SCÈNE IV
SOLDATS, MARGOTON, ensuite MULOT.
( Les soldats posent leurs armes en faisceau.) d'autres airivent avec des provisions ; Margoton verse à boire , tableau anime'.
CHŒUR DE SOLDATS , élevant en l'air leurs prai-isious. AIR : Contredanse de la Muette.
Ah '. vive la maraude !
Ou attrappe et l'on prend sans choisir ;
Si l'affaire fut cliaude, '' -
Kous avons (bis,) de quoi nous raHraîchir^ 1
BÉCHU.
Voilà ma part. . .
DESWOYBL.
Voilà la mienne.
i/kngourdi.
Moi , j'ai trouvé ce gibier-là.
MULOT entre , tenant à la main une cage où il y a un serin. Moi , Caporal , malgré ma peine , Je n'ai pu trouver que cela.
CH(SUB , se moquant de lui.
Ah ! vive la maraude !
On attrappe et l'on prend sans choisir ; etc , etc.
MULOT , allant aux soldats qui échangent leurs provhions. Dites donc ! qu'est-ce qui veut être faisant avec moi. . .
( Ils rient et le repoussent, )
BÉCHU.
Prends donc ta vole'e , toi , avec ton serin.
MULOT
Ëbben! parole d'honneur, vous avez tort. .. Le serin est un manger très-dëlicat; pauvre petit animal, qu'est-ce que j' ferai d' toi. . . Oh ! je neveux pas le manger ; çà me ferait trop de peine. . . Je te ferai empailler pour t' envoyer à la Bourguignotte avec deux cœurs enflamme's ! et le bulletin de mes exploits. Oh Dieu! sera-t-elle fière quand elle saura que j'ai pris une ville.
AIR '.Delà Mauvaise langue.
La belle chose qu'un assaut
Voilà les profits de la guerre; Depuis trois jours , quand on est militaire , Rien ne vaut (ôi«.) les plaisirs d'un assaut.
Dans la ville, après l'escalade.
Les plus malins arrivent les premiers; Chez le bourgeois, gratii on boit rasade , Kt souvent même on fait des prisonniers.
Les homm's refusent de s' rendre,
Etclis'nt : philôl périr!
Les Itmni's clis'nldtiii air teiidie :
Vaut mieux s' rendr' que d' uiourir.
La belle chose qu'un assaut!
Etc., etc.
Comm' soldat , si l'on aime la gloire , L'on n'haït pas non plusl' gibier; On pass' gaîment, quand on a la victoire Du champ d' bataille au poulailler.
J' suis brav' pendant l'attaque , Mais je conviens , qu'après , J' serais un vrai cosaque Si )' n'étais pas françHis !
La belle chose qu'un assaut !
Etc., etc.
BÉCHU.
Mais v'ià r sergent Mathieu . . . Diable ! il n'entendrait peut-être pas raison sur les provisions illégitimes.
MULOT
Vous croyez ? alors j' vas donner la vole'e à mon butin.
BÉCHU.
Alerte , alerte ! . . . Délogeons . . .
CHOÎUR DE SOLDATS , à VOIX basse.
El vive la m iraude !
Etc., elc
{Il sort. )
MULOT , cherchant sa cage.
Eh bien! mon butin... Ousqu'estmon butin?
( On lui a enlevé sa cage , et à la place ^ il trouve une poule. Au moment ou il vapeur sortir, Mathieu entre, elle saisit par le bras. )