‹ Le serment d'Horace, comédie en un acte en proseChapitre 3 sur 28 · POSE · texte numérisé non relu

POSE

N'ayant jamais navigué, j'ignorais... dorénavant j'accosicrai.

DUBREUIL

Tais-toi! ton organe niedéplaît, aies-cnun aulre demain ou je te cliasse.

nosE.

Mais...

DUBREUIL

Silence! Prends ces deux cents francs et donne-les à un garçon de café qui est là. (criant.) Mais va donc!

(Rose sa fauve.) DUBREUIL.

Cette fille m'agace, (n élend la main vers un vase qui est sur le guiridoii.)

JULIETTE, lui désignant le vase vide sur le piano.

Pardon, mon oncle... celui-ci, si cela vous est égal.

DUBREUIL

Je n'ai pas de préférence. D'ailleurs, je suis calme *.

"ULIETTE, avec une indolence parfaite.

Mais que vous est-il donc arrivé? Je suis tout émue.

DUBREUIL, à la clieminée.

Une histoire stupide... Je mâchonnais un régalia sur le boulevard Capucine... en flàhant. Je rencontre qui? mon ami Pacheco Gomez... tu sais**... qui faisait avec moi le commerce des nègres... un gentil garçon... pendu trois fois en Amérique.

JULIETTE

Il va bien?

DUBREUIL

Ti-ôs-enrhumé. — Dubreuil ! s'écrie-t-il. — Pacheco Homoz à Paris! — Oui... — Dînons-nous ensemble?... — Ça va, — Nous entrons dans un restaurant du boulevard...' cL u^ui

* Juliette, TJuîjreuil.

* Uubreuil, Juliette.

4 LE SERMENT n'IlOUACE.

dînons... mal... très-mal... le poisson trop mûr, les fruits trop verts... Je demande la note; on me fait attendre vingt oiinules... Enfui, le garçon arrive avec une addition...

JULIETTE, avec satisfaclion.

Ah !...

DUBRECIU

Elle n'était pas pour nous ; elle était pour un monsieur qui avait dîné dans nos environs. Je lui dis très-poliment : — Monsieur, j'avais demandé l'addition avant vous. Je

vous défends de payer avant moi ou je vous casse

cette bouteille sur la tète. 11 insiste... je lui décoche une bouteille de bordeaux... Haut-Lafitte... 4'J... retour de de l'Inde *.

JULIETTE

Vous l'avez blessé?

rUBREDIL, derrière la causeuse.

Le bon bordeaux ne fait jamais de mal... Il riposte par un bourgogne généreux... grand cru... pomard 52... Ea lutte s'engage entre l'école bordelaise et l'école bourguignonne. Tumulte, cris, pèle-mèle... les garçons arrivent... Mon ami Pacheco Gomez et moi, nous saisissons deux esclaves... et v'ian... par la fenêtre sur le boulevard.

JULIETTE se lève et ciescend s'asseoir sur le canapé.

Ah! mon Dieu ! ils sont tombés I...

DUBREUIL

Ils sont tombés assis... Étonnement des promeneurs, f-umeurs diverses, rassemblements, intervention de la Sainte-Hermandad**, vitres brisées. 43 francs de dîner 1 200 francs de carreaux. Total 243 francs !... Comme la vie est chère à Paris... Ah! si tu m'en croyais. Juliette, nous rctom-nerions en Amérique.

JULIETTE

Par exemple!... j'aime Paris.

DUBREUIL. (il s'asseoit prts de Julie:»».)

Avoue que je suis une bonne pâte d'oncle. Ton vieux

• .Inlidte, DiibroMil. ♦• iJuL.%'uil, JulicUo.

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