‹ Le serment des hommes rouges [microforme]Chapitre 21 sur 66 · VOUS · texte numérisé non relu

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vous faire danser...

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aneur débauché qui dédaignait de se déguiser s'en venait promener À l'Opéra sa jolie figure, à seule in d’ Y faire des conquê tes Quant à |

jeune soi:

et

t femme à laquelle 11 donnait la main, on a déjà reconnu mame Toinon.

Maine Toinon s'était déguisée 1]

marquise, Elle avait les |

ras NUS ainsi que les épaules, un tout PEUL masque sur le visage, un masque qui, ne cachant presque rien, laissait admirer les dents. pétiller le regard, S'arrondir le sourire.

Pony la conduisit triomphalement dans la salle.

\ame Toinon le regardait et le trouvait charmant.

Fu es un vrai gentilhomme, lui dit-elle. Jon soupira.

Et je vais être fière de danser avec toi.

Déjà? fit-i] naïvement.

Ce mot inpressionna sensiblement la costumière. Comment! dit-elle, tu veux me quitter ?

Non, mais...

Ah! cest que je suis un peu jalouse de mon cava-

lier, moi...

Et mame Pare montra ses dents blanches. épanouit

son sourire, ct, pour la première fois sans doute, enve-

loppa son ami F une oeillade assassine.

‘Patronne, dit tout bas Tony, je suis prêt à vous

faire danser... Tenez. Justement on organise un menuet

Fee 1a-Das,

Mame Toinon prit la main ue ] |

ui offrait son commis et dit tout bas:

—Garde-toi bien de m'appeler patronne; puisque nous jouons aux gens de qualité, il faut en avoir les façons. Tu m'appelleras baronne.

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—Moi, je t'appellerai chevalier. Viens.

Ah! pardon, dit Tony, je vous ai dit que j'allais

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— C'est convenu, —Mais à une condition...

Comment, petit drôle ? dit la costumière, tu me fais des conditions à présent. , ‘ai un devoir à remplir.

lequel ?

— 1 faut que j'exécute un article du testament du marquis de Vilers.

—(Jjuel est-1l ?

— C’est un secret, patr... baronne, je veux dire, La prétendue baronne n'eut pas le temps de répondre, car l'orchestre la contraignit à se mettre en place, Précisément, l’une des deux berzères, qui étaient entrées au bal en même temps que lony et madaine Toinon, donnait la main à un officier ‘es ardes-françcaises et se trouva faire vis-à-vis à la costumière et à son co mis,

Le 12°nuet commencait,

out eu dansant, Tony dévorait des yeux la danseuse et se demaudait :

—Ést-ce <{e où sa compagne qui est la marquise de Vilers ?

I Jui vint une inspiration.

Au moment où il dut, pour obéir aux lois du menuet, chuiger de danseuse et quitter mame Toinon pour sa cliente, il dit tout bas à cette dernière :

—Vous souvenez-vous de Fraulen ?

Soudain l’inconnue tressaillit, se troubla, et Tony sentit sa main trembler dans la sienne.

I] était fixé.

—Fraulen, murmura la pauvre femme d’une voix émue. Vous avez entendu parler de Fraulen ?

— Et du marquis de Vilers,...

Elle tressaillit de nouveau et regarda cet adolescent au charmant visage, au doux sourire un peu triste, au regard plein de mélancolie.

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-(Qui donc êtes-vous ?

que d’effroi.

—Un ami...

— Votre nom ?

fit-elle avec plus de curiosité

—Le chevalier Tony, répondit hardiment le commis.

— Vous connaissez mon mari ?

—QOui.

— Est-il ici?

— Non, et cest lui qui m'envoie,

—Mon Dieu !fit la marquise avec inquiétude, où estil donc ?

—AÀ Versailles, chez le ministre.

—Mais il reviendra cette nuit ?

—S"il le peut...

Et il vous envoie ?

Pour vous rassurer, madame.

Tony ne put en dire davantage: une nouvelle figure le sépara, et il rejoignit mame Toinon.

Le menuet fini, un flot de masques passa entre Tony et la marquise, qui se perdirent de vue un moment.

Un mousquetaire, qui venait au bal en quittant son service, charmé par les belles épaules, le léger embonpoint et le pied finement cambré de mame Toinon. papillonnait autour d’elle et lui disait mille galanteries,.

Tony profita de cette circonstance pour abandonner mame Toinon et se veuve,

Mais la foule était nombreuse, difficile à fendre, et notre jeune héros erra pendant un bon quart d’heure avant d’avoir aperçu celle qu’il cherchait.

mettre à la recherche de la pauvre

Tout à coup, un homme dont le visage était découvert et qui portait un manteau rouge, passa prés de lui.

Tony le reconnut sur le champ.

C'était ce gentilhomme qui avait tué l’infortuné marquis. C'était le comte Gaston de Lavenay.

— 1] doit chercher la marquise, pensa Tony.

Ts ce

Et il se mit à le suivre. Il le vit errer à travers le bal, puis s'arrêter soudain.

Il s'arrêta aussi. Le comte fit tout à coup quelques Pas en avant et salua. Il était en présence de la marquise de Vilers, dont le masque s'était détaché un instant, et qu'il avait aussitôt reconnue, bien que ne l'ayant Pas vue depuis quatre longues années.

—Bonjour, marquise, dit le comte d'un air railleur,

Tony s'était glissé derrière elle.

—Monsieur!... fit la marquise, je ne pas.

— Nous allons, si

VOUS connais

vous le permettez, renouer connaissance, Je suis le comte de 1] quise de Vilers,

La pauvre femme jeta autour d'elle un regard éperdu ; elle semblait chercher un appui. En vérité elle ne se Souvenait plus de lui.

#IVENAY, et Vous êtes la mar-

Nous savons que le marquis ne lui avait jamais parlé du serment qui le Tiait aux Hommes Rouges, et, comme leur souvenir Jui était exécrable. il avait toujours évité de prononcer leurs noms. La marquise pensait avoir uniquement affaire à l’un de ces hommes de plaisir, qui fréquentent l'Opéra, et ne se souciait nullement d’être l'héroïne d’une aventure de bal.

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pi amoa ee

—Ah! marquise, reprit le comte, vous conviendrez que j'ai mis une certaine discrétion à ne point troubler votre lune de miel.

—Monsieur...

—Cependant, deux de mes amis et moi. nous désirerions avoir un certain billet que nous vous avons confié un soir à Fraulen.

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À la demande du comte, la mémoire revint à la marquise qui, ne sachant pas qu'elle avait devant elle l'un des plus grands ennemis de son mari. répondit légère-

1 Le ment :

—Oh! monsieur, exeusez-moi. Le billet confié à

sms PT ane

rs le Fraulen?.., Vous me rappelez une bien lointaine his- 4 toire, ques "4 —Avez-vous au moins gardé ce billet ? nar- — Non, certes, Je n'y pensais plus, quand un jour Ins- monsieur de Vilers l’a trouvé par hasard dans mon vant bonheur du jour...

— 1] l’a ouvert ?

eur, — Parfaitement, puis l’a jeté au feu avec colère. Je me souviens même que jamais il n’a voulu me dire ce nals qui l'avait offensé dans ce papier. Mais venez le lui : demander demain. I] sera peut-être moins discret avec AIS- vous, Dar -—Votre mari ne nous dira rien, madame ricana Je comte, du ; — Et pourquoi ?

> # le comte eut un sourire étrange et sans doute il alne lait ajouter:

ue — Votre mari ne nous dira rien, madame, parce qu’il ble, est mort, parce que je l’ai tué! La Mais il n’en eut pas le temps.

de Tony, qui était devenu, comme nous avons dit, un ne homme, Tony, qui n'avait pas cessé de se tenir auprès de de la marquise et avait tout entendu. se dressa sur la pointe des pieds et jeta son gant au visage du comte. rez — Vous êtes un lâche! dit-il.

ler le comte, stupéfait, anéanti par une semblable insulte, étouffa un cri et fit un pas en arrière, Puis, il regarda son agresseur.

es Tony n'était qu'un enfant, mais il avait l'oeil étince- . lant, les lèvres pâles, et il appuya la main sur la garde de son épée qu'il portait pour la première fois, avee auge” tant de fierté et de résolution que le comte de Lavenay Le, comprit qu'il avait devant lui un adversaire sérieux. — Vous êtes un lâche, répéta froidement Tony. \ La marquise reconnut son vis-à-vis de tout à l'heure.

—Ah! chevalier, dit-elle’ éperdue.

elle donnait à l'ony acheya de faire 11]

s101)), Le jeune on était beau : il

etait bien tourné :

GE Sitlamment son habit d

il poront ilhomme.

! Le comte ne douta pas un instant qu'il eût affaire À j Ur homme parfa nent né, ! Ah! mon pe , dit-il, je vais vo ‘ouper les ore] ri

Venez donc. di

LOnY, et priez Dieu la poau bioi ure !

qu’il vous rende

Il jeta un recard

protecteur Mer of hau à

à la marquise al sortit, cu + Sur les pas du comte on « félicitant +.

d’avoir décidé Joseph à vo ur bal, Il rencontra SE l'en lroit où s'était passée cet scène et lui confia 1 mal qt

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1; RATE Toinon n'avait

à quel [lies pas le

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rien Vu. rien entendu.

| F1] etait tout enticre aux

galanteries du mousqueta re qui [ui lonnait le titre

le baronne.

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Le comte et Tony gagncrent la porte, quittèrent l’Opéra et s'en allèrent Jusqu'au premier réverbère ; là, le comte tira son épée,

Tony l'imita.

Mais, avant de tomber en garde, le comte regarda de nouveau son jeune adversaire.

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est singulier, dit-il; je ne vous ai Jamais vu

Je vous connais, moi, répondit Tony.

Qui êtes-vous ?

Peu vous importe!

Cependant.

Faut-il vous répéter, une fois de plus, que vous (tes un lâche ?

Le comte rugit.

— Un lâche et un assassin !.

En garde, donc! s’écria le comte ]

1ors de lui.

—Je suis |]

‘exécuteur testamentaire du marquis de X

eTs; que Vous avez tué ce soir dit Tony en er ]

croisant le + ét Je me suis juré de vous tuer, vous, Maurevailles et Mare de Lacy !. ..

Et Tony, qui n’avait jamais touché une épée et se

rouvait en présence de l’un des bretteurs les plus renom- L temps, Tony fondit sur son adversaire avec CELL

mpétuosité, cette vaillance brutale de ceux qui n'ont été initiés aux galantes finesses de l'escrime.

Aussi AVAL gnn ina

tCXPÉTIONCC Et sa jeunesse, semblait-il prédestiné à er la mort dans ce om u’il avait

provoqué.

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