SCÈNE IV
FRIEDLIN seul, les regardant sortir.
Vous avez bien tort de vous de'ranger... je suis vraiment au desespoir... ( Descendant la scène. ) Encore un accident !...et... je parie que celui-là doit aussi me porter bonheur ! c'est singulier, comme mon ttoile est heureuse... tout ce qui amènerait la ruine des autres me sert et me protège... Par exemple... acteur distingué... à Batavia... d'où j'arrive... malgré le succè.s pyramidal que j'obtiens en cumulant l'enqîloi des premiers rôles... premiers comiques... un ijeau jour le théâtre ferme... désolation universelle... mais voyez un peu!... le lendemain, à 1 heure du spectacle , au moment où j'aurais été en scène... la salle s'écroule ! sans la bienheiu-euse fermeture de la veille, j'étais enfoncé, mutilé, anéanti !... c'est une prédestination !... Alors, le désir de revoir ma patrie se réveille en moi... je réunis mes très légères éconoriùes , que je convertis en bon papier sur Hambourg, et bientôt enfin , je foule le sul germanique... Mais là, autre traverse... j'allais toucher ma dernière lettre de change, quand je m'aperçois que quelqu'un de fort adroit m'en a débarrassé en me laissant à la place un journal... merci! eh! oui, merci... car ce journal m'apprend qu'une direction théâtrale est vacante dans mon propre pays... et je décide que je serai directeur !... très bien... mais comment?... sans argent et après une longue promenade, accablé de fatigue... impossible d'aller plus loin... toutà-coup !... clic!... clac!... passe une voiture aux armes royales... c'est un fourgon portant le confortable du prince, et qui m'annonce que le lendemain ce château deviendra sa résidence ! le prince!... je ne pouvais aller jusqu'à lui... et il vient au-devant de moi !
Air de Partie et Revanche.
On dit partout qu'il faut rouler voiture Pour attra()er la fortune, et pourtant
Ma recette est, je crois, plus, sûre ; Je vais toujours piano, pédestrenient.
Vers la fortune allons tout doucement.
En courant la poste, je doute
Qu'on puisse aisément la trouver ;
Sans la voir, ou la croise en roule...
A pied, du moins, ou la voit arriver.
Mon plan est bientôt fait; leste, comme si je
descendais d'un landaw, je fraude le concierge et m'introduis dans la demeure royale, bien décidé à n'en sortir que pourvu du brevet de directeur et à passer plutôt vingt-quatre heures dans les jardins , sans boire ni manger... justement ce qui a eu lieu... ce n'est pas même le plus beau de mon affaire: les nuits sont fraîches en diable! sur-tout quand on n'a rien dans l'eslomac pour vous tenir chaud... ( Il tire son portefeuille de sa poche.) Voilà donc ce qui renferme toutes mes richesses!... l'inventaire n'est pas Ioii.g... mon placet, ^r»nè, c'est ce qu'il y a de plus positif... ensuite mon acte de société pour un théâtre qui ne s'est pas ouvert... ensuite, les promes.ses d'un ami... et enfin les serments d'une maîtresse... de cette («larisse pourlaquelle, moi, fils de famille , élève plus d'une fois lauréat de l'Université , je montai jadis sur les planches; de cette Clarisse que je préférais à tout... et qui me préféra... un peu d'or... ( Fermant le portefeuille et le mettant dans sa poche.) Ah! serrons cette lettre... rien que d'y penser. ..je
serais capable d'en pieurer si je ne voulais
pas en rire... -Allons au plus pressé... il s'agit d'arriver jusqu'au prince... si je pouvais... essayons...
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