M. DEL AC NAT
Et puis... M. de Saint-Robert dansait si bien... Mais, sois tranquille, je dois moi-méme une réparation a M. de Saint- Robert.
M. DELAUNAY
Oui ! oui, à cause de son oncle, auqjel sans U vouloir, j’ai fait perdre un emploi... C’est une vieille histoire.
JULIE
C'est singulier, M. de Saint-Robert ne nous en a jamais parlé?
U. DELAUNAY
Peut-être n’en sait-il rien. Il y a vingt-cinq de cela. Une place que son oncle sollicitait me fut accoraée. Le docteur Fenimore qui avait.ua amour-propre d’enfer, ne me l a jamais pardonné. Là-dessus récriminations, échanges do lettres, provocations, que sais-je ? Dix fois il a voulu me tuer... il m’a poursuivi en Espagne, en Morée, au diable I mais le hasard a fait que malgré vingt rendez-vous donnés et acceptés, nous n’avons jamais pu nous rencontrer.
JULIE
El vous croyez que le docteur y pense encore?
M. DELAUNAY
Parbleu, le bonhomme qui me détestait cordialement, a fini par quitter l’Europe, mais j'ai reçu des lettres de lui, où il m'assure de sa haine et de sa rancune.
JULIE
Quel entêté I
*r. DELAUNAY.
Il parait que de cette place dépendait un mariage auquel M. Fenimore tenait beaucoup... Celle circonstance, que j’ignorais, m a tout expliqué, et ledort involontaire que j’ai eu envers l’onclo, je veux le réparer dans la personne do son neveu... J'ai écrit pour lui au ministre, et grâce à quelque* ami», j'espere le faire rentrer dans son grade... J’attends la réponse aujourd’hui.
JULIE, à part.
Et le maladroit qui n’est pas là. *
UN domestique, entrant.
M. Kennedit, à qui j'ai remis la lettre de monsieur, a répondu qu'il serait ici dans une heure.
M. DELAUNAY
Ccsi bien.
MADAME DELAUNAY
Le colonel Kennedit à celte heure 1 Tu me caches quelquo chose.
M. DELAUNAY, à part.
Qu’elle ne se douto de rien I {Haut. ) Lui? il vient déjeuner avec nous, et puis tu sais quelles sont ses intentions?
JULIE
Ah I il peut bien y renoncer... je le déteste !...
LE DOMESTIQUE
Un monsieur est là qui désira vous parler, voici sa carte.
MADAME DELAUNAY, vivement
M. d'Espremont sans doute?