LES MEMES, MATHIEU
Mathieu , entrant. ^
AIR connu.
J'suis Tsergenl Mathieu j
Oui , morbleu ? ^
Que le grognard on nomme , 3'conimence à me faire vieux ,
Sarpejeu!
Mais j'vaux encor mon homme ,
Saprebleu!
Surtout quand j'ai bu Trogorae,
Venlrebleu !
Surtout quand j'ai bu l'rogome.
Bonjour les enfans . . . bonjour. Je viens vous annoncer que le Général fait sa ronde ; il y a de bonnes nouvelles. Il paraît que bientôt nous serons d'une fête en plein vent , où on s'enverra réciproquement des dragées ; ce qui n'empêche pas qu'il y aura plus d'enterremens que de baptêmes. . . ■"•.■■
MULOT
Dieu? guernadier, que vous êtes joli. . . que vous me semblez beau!! Comme c'est beau un bel homme î-jg^uO MATHIEU , à. Béchiu "*
Qu'est-ce que c'est que çà ?
' ' mulotC ■'■•-•' ^' '^•" ^
c'est moi que j'voudrais entrer dans les guernadiers* . . et lui aussi, là , le. grand maigre qu'a pas l'air si bête que les autres. ''' , "
MATHIEU
Hein! tu veux entrer chez nous, toi. . . Dis donc , mon gros, tu n'es pas dégoûté. Tu ne sais pas ce que c'est qu' nos vieux grenadiers. . . Eh bien! écoute , tu vas l'apprendre.
AIR : Toi qui connais , etc. ^ *
Tout l'mond' connaît les grenadiers d'ia France, L'i'urop' a vu ce fameux régiment
Sans peur , jamais couli' nous l'enu'ini n's 'avance; Car nous l'iuenons toujours lanibour battant.
Bien jenne encor je partis d'inon village, Connue soUl.it île la ré([ui.sitloii ; Toujouis chantant je pot tais mon bagage , Mangeant gaimeut le pain de munition.
Nos bataillons, qu'on surnomme intrépides, Sont envoyés dans un climat brûlant ; C'est en Egypte, au pied des Pyramides, Que nous gravons le nom du régiment.
Sur des coussins, en dépit du Prophète , Sablant le vin , au caravansérail, On nous voyait, le soir d'un jour de fêle , Faire danser les vierges du sérail.
Pour conquérir les plaines d'Italie, Le sort en vain nous oppose un rempart; Sur les rochers, traînant l'artillerie.
Nous gravissons bientôt le Saint-Bernard !
A nous guider, la Victoire s'attache.
Je prends ma part de chaqu' succès nouveau ; Corbleu ! . . . conscrits , legardez ma moustache , Et souv'nez-vous qu'ell' dat' de Mareugo.
Au Carrousel , défilant la parade,
Kous fùm's un jour nommés soldats d'honneur;
A mon bonnet l'on plaça c'ie grenade,
Et c'te croix-là sentit battre mon cœur!
Bref, en tous lieux , nos armes se signalent, Et nous buvons , chez les peuples battus, A la santé des vaincus qui régalent , A la mémoir' d'nos frèr's qui ne soot plus !
Tout l'mond' connaît les grenadiers d'ia France ; Etc. , etc. , etc.
MULOT
O dieu! sergent... éles-vous heureux... j'donuerais tout c' que j'possède , mou boursicot, mes z'hardes et ma seconde paire de souliers neufs pour savoir me battre et jurer comme vous . . . ô mille tomierres !
(. lO ) MATHIEU.
Eh bien! dis donc , conscrit. . . j'crois que tu le forme» de'i'à . . . pour la peine , nous allons trinquer ensemble , ventrebleu !
MULOT
C'est çà , mille carabines !
( Roulement de tambour )