté la reine n'y met point d 'empêchement, je parlerai donc... Oui, Majesté, un homme est venu dans ma maison, lâchement, par surprise, la nuit, comme fait un assassin... et il a fan plus que do m’assassiner... il m'a ravi mon bonheur, l’affection de ma femme... il m’a déshonore I (Mouvement de la reine.) Ah ! ne m’objectez pas que, comme militaire, je suis hou supérieur, que, comme citoyen, je suis son sujet... l'outrage qu’il in’a fait rapproche nos épées, et la ju»tice du roi comble U distance I
REITT, entrant tout-à-coup.
Général, vous vous trompez!... Celui qui a pénétré dans votre demeure n'est pas lo prince Frédéric, c’est le lieutenant Keilt !
LE GÉNÉRAL
Vous, monsieur ?
LE GÉNÉRAL, avec dédain.
Depuis quand lo prince royal charge-t-il SC» amis de répondre pour lui à ceux qu'il a offensés ?
LE Roi, «levant la voit.
Général !...
KEITT.
Jo vous répète, monsieur...
LE ROI. avec éclat.
Silence!... Je saurai bientôt la vérité, grâce aux ordres que j’ai transmis.
L’OFFICIER , rentrant.
Sire !...
LE ROI
Hein?... qu’est-co ?...
L’OFFICIER, tenant une letirc.
Une lettre, trouvée sur l'homme que vous avez ordonné d’arrêter au château du général Sturnor.
LE ROI
Ah f donnez !... Allez. (L'officier sort.) Cotte lettre est adressée 1 la comtesse.
LE CÉNÉBAL.
A ma femme !... (Il ouvre la lettre, sur un signe du roi.) Signé : Gu.-iavcde Keilt !... (a pari.) Il disait vrai !... ce D étail pa» le prince I
REITT, noblement.
Lisez.
LE ROI, au général.
Lisez donc I
LE CÉNÉRAL, lisant.
« Louise, le roi l’a dit, je serai fusillé dans une heure... »
LE ROI, vivement, à Keilt.
Eh! mais, c'est la lettre que vous écriviez, disiez-vous, à votre sœurl
LE général, avec force.
A sa complice, à sa maîtresse I
REITT-
Général I... (Se contenant et d'un ton ferme.) Lisez.
LR GÉNÉRAL, continuant.
s A cet instant suprême, je vous bénis, vous, qui avez con- ■ damné de coupables espérances, et ne m’avez jamais permis
• que l'amitié d’un frère l...»(Acc» mots, la voix du général salière, et c’est avec la plu» vive émotion qu’il lit ca qui cuit. ) « Grâce à «vous, Louise, je meurs sans remords, et vous pourrez vivre
• sans honte, en face de l'homme dont vous portez ai noble-
• ment le nom !... »
(Le général s'arrête, trop ému pour continuer.)
LR ROI.
Il a écrit cela !... (Le général lui présente la lettre.) Et c’est au moment de mourir, au moment d'étre... (se tournant brusquement vers Relu.) Mais, en effet, jo demeure confondu de vous trouver dans ce palais, quand j’avais donné des ordres formels pour que...
la reine.
Achevez, sire t
LE ROI
Attendez!... (a Relu.) Comment vous éUa-vousoofui?
REITT.
A l’aide du manteau du prince.
lr roi, très-ému.
Et... le prince Frédéric?...
REITT.
Est resté on prison à ma place.
LE ROI
A votre place I... ah I
LA REINE
Sircl... qu’y a-t-il?
LE ROI
Il y a... il y a, madame, que j'ai donné l’ordre de fnçilW la prisonnier détenu dans la forteresse... et ce prisouoivr, c’est...
LA REINE
Mon fils I
ÉLISABETH
Lo prince !
(La reine tombe dans les bras à’EluabeUi.)
LE ROI, « Elisabeth.
Soutennz-lal... rassurez-la!... ilites-lui qu’il est impossible qu’il arrive malheur à son enfant !... Un malheur!... serais-je ?i tranquille, si cela était po»ible?... On se sera aperçu... on aura reconnu... que diable! c'est une erreur, voila tout. (Examinant la reine et Elisabeth qui se regardent } Ou plutôt!... non... C'est une épreuve que vous a\ez voulu tenter sur mon cœur, n'est-ce pas?... Allons, convenez-eu !... Eh bien I apprenez qu’ilexlin. flexible, inexorable, ce cœur, et que... Mon Dieu! si tout cela était vrai, pourtant!... un malheur est sitôt arrivé!... Avec cela, la nuit, l’ obscurité... elpuis.ines soldats sont si obéWfdQb!.,.
ils juraient capables de me fusiller moi-même, si je le leur ordonnais!... Qu'on suspende! qu'on arrête toutl. . Dites que je fais grâce, allez t. . (Le général remonte au fond, le baron ouvre la porte ; Frédéric entre, suivi d’ollicier* et de page*, et litnt Wl *A inere qui veut parler, mal* Il lui met la uuin sur la bouctve en montrant le roi..) Non, restez I. .. jo tais écrire... car il pourrait y avoir encore quelque malentendu!... On est le roi, c’est vrai... mais on e»t père !... (Il écrit rapidement quelque* mot*.) Giôco... signe, le roi I (H «igné )