SCENE I
mari, en se promenant dans les Pampas, est piqué par un serpent corail... Au bout de douze minutes... tu étais veuve, et au bout de douze jours, consolée.
JULIETTE
Mon oncle...
DUBREUIL
Nous sommes seuls! Je puis te certifier que ia douleur ■'ut contenue.
JULIETTE
Mais je vous assure...
DUBREUIL
Tu as pleuré ton mari douze jours, tu pouvais lui compléter sa quinzaine, tu ne l'as pas fait, ça te regarde. Je suis libre, t'écrias-tu... le treizième jour... Mon cher petit oncle, je voudrais voir Paris, habiter Paris t Oh! PavisI Et moi, j'ai consenti.
JULIETTE, lui falsmt un collier de ses bras.
N'ètes-vous pas mon oncle, mon protecteur?
DUBREUIL
Aussi ai-je quitté pour toi mon Brésil, mon soleil, mes belles courses en mer... Dire que tu ppurrais me rendre tout cela!
JULIETTE
Coimiient?
Prends une autre égide. Remarie-toi; épouse Charvalu!
JULIETTE, se levant.
Un commissionnaire en marchandises *! D'ailleurs, M. Charvalu me déplaît.
DUBREUIL
11 est riche, il est propriétaire... (u se lève.) Il est encore jeune, il n'a que trenle-deux ans. Eh bien, la moyenne de la vie humaine étant de trente-trois, Charvalu n'a plus qu'un an à faire. Dans un an tu serais encore veuve... Qu'est-ce que ça te fait? tu as le veuvage gai.
JULIETTE. (Elle arrange des Deurs à gauche.)
Oh! vous Ctes indigne!
• Juliette, Dubreuil,
DUBREUJL.
SiCharvahi donnait un démenti aux calculs de la statistique... Eli bien! tu retournes avec lui en Amérique... tu lui donnes quelques goûts d'iiistoire naturelle... Il va herl>orisei- dans les Pampas; le serpent qui t'a rendue veuve a dû faire des petits
JULIETTE
Mais, c'est affreuï, savez-vous, ce que vous dilcs-là!
DUBKEUIL, se chauffant les pieds.
Ah! ah! ah! ah! c'est pour plaisanter. Ce pauvre Charvalu!... Est-il venu Taire sa cour aujourd'hui?
JULIl'TTE.
Non,
Ca lui sera sorti delà tête. Il est si distrait! il sera peutêtre venu en ton absence! Rose! Rose !