SCÈNE III
LES MÊMES, excepté MULOT , LE COMTE D'ESTÈVE , État-Major.
LE COMTE , à Mathieu.
Sergent ! . . . je sais que c'est toi qui, le premier a monté à l'assaut.
MATHIEU
Votre neveu, qui nous commandait, ne m'avait pas encore vu au feu, et je voulais lui prouver que jC u étais pas nn lâche soldat.
LE COMTE
Mais que vois-je! vous ici, Mesdames?
M™« DE LASALLE
Oui , Géne'ral. Nous avons quitté Blauskerun', pour venir implorer une grâce de vous... Après une conduite aussi honoraljle , votre neveu, puni si sévèrement. . . .
( ]\Iouvementde Mathieu. )
ÉVELINE, à Mathieu.
Qu'avez-vous ? Songeriez-vous encore à cette querelle qui m'a tant affligée.
MATHIEU
N' me parlez pas d' çh , Mam'zelle.
LINA
Monsieur le Comte , avoir si peu d'indulgence pour mon mari!
AIR : de la romance de Caleb.
Quand j'implore ici sa grâce , Rendez- vous à mes vœux.
ÉVELINE , à Mathieu,
Oubliez sou audace , Et soyez géuéreux.
LiNA, au Comte.
Il s'est couvert de gloire , Montrez-vous indulgent. . .
ÉYELINE-
Le jour d'une victoire^ On pardonne aisément.
LIN A. ET ÉVELINH,
Le jour d'une victoire , On pardonne aisément.
ENSEMBLE
MATHIEU
D' son insolence extrême.
Bientôt , il s'ra puni 5 . Puissé-je, à l'instant même y Me trouver devant lui !
LE COMTE. »V
Contre un neveu que j'aime.
Je sévis aujourd'hui ; De ma rigueur extrême, En secret , je gémi.
MAD. DE LASAliLiE. 'i'
Ah ! quel malheur extrême !
S'il doit être puni ; Un neveu qui vous aime , Le châtier ainsi !
loiao a».i'ï*f^i'i''r;'-->'' * «MOV-:
Punir celui que j'aime, •' t '
Ah ! c'est bien mal à Un !
Sa colère est extrênie ...
Qu'a donc fait mon mari?
ÉVE1.1NF-.
Sa colère est extrême.
Malgré moi je frémi ; Car j« sens que je l'aime ; Et je tremble pour lui.
LE COMTE
Je suis facile , Mesdames , que vous ayez quitte' le séjour tranquille de Biaus'ermi, pour implorer de moi une grâce qu'il n'est plus en mon pouvoir de vous accorder. ( Se tournant vers l'Etat- Major. ) Messieurs , le lieutenant Ferdinand a manqué à son devoir; il était absent des avantpostes, quand rennemi nous surprit à l'improviste
Depuis, il s'est distingue h l'assaut de Neumarck , Mais
cela ne pouvait racheter la faute cpi'il avait commise
Une punition sévère Fattendaitj il l'a prévenue lui-mrme en ui^ofFraut sa démission ,mais en même temps il m'a supplié de ne point le lorcer à quitter le régiment. ... 11 vient d'v rentrer comme simple grenadier. ( aiuc soldats. ) Et maintenant il n'est plus que votre camarade. MATHIEU, à part.
Ah ! la vengeance me sera donc possible maintenant f
LINA
C'est fini. , . il n'y a plus d'espoir.
LE COMTE
Mesdames, vous ne pourriez , sans danger, regagner Blauskernn avant demain. Je vais vous accourpagner à la maison-de-ville, où vous serez en sûreté. MATHIEU, à Eveline.
Mam'zelle, vous me r'verrez bientôt, j' vais prendre des informations relatives aux papiers . . .
ÉVEHNE.
De ma mère?... •
MATHIEU
Oui , oui.
LE COMTE, à son état-major.
Messieurs, continuez la visite des remparts.
( Ils sortent sur la ritournelle de l'air suivant. )