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Le comte Gaston de Lavenay était un tireur habile et prudent qui s'était fait une réputation terrible dans les gardes-francçaises,
C'était lui qui avait tué le marquis Van Hop, un Hollandais fameux, qui longtemps, à Versailles, avait semé leffroi parmi les gentilshommes,
Tony allait done mourir.
Cependant mame Toinon, qui avait un peu perdu de
vue le sort de son client, le Pauvre marquis de Vilers, et qui n'était venu à l'Opéra que pour s'y amuser très consclencieusement, Haine Toinon, disons-nous,
s'était longtemps complue à
outer les paroles du beau Inousquetaire, qui persistait à la considérer omme une femme de qualité.
Mais, au bout d'une demi-heure, aprés avoir dansé et valsé, la costumière se prit à songer à Tonv. Où était-il
Elle le chercha longtemps à travers le bal, et. pour la première fois peut-être, elle éprouva un bizarre sentiment de jalousie,
—Comment!,.. Le bambin. s dit-elle, oserait-il s’amuser Sans moi ?
Et, parcourant les salles, elle Inspecta les groupes et
oment Tony était sur le point de partager le sort du marquis de Vilers.
Tout à coup, arrivée sur le lieu même où avait eu lieu la provocation, elle vit et ente
les coins. Nous savons qu'en ce 1
ndit quantité de gens qui, avec force gestes, se racontaient et interprétaient à leur facon la scène que nous avons racontée,
Elle bondit et, de ses deux bras écartant la foule, se plaça au milieu du groupe stupéfait ; puis, s'adressant à celui qui semblait en savoir le plus :
— Vous dites, demanda-t-elle, qu'un jeune homme a jeté tout à l'heure son gant au visage d'un seionour?...
— Oui. J'étais à deux pas.
et. OR
ile et : Et ce jeune homme était un beau petit blond tout nie 1 poudré ?
4 — Parfaitement
Hol. A Déguisé en mousquetaire ?
semé L' est cela.
: F Et ils sont sortis ensemble ?
va Par le foyer d'entrée, “ de “ Grâce au même mouvement par lequel elie avait fendu 2, et ‘# la foule, mame Toinon se fit de nouveau place et, releni. à vant ses paniers, descendit quatre à quatre les marches on 3 de l'escalier,
.. 4 Il était trois heures d umatin. Tous ceux qui devaient : # 4 venir à l'Ojéra étaient déjà entrés. Aucun des danseurs | ke ne songeait encore à se retirer, Mame T'oinon ne rencona tra done personne à qui elle pût demander de quel côté
s'étaient dirigés les deux hommes,
Est-ce son instinct, est-ce la Providence qui la guida ? à Une minute après, elle tombait comme la foudre entre nti- les deux adversaires qui ne l'avaient même pas vue ve-
nir, et, entourant de l'in de ses bras son petit Tony, s'és’a- criait en agitant l’autre sous le nez du comte abasourdi :
— Vous moquez-vous du monde? Est-ce que vous - croyez que c'est vous qui allez me le tuer? Mais je vous ati tuerais plutôt, savez-vous ?
Tout en étreignant contre elle l'adoré de son coeur, la ou commère lui arracha de la main son épée et se mit bra- : mi, vement en garde à sa place.
nd Le comte commençait à trouver la scène fort amusan-
te. Son adversaire improvisée continua : :
+ —Ù faudrait savoir, entendez-vous, que ce petit-là est
; mon enfant d'adoption, mon commis, et qu’on ne s’appelk. le pas pour rien mame Toinon, costumière, qui a même La une boutique joliment achalandée.
à È F4 ds ae - 1 ie À ces mots, le comte, qui naturellement avait abaïssé
son épée depuis l’invasion de cette singulière femme, ne se tint plus de rire.
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— Un commis, lui, oh! c'est trop drôle! Et moi qui avais pris son déguisement pour son costume ordinaire! Et la marquise qui l’appelait chevalier! Ah! ah! ah! j'en rirai longtemps. Mais je ne me bats pas avec les commis, mon petit ami. Les injures de tes pareils ne nous salissent pas, nous autres...
Jony écumait de rage, mais le bras gauche de “mame Toinon” était véritablement un étau, duquel il lui fut impossible de se dégager, pendant que le comte, toujours riant aux éclats, remettait son épée au fourreau, puis s’éloignait.. .
Alors mame Toinon embrassa son commis, puis le regarda avec amour à la lueur du réverbère.
Tony pleuruit,
—1Ù a raison, dit-il en sanglotant, je ne suis qu'un courtaud de boutique...
I s'opéra en lui comme une révolution.
L'histoire qu’il avait lue, l’avait initié aux moeurs et à la vie des gentilshommes. Il se sentit rougir à la pensée que là marquise de Vilers, elle aussi, quand elle le reconnaîtrait, ne verrait peut-être en lui que le commis de mame Toinon.
Il se frappa sur le coeur et dit:
—Cela changera !
À partir de ce moment, l'avenir de l'enfant était--il donc irrévocablement décidé ?
Toutefois, 5ensant à la marquise, il se souvint qu’elle était restée au bal.
—Adieu, dit-il à mame Toinon.
—Où veux-tu aller encore ?
—AÀ l'Opéra.
— Pour y rencontrer une nouvelle affaire ?
— Pour y accomplir un devoir.
mame ‘Toinon vit qu’il serait inutile de lutter contre sa volonté.
| qui aire | j'en mis, alisame
fut ours puis
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l'un
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—Adieu, fit-elle.
Et notre héros, qui se trouvait de prime abord au niveau des circonstances, remit for galamment son épée au fourreau, rajusta ses habits un peu en désordre et rentra dans le bal.
Mais, à vingt pas derrière lui, se glissait mame Toinon
La marquise de Vilers ét non loin de l’endroit où avait osé l’aborder.
Seulement elle avait ét qu'accompagnait Joseph.
Tony alla droit à elle.
—Madame, lui dit-il à voix basse, vous avez tout à craindre du comte Gaston de Lavenay.,
Elle tressaillit et le regarda.
Tony ajouta simplement :
—Jusqu'à ce que je l'aie tué.
La jeune femme étouffa un cri.
—Mais. qui êtes-vous, dit-el ma défense ?
— Un inconnu qui connaît
ait tombée sur une banquette le comte Gaston de Lavenay
é rejointe par sa jeune soeur,
le, vous qui prenez ainsi
toute votre histoire.
La marquise pâlit sous son masque.
— Vous étiez à Fraulen ?dit-elle.
—Non, madame.
— Alors, mon mari vous a raconté?,..
Tony regarda la marquise avec tristesse.
-—Madame, dit-il, je suis un tout jeune que un enfant, et cependant, pardonnez-] ce moment, vous donner un conseil...
—Mais, monsieur...
—Quittez le bal...
—-Oh {fit la marquise, si j'avais su que mon mari n’y
homme, prese-moi, j'ose, en
viendrait pas...
— Rentrez à votre hôtel et priez...
insi
me D ve
La marquise devint affreuseemnt pâle...
— Mon Dieu! dit-elle.
—Rentrez, madame, acheva Tony, et priez Dieu... Il est miséricordieux et il protège les faibles contre les forts, les bons contre les méchants.
La marquise, éperdue, fixa longtemps ses regards sur les yeux clairs et profonds du jeune homme et n’osa point l’interroger.
—Réjane, dit-elle à sa soeur, viens.
Elle fut forcée de l'appeler une seconde fois. Celle-ci, qui semblait plongée dans un rêve, n’avait rien entendu. C'est que la jeune enfant, depuis une heure, avait, elle aussi, son secret ?
Nous avons peu parlé d'elle. Pourquoi ? Parce qu’on parle mal des anges. Sur terre, un ange ne fait pas de bruit ; il aime dans la paix et ne snoge qu’au bonheur tranquille de ceux qui l’entourent. Or Réjane était vraiment angélique.
Restée au couvent jusqu’au mariage de sa soeur, elle en avait été retirée par la marquise, quelques jours après l'installation définitive de celle-ci à Paris. A l’hôtel de Vilers, c'était Réjane qui, sans qu’on le lui eût jamais demandé, veillait à ce que tous les ordres donnés par sa soeur Où par son beau-frère fussent toujours strictement exécutés. Elle avait étudié leurs petites habitudes et ne laissait en aucun temps rien à souhaiter au marquis ou à la marquise,
Aussi cette dernière fut-elle bien étonnée d’avoir à lui dire deux fois.
— Viens,
Que s’était-il done passé? Nous allons le dire. Réjane jouera, d’ailleurs, dans l’épouvantable drame que nous nous sommes donné la mission de raconter, un rôle trop important pour que nous la laissions plus longtemps dans ombre.
Le comte de Lavenay n'était point venu seul au bal de
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l'Opéra. Ses amis, Albert de Maurevailles et Mare de ] CY Y promenaient également Juers manteaux rouges et y cherchaient, chacun de son côté, la marquise, pendant que Lavenay la trouvait à l'endroit que nous connaissons,
Au moment où madame de Vilers faisait vis-à-vis À Tony, un flot de curieux sépara d'elle Joseph et Réjane, puis, jetant le vieux valet de chambre sur une banquette, repoussa dans le couloir la pauvre enfant affolée.
Dans ce couloir, un gigantesque tambour-maître paradait, à moitié gris, devant les femmes qui l’admiraient et les hommes qui l'applaudissaient.
Réjane vint s’échouer contre lui.
Quand il s'agit de se faire remarquer, tous les moyens sont bons,
Le tambour-maître confia sa canne à un voisin, et asseyant la jeune fille sur sa main. la brandit en l’air et la SeCOUa, comme il eût fait de sa canne.
La foule trépignait d'aise. Quant à Réjane, stupéfaite, effrayée, elle allait s'évanouir.
Tout-à-coup le tambour-maître reçut en pleine poitrine un formidable coup de poing.
—Misérable ! lui eria une voix.
Et celui, qui avait frappé et parlé, lui arracha l’enfant la saisit dans ses bras et. jouant des coudes, la porta dans
la salle des rafraîchissements Où il lui administra un cordial.
C’était Maurevailles.
-Oh! monsieur, vous êtes bon. lui dit l’enfant, et je vous remercie,
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Et, ce disant, elle le regarda longuement, comme pour se souvenir à jamais des traits de son bienaiteur. Hélas, c'en était fait! Elle venait de graver pour tou- Jours le portrait de celui-ci dans son coeur. jusqu'à ce moment fatal, avait er, pour son malheur éternel,
le Las et y ndant sSONS,.
-Vis À ‘jane, uette,
para-
aient
)yens
‘ant, lans cort je our
cou-
vait nel},
l’un des hommes qui avait juré de tuer M. de Vilers et de posséder la marquise !
Quelques instants après, celui-ci la remettait entre les mains de Joseph, sans qu'elle eût osé lui demander son nom, et c'est cette timidité qu'elle se reprochait pendant que sa soeur l’appelait en vain...
À la fin pourtant, elle reconnut la voix de la marquise et se leva soudain,
Tony aida les deux femmes et Joseph à sortir du bal.
Au moment où elle montait en litière, la marquise lui saisit vivement le bras.
-Oh! dites-moi tout, fit-elle, Dites-moi la vérité... si terrible qu'elle soit.
Aujourd'hui je ne puis, dit Tony.
—-Pourquoi ?
Il n'hésita point à mentir, tant l'endroit lui semblait déplacé pour apprendre à la marquise une si horrible nouvelle, et répondit:
—Je ne la connais pas suffisamment. Mais je la connaîtrai demain et je vous en ferai part. Je vous le promets.
Et, certain que les Hommes Rouges ne pourraient attenter à la marquise, puisqu'il les avait vus dans le bal en sortant, il salua sa protégée et revint se poster à la porte de l'Opéra, pour les empêcher au besoin, autant que Dieu le lui permettrait, de se mettre à sa poursuite.
Quel ne fut pas son étonnement quand il trouva sous le péristyle la bonne mame Toinon !
La pauvre femme faisait pour lui ce qu’il faisait pour la marquise.
—Ah! viens, s'écria-elle avec effroi en le revoyant seul auprès d'elle. Si tu savais ce que j'ai entendu!!!
Et, bon gré mal gré, elle l’entraîna vers la rue des Jeux-Neufs.
Chemin faisant, Tony, de nouveau enserré dans les
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jérémiades désespérées !
bras de mame Toinon, Jui demanda naturellement des explications sur son redoublement de terreur.
—Alh mon pauvre ami, dit-elle, dans quelles aventures l'es-tu jeté !
— Mais enfiin, qu'y a-t-il ?
— 11 y a que jau moment où tu des dames, deux hommes sont ve qui voulait te tuer.
— Qu'est-ce que cela fait?
Tony.
—Ce que ça fait? Ah! tiens, tu cours à la mort, pour sûr.
comme lui.
reconduisais tes grannus rejoindre l'oiseau
répliqua tranquillement
m'épouvantes, Tu Ils étaient vêtus de l'OULE,
—De rouge? Alors cétaient les vailles et de Lacy.. .
— Comme tu nous défiles leurs noms ! [ls ne savent pas le tien, eux, mais s'ils te tenaient
—Qu'avez-vous done entendu ?
— Voici, Quand tu es passé devant Sais a raconté ton affaire aux autres, le grand à répondu ? I] a dit:
nous gêner, tu as eu tort de ne ; quoi l’autre a répliqué : “Veux-tu que je lui cherche querelle ? Dans une seconde ce sera fait. Non, a riposté notre oiseau, j'ai réfléchi. I] Y a un lieutenant de police à Paris. Il pourrait se fâcher à la fin. Attendons une occasion meilleure.” J'espère que tu te tiendrag tranquille maintenant ?
—Je n'en ai plus le droit.
-Tu me feras mourir.
Et, jusqu’à la maison, la pauvre femme ss répandit en
Marquis de Maure-
eux, celui que tu Sais-tu aussi ce que “Puisque ce petit-là veut pas en finir avec lui.” A
nt des
ntures
gran-
oiseau ement Après avoir enfin gagné sa chambre, Tony, tout boule- … versé par les terreurs de mame Toinon, ré apitula dans s. Tu son Cerveau les événements singuliers dont il venait rouge, d’être témoin et acteur.
Pour un enfant de seize ans, habitué à l’existence callaure- me et un peu effacée qu'il avait menée jusqu'alors auprès de la bonne mame Toinon, il y avait de quoi deve- LU pas nir fou.
Tony en était à se demander s'il n'avait pas rêvé, si le duel sans témoins, la cassette d’ébène, le manuscrit du le tu mort, l'histoire des Hommes Rouges et enfin l’aventure e que du bal de l'Opéra n'étaient pas le résultat d’un épouvanveut table cauchemar...
1.” À Malheureusement il n'y avait pas à en douter. Tout que- cela était arrivé, bien véritablement arrivé. 1otre — Que vais-je faire, ou plutôt que dois-je faire ? se de- Ice à mandait le jeune commis en s'essavant, pour réfléchir, une sur le los de sa couchette.
ran- Il song que son premier devoir était maintenant d'informer la comtesse de Vilers de la mort de son mari. Mais il était peut-être bien t°t pour se présenter à l’hôtel. La jeune femme, rentrant du bal, épuisée par tant ten
d'émotions, n'avait-elle DRs besoin d’un Tepos si péniblement gagné ?
Il se dit qu'il valait mieux attendre quelques heures. [ ferait jour alors à l'hôtel de Vilers. La comtesse, remise de sa nuit, serait mieux à même de recevoir l’épouvantable nouvelle,
Puis Tony succombait à Ja l'atigue; malgré lui, ses paupieres & appesantissalent,.
Il pensa que sa mission ne se bornait pas à voir la comtesse, qu'il lui restait bien d’autres choses à faire et que, loin de nuire au succés, quelques heures de sommeil lui rendraient, à lui aussi, la force nécessaire pour les ac. complir jusqu'au bout.
Dans cette idée, il se coucha tout habillé sur son lit et s’endormit,—pour quelques heures, pensait-il.
Mais, l'on doit s’en douter, le pauvre garçon était rompu de lassitude, et à son âge on dort bien.
Quand il se réveilla, le jour commençait à tomber...
Ah! mon Dieu, s'écria-t-il, quelle heure peut-il être et combien de temps ai-je dormi ? Pourvu qu'il ne soit pas trop tard maintenant !. ..
Et, sans quitter le costume de mousquetaire qu’il avait porté à l'Opéra, costume qui, du reste, nous l’avons dit, allait remarquablement bien à <a ligure éveillée et fière,
il descendit les escaliers quatre à quatre et s’élança dans Ja rue,
I arriva bientôt à l’île Saint-Louis. La porte de l'h6tel était fermée,
Il frappa. Personne ne répondit,
— Que se passe-t-il donc ? se demanda-t-il.
Tony saisit de nouveau le marteau et se mit à frapper de toutes ses forces, Mais ce fut en vain.
Quelques bourgeois du voisinage, seuls, ouvrirent leurs fenêtres pour voir d’où venait ce tapage. Puis, se disant que les affaires de l'hôtel de Vilers ne les regardaient point, ils rentrèrent prudemment dans leur logis.
Tony ne se rebuta pas. Irrité au contraire de ce silence, il voulut en pénétrer la cause.
—Thôtel, pensa-t-il, doit avoir une autre sortie, soit du côté de la Seine, soit sur la rue voisine.
Et ii se mit à chercher cette issue.
Il ne se trompait pas.
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OS AC lit et rom- M être soit ivait dit, ière,
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Comme toutes les demeures seigneuriales de cette époque, l'hôtel de Vilers donnait sur d'immenses jardins qui s'étendaient jusqu'au quai de Béthune,
Le mur qui leur servait de clôture, avait sans doute quelque point vulnérable, quelque brèche où il était facile de le franchir en s'accrochant un peu les mains et les enoux.
Il est vrai G Tony, en commettant ainsi une escalade, s'exposait à recevoir un coup de fusil ou tont au moins à être arrêté par quelque jardinier.
Mais il n°y pensa même pas.
Et, depuis vingt-quatre heures, il en avait vu bien d’autres !
Il prit donc sa course vers le quai, décidé à pénétrer de vive force dans l’hôtel,
Comme il arrivait au coin de la rue de la Femme-sans- Tête, il aperçut une voiture attelée de deux chevaux qui stationnait sous la garde d’un cocher.
Très pressé d'arriver à son but, le jeune homme ne jeta qu'un regard distrait sur cette voiture, un de ces grands carrosses monumentaux suspendus à d’immenses courroies de cuir, comme on les faisait en ce temps-là et dont on retrouve encore quelques spécimens an Petit- Trianon et au musée de Cluny.
D'ailleurs l'eût-il regardée, il n’eût pu voir dedans, car devant les glaces les rideaux de cuir étaient fermés.
Quant au cocher, qui ne portait pas de livrée, il a ait, pour se préserver sans doute contre le froid de janvier, relevé jusqu'aux oreilles les collets de sd roquelaure, et les boucles de sa perruque lui cachaient en grande partie le visage,
Tony avait d’ailleurs bien autre chose à faire que de
s'occuper de ce carrosse, qui appartenait nrobabloment à
Î ICVILU
quelque seigneur du voisinage, I] lui tardait d’en finir.
Sd. To & cac ed ss £ me et mt Sr aus amer cr
pere CP ee
Il examina rapidement Ja murail} bientôt l’aide qu’il cherchait.
Par-dessus la crète du mur, ul gros sait passer une br:
€ du jardin et trouva
arbre moussu laisinche comme pour inviter à s’en servir.
En sautant, l’apprenti saisit cette b ‘anche ; puis, roidissant les reins
il « vécut ment.
et raccourcissant progressiment les bras, 4 ce que les gymnastes appellent le rétablisse.
Tout essoufé de cet effort, il pour se reposer un peu.
Le plus dur était fait. 11 ne s'agissait plus que de descendre. Mais Tony dominait le jardin; il voulut en profiter pour s'orienter,
Comme il examinait les larges laquelle conduisait directement :
à l’hôtel, un cri étouff se fit entendre à quelque distance de lui, suivi d’un piétinement,
s'assit sur la branche
allées, se demandant
Puis les branches d’un fourré crièrent, froissées par la chute d’un Corps.
Tony dégringola, plutôt qu'il ne sauta,
du haut de sa branche et s’élanca ver
S le point d’où partait le bruit.
Deux hommes luttaient en effet dans un fourré, L'un
d'eux, qui tenait l’autre sous son genou et était en train
de le bâillonner, était enveloppé d’un grand manteau. Et, à la mile clarté de la Inne qui se levait, le jeune
homme vit pâlissant la couleur de ce manteau... L'agressexr éiait un des Hommes Rouges!...
y le reconnut éga-
lement, C’était le vieux Joseph, l’ami, le valet de cham-
Tony aussitôt s’élança au secours du vieillard.
Mais il se dit que la marquise était certainement en péril et qu’il fallait avant tout courir la défendre.
Le misérable, occupé à bâitlonner Joseph, ne s'était pas aperçu de l’arrivée du jeune homme.
Celui-ci s'esquiva sans bruit et courut vers l'hôtel.
ouva laisrvir, roibras, isse-
anche
des-
prolant uff
OT par
> sa
un ain
ine
en
ait
Coin la inchir la p te, une ombre se dressa levant lu
C'était encore un homme drapé dans un manteau pa- 1 à celui du premier,
C’ét le deuxième des Hommes R À
Il barra le age à Tony. Mais inmis à mame Toinon avait en ment la force « le courage d’ur bon, Qi lui importait le péril?... 11 voulait passer!
D'un coup d'épaule, il culbuta l'ombre qui tentait de il trel pPassase,
Puis, les yeux étincelants, les narines 0 iÎlces, les tempes battant la fièvre, ‘lança dans l’hôtel,
L'homme qu'il venait de renverser s'était relevé et
S était mis à sa poursuite, Qu'est-ce que cela faisait à 1] Tony s'était promis d'arrive) à la marquise!
Et il fallait qu'il v arrivât, ré les murs, malgré
'uges et leurs spadas-
es grilles analgré les Hommes sins et leurs suppôts.
Et, vive Dieu! s’il était besoin d'engager une lutte, il serait... Mame Toinon n'était pas M!
“ne se connaissait plus. Le feu de la bataille
l'avait embrasé; il Jui semblait entendre mille clairons sonnant la charge,
Comme les volontaires en sabots qui, quarante ans plus tard, devaient enlever à la baïonnette,.au chant de la Marseillanse, les batteries de la vieille armée allemande, il sentait quelque chose qui l’emportait malgré lui.
Il eût, à ce moment, sans reculer d’une semelle, engagé la lutte contre tout un régiment,
À peine avait-il franchi le vestibule, qu'il aperçut le troisième des Hommes Rouges qui, cherchant comme lui,
aux appartements de la marquise, RATE rs £ À
RE. ni HIUSILUIL CHÈTE CGUX Couioirs
sans doute, à arriver
Tony s'élança vers lui, L'homme tira son épée. Mis le jeune mousquetaire de l'Opéra avait, lui aussi,
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