‹ Le serment d'Horace, comédie en un acte en proseChapitre 8 sur 28 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, GÉRARD, mis assez élégamment, soji pa'.ctul 5ur U bras et ub agenda à la m lin .

GÉRARD

Mille pardons, madame.

rose, à elle-mùma.

Mais, c'est lui!... (Elle sort.)

GtRARD.

C'est bien à madame... (usant sur son ager.Ha) h madame Juliette de Santenis que j'ai l'honneur de parler?

JULIETTE

Oui, monsieur.

GLRARD.

Rue de Provence, 24, au second?

JULIETTE

Oui, monsieur.

* GÉRARD, (il vrend des gants Mines duis sa poclie et les met.")

Très-bien, madame, j'ai l'honneur de vous demander votre main.

JULIETTE, interdite, su levant.

Ma main ! Mais, monsieur...

GÉRARD

Je sais... vous allez me dire que vous ne me connaissez pas... Moi non plus, madame, je ne vous connais pas. Ah.' si nous nous connaissions, ça ne sex-ait plus drùle.

JCLIETTE, toujours utec calme.

Oh ! un fou... chez moi...

GÉR.-\RD, voulant entamer la conversalioil.

Figurez-vous, madame...

JULIETTE, lui montrant la porte du geste.

Sortez, monsieur, sortez !

GÉRARD

Mais, madame...

* Gérard, Juliette, Rosu, i^e

10 LE SERMENT D'IIORÂCE.

.in.IETTE. (Elle sonne. Uose p.irail*.)

Rose, reconduisez monsieur.

ROSE

Oui, giadame,

GÉRARD, à iiart.

Diable ! (n dlspiralt à droile en çaliinnl beaucoup.)

.iri.IETTE, seule. (E'ie re=te irrc?oIiie et fuiil por rire ?n-5r.-\iN.^

Ah! ab! ah! ah! quelle demande en mariage! J'aurais dû faire causer cet original... voilà si longtemps que je m'ennuie ; il m'eût amusée.

GÉRARD, repariis^.inl **.

Je ne demande pas mieux, madame... Donnons-nous la

peine de nous asseoir, (ll avance une chaise.) JULIETTE.

Mais enfin, monsieur, à qui ai-je l'honneur...?

GÉRARD

C'est juste... M. Horace Gérard, (n se rapproche après ?'clrc incllni

et avoir salué.) Mou âgc, cclui des fcmmcs de Balzac... ]\la forlune, rtojOOO livres de rente... Ma profession (avec amertume), infurluné. (n s-a^sied.)

JULIETTE, a=;ise.

Votre malheur a de beaux appointemenis.

GÉRARD

Vous m'avez pris lout à l'heure pour un fou! Hélas! non, madame, un fou, c'est la moitié d'un poëtc, et je ne suis pas de ces mortels privilégiés qui marchent dans les étoiles. Je rampe piteusement dans la poussière terrestre. Savez-vous quelle est ma vie, madame? Je me lève à onzeheures... mon 'jomestique me dit : « Monsieur est servi. » Je déjeune, je Lors, je rencontre des connaissances qui me disent : « Tiens, te voilà. — Oui, me voilà. — Tu vas bien? — Oui, et loi?

— J'ai été souffrant, j'ai eu mal à l'œil... — Ah! tant pis.

— Adieu. — Bonsoir. » Ça dure comme ça jusqu'à trois heures ; à trois heures je monte à cheval ; quelquefois j'en tombe... A cinq heures je rentre chez moi ; mon domestique me dit : « Monsieur est servi. » Je dîne, je sors... je vais au théâtre, où je vois toujours la même pièce. Je vais dans le monde, où je "encontre les mêmes connaissaoces qui me

• Gérard, Juliette, Lose, 2' plan.

•* Gérard, Juliette.

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