SCÈNE XIIL FRIEDLIN, MELBERT
FRIEDLIN.
Eli bien ! mon ami , que dis tu de tout cela?.. Tu ne voulais pas me proposer... tu'doutais de mes talents... après deux niiiuites d'entretien , le prince les a reconnus tout de suite... Mais, dis donc, il a du mérite, ton prince... Diable... apprécier ainsi les liommes !... première ciualité d'un souveiain cjue celle-là...
Malheureux!.... tu ne vois donc pas que le prince s'est joué de nous?...
FRIEDLIN.
Plalt-il?...
MELBERT.
Je suis disgracié, te dis-je!...
FRIEDLIN.
Un moment, un nioincnt... comment cela?..
MELBERT.
l'Lh!... n'a-t-il pas fait dépendre sa faveur d'une condition impossible...?
FRIEDLIN.
Impossible!... je t'arrête là?... c'est ce que
nous verrons Mais quant à sa faveur ce
moyen de l'obtenir me inanqueiait, qu'elle ne pouirait pas m'é( happer... (avec suffisance.) j'en ai ini antre... et celui-là est infaillible. . MELBERT.
El quel est donc ce moyen admirable?...
FRIEDLIK , confidentiellement.
Les femmes... mon ami, les femmes!... Tu
prétendais tantôt que le prince Eh bien,
moi... je te dis qu'il n'est point insensible à la beauté... l.i preuve c'est que je lui ai déjà fait obtenir un ren<lez-vous...
MELBEllT.
Air des Maris ont tort.
Ah ! vraiment, je t'en félicite, De pareils succès sont flatteurs.
Ce brillant dibut va bien vite T'oiivrir la route des houiiciirs.
FniKDLIN.
Oui , mon cher , avant peu , j'espère , Tu verras combler mes désirs.
MELBERT.
Je vois que dans ton ministère Sont compris les menus-plaisirs.
FtllEULIN.
Hein !.,. qu'est-ce que tu dis?...
MELBEllT.
Je dis, je dis... que je voudrais bien savoir de qui tu as obtenu ce rendez-vous?..
FniEDLlN.
Il n'y avait pas de nom sur le billet... mais c'est bien la pbis jolie petite personne... Atti nds donc... tu la connais, mon ami... nui, c'est
liien cela c'est la jeune fille à laquelle tu as
baisé la main ici, ce matin même...
MELBERT.
Que dis-tu, Stella ?...
rniEnLiN.
Ah!... elle s'appelle Stella ?...
MELBERT.
Tu ne sais donc pas que je l'aime plus (|ue ma vie...
rRIEDLlN.
Ah ! bah!... diable, aussi, je ne pouvais pas deviner ; et conmie je ne sarais rien de ton amour... j'ai rendu la réponse au prince...
MELBERT.
Ainsi, non content de se jouer de moi... en te choisissant pour mon collègue...
FRIEDLIN.
Merci bien...
MELBERT.
Le prince veut encore m' enlever celle que j'aime...
FIUEnMN,
T'enlever ! un instant ! nous sommes là... et puisque le rendez-vous est pour toi... eh bien ! il faut aussi le reprendre.
MELBERT.
Au prince?...
FRIEDLIN.
Au diable lui-même... si le diable l'avait obtenu... D'abord, quels sont les parents de la jeune personne ?...
Elle a été élevée par la femme de l'envové de IJade.
FniEDLIK.
La femme de l'envoyé ?
MELBERT.
Oui, la belle Clarisse de Liebnau.
FRIEDLIN.
Ah ! mon Dieu !...
MELBERT.
Qui lui a servi de mère, et qui ne l'a pas quittée depuis sa naissance; car Stella qui compte seize ans à peine...
FRIEDLIN.
Seize ans!...
MELBERT.
Qu'as-tu donc ?
FRIEDLIN , ému.
Ah ! ce que tu m'appiends là me fait un effet... que je ne me serais jamais cru susceptible d'éprouver... un drôle d'eflet, parole d'honneur, mon ami... mon ami... réjouis-toi, tout peut encore s'arranger.
MELBERT.
Ah ! je n'ai d'espoir que dans Stella , et je cours tâcher de la prévenir.
( Il sort vivement.)