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portait avec une force invincible, ne nous étoufferait-
AT elle pas, ne nous broicrait-elle pas entre ces parois ?.., AGt » —Mais comment as-tu pu échapper !...
Un — L'eau courait de plus en plus vite... Tout à coup
NE un choc violent me fit lâcher mon compagnon, puis
Ho tous deux nous passâmes pardessus le rebord d'un mur,
enfin je fis une nouvelle chute, e dessus de ma tête...
— Dans les fossés ïe
t Japerçus le ciel auj'étais dans les fossés du château.
—Juste du côté opposé du camp... Le mur sur le-
n'était autre que le barrage d’une éeluse dont la vanne, subitement leve causé ce courant qui nous entraînait.
! quel ïe venais de me heurter €, avait
—Et ton compagnon de danger ?
— Après avoir respiré un peu, je songeai à lui. Dans le trajet rapide, il avait perdu connaissance ; mais en a lui frottant un peu les tempes, je le fi
s revenir à Jui, Nous étions toujours dans l'obscurité ]
roduite par l’ombre du bastion, je voyais mal son visage, de le traînai sur Je glacis, et là je le reconnus...
—Vilers? interrompit vivement le marquis.
—Non, La Rose, que tout à l’heure vous avez vu avec moi, se sauvant vers le camp où sans doute lattendent les arrêts...
Le colonel haussa les épaules comme pour rassurer Tony.
Et le marquis de Vilers ?demanda-t-il.
— Pas de traces... Tenez, mon colonel, je ne suis pas superstitieux, mais positivement, j'ai remarqué une chose tellement étrange...
— (Quoi donc ?
— (Comme je venais de faire revenir La Rose à lui et que je reg:
erait-
res
Coup puis mur, | auteau.
ir learraavait
Dans Is en | Jui.
’omafnai
avec dent urer
suis
une
rempart... C'était exactement un de ces bonshommes de bois que les Allemands font à Nuremberg, tô
te monstrueuse, jambes immenses se rattachant
à un torse OXIau, duquel pendaient 4 ax bras démesurés. .. On eut dit un faucheux giganresque. ,
— Et qu'est-ce que cela ?
-—Le sais-je? En ne voyant lever les veux vers lui, l'être étrange sauta du rempart à terre et disparut. . Ma parole, j'ai cru une minute que c'était |
e diable qui, pour nous entraîner dans le gouffre
, avait pris la figura du marquis de Vilers, et qui, voyant que nous étions sauvés, s’enfonçait maintenant dans son royaume jinfernal.
—C’est étrange en effet, dit le marquis intrigué, car enfin tu es bien certain d’avoir vu Vilers ?
— Vu ot touché, Mon Colonel et il en a touché d'au-
tres ; les muets du vieux comte en savent quelque chose...
—Mais comment cette écluse s’est-elle trouvée ouverte si à propos ?
— Voilà encore ce que j'ignore... Ce qui est plus clair, malheureusement, c’est que La Rose, le Normand et moi, nous avons tiré épée contre nos officiers at qu'ils vont probablement nous en faire supporter les conséquences. . .
L'oeil du marquis eut un éclair.
—Qu'ils ne s’v-hasardent pas! s’écria le brave colonel, J'aurais un compte terrible, moi aussi, à demander à MM. de Lavenay, de Lacy et de Maurevailles!. , d'abord, il leur faudrait me dire ce qu'ils allaient faire dans ces souterrains où vous les avez rencontrés! Va, mon enfant ; toi et tes amis, vous n’avez rien à craindre.
—Merci, mon colonel, s’'écria Tony avec reconnaissance, Mais puisque votre bonté est si srande. daione. rez-Vous me dire enfin la cause véritable de l’intérût que vous me portez ?
—Oui, tu as le droit de me la demander... Mais sans
note taie mn tp en rs se in ©
ss
cela, va, je ne te la dirais pas... C’est un horrible £ecret que je vais te révéler, un secret que j'aurais voulu garder jusqu’au tombeau...
—Et ce secret me concerne ? demanda Tony tout ému.
Oui. Ecoute.
> seoulu
tout
— Ecoute, fit le marquis, en se rapprochant de Ton: et en baïssant instinctivement la voix, ce que tu m'as dit de ta naissance était bien vrai, n'est-ce pas ?
—Mais certes, oui, mon colonel, balbutia Tony tout stupéfait de ce début.
—Tu m'as bien raconté que, tout enfant. tu étais élevé par des paysans près de Paris ?
Oui...
—Et tu ne te souviens pas du nom de l'endroit ? —L'ai-je jamais connu ? Je ne pourrais le dire...
—Mais, la maison, la maison de ton père nourricier, où était-elle située ?
—Attendez... je crois l'avoir dit, Devant. il y avait des prés, une clôture verte ; derrière, le jardin par lequel A
—Et c’est tout? Il n’y a pas un objet qui reste gravé dans ton esprit ?
—Un objet ?
—Au carrefour du chemin qui passait devant la maison ?
Tony mit sa main devant ses yeux, comme pour revoir en lui-même le tableau des souvenirs lointains qu’évoquait le marquis.
—Ah! je me souviens, je me souviens! s’écria-t-il tout à coup... oui... au bout du chemin, une grande croix de pierre, toute moussue, près de laquelle ma honne nourrice me menait jouer... Est-ce bien cela, mon colonel ?
Le marquis ne répondit pas,
Deux rides profondes creusaient son front.
Lui aussi semblait contempler le tableau sombre du passé,
Tu m'as bien dit. reprit-1l lentement après Un ins-
neuf ans de cela, ceux qui te nourrissaient te crièrent : “Prende garde !” où des tuer!
tant de silence, que, il y a
ai. moment sens masqués envahissaient la maison pour te
C'est bien cela, mon colonel, mais quel rapport ?
Ah! comment ne t'ai-je pas reconnu le jour que tu t'es présenté pour demander à entrer dans mon régiment ?..,. Mais si... je te devinais, car cette sympathie secrète qui m'attirait vers toi, je me lPexplique maintenant, Tony, mon pauvre enfant, c'est une lugubre et triste histoire que le mystère de et peut-être serait-ce un bien pour toi de ] nellement ?
premier
ta naissance, ‘ignorer éter-
Mais, mon colonel, un enfant doit connaître...
— C'est vrai; ce secret fatal ne m'appartient pas à moi seul. Mais je ne puis te le révéler qu'à une seule condition...
— Laquelle ?
-—C’est que tu te contenteras de ce que je puis te dire, et que jamais, tu m’entends, jamais tu ne chercheras à en connaître plus que je ne t'en aurai dit, Tony, j'ai foi entière en ta loyauté. Tu me donnes ta parole ?
Tony étendit la main.
—Sur mon seul bien, prononca-t-il gravement, sur mon honneur de soldat, je m'engage à me conformer toujours à vos seules volontés,
— Ecoute, Tony, dit le colonel d’une voix émue. je n'ai pas toujours été le vieux soldat sec et froid qu’or connaît aujourd’hui... Certes, au milieu des camps,
Home lss Lhassa
ans jes hasirds des batailles, ion coeur s’est desséché. Mais, autrefois, pour l’amitié comme pour l'amour, il battait chaudement dans ma poitrine.
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n insqui te ment ur te
port ?
emier dans cette xpli- . une ance, éter-
[y a dix-huit ans de cela, Dix-huit siècles!.,, j'aadorais, une fille dont la beauté
faisait mon orgueil et ma joie!... O souvenirs terribles !
vais une femme que j
Le marquis baissa la tête avec accablement, fmu et retenant son souffle, Tony attendait.
—Enfant, continua le colonel, il est, je te l’ai dit, des phases de ton existence sur lesquelles il ne faut pas que je lève le voile... Contente-toi de ce mot: Cette fille que j’aimais tant... tu es son fils!
— Moi! s’écria Tony en se précipitant dans les bras du marquis; moi!... j'ai done enfin une famille, j'ai donc quelqu'un à aimer sans arrière-pensée, oh! mon colonel, mon bon père, combien je vous aimerai!... I] couvrait le marquis de baisers. (Celui-ci le repoussait faiblement,
—Laisse, enfant, murmura-t-il, laisse. Ne t’ai-je pas dit que mon coeur ne bat plus?... Laisse, ces baisers me font mal...
Le pauvre Tony se rassit tout interdit.
—Et ma mère... se hasarda-t-il à demander enfin. Verrai-je ma mère? Je l’aimerais tant, mon Dieu!...
—Tu ne la verras pas.
—Mais... elle vit du moins?...
Le colonel était livide. T1 hésita. Puis d’une voix sourde, il prononça lentement ces trois moi
—Elle est morte !...
—Morte!... répéta Tony avec un sanglot. Morte sans que j'aie pu voir son sour rte sans que j'aie pu recevoir son dernier baiser!... Oh! mon colonel,
vous qui l’avez connue, vous qu’elle aimait et qui l’aimiez, parlez-moi d’elle, dites-moi combien elle était belle et bonne... Laissez-moi vous dire en retour combien j'aurais été heureux de pouvoir l’adorer à denx genoux. Ma mère!.., ce serait si bon, mon Dieu, d’avoir une mère à chérir!...
Agenouillé, Tony levait vers le ciel ses gr mouillés de larmes, comme s’il eût cle allait faire apparaître
ands yeux espéré qu’un miraà sa vue cette mère qu'il avait si longtemps rêvé de connaître et dont il venait d’entendre parler pour ja première fois que pour apprendre en même temps qu'il l'avait perdue à jamais.
— 9907... a8807,, Tlü réveillé, énfant, dés aonvenirs qui me brisent, J'ai satisfait à mon devoir en te disant quels sentiments m'avaient poussé à m'attacher à toi, quel chagrin m'eût causé ta perte, quelle joie m'a faite ton retour. Mais, je ten prie maintenant... ajouta le colonel avec effort, ne parlons plus du passé. Surtout ne me parle plus de ta mère!..
—S1 J'avais seulement pu la voir une fois, murmura
tnidement Tony suppliant. Si je pouvais au moins:
contempler son image...
--Regarde!...
Le marquis tira de sa poitrine un médaillon suspendu à une chaîne d’or, et Je présenta à Tony. Celui-ci la saisit avidement et l’ouvrit. Il vit une tête de femme «une ineffable beauté. De longues boucles blondes en- <adraiïent un visage sur lequel se reflétait une expression de douceur angélique,
Chose étrange, il sembla à Tony qu’il l'avait déjà vue. Etait-ce dans un songe? N’était-ce pas plutôt un souvenir? Quand il était tout enfant, cette tête & belle ne s'était-elle pas penchée sur son berceau pour cueillir son premier sourire ?
—Oh! dit-il qu’elle est belle!... plus belle encore que je n'osais la rêver... Et pourtant plus je la regarde, plus je la reconnais... Je l’ai vue... oh! dites-moi que je l’ai vue?..
Mais, par un revirement subit, le colonel lui arracha brusquement le médaillon des mains et le cacha ‘dan: sà poitrine.
—Jamais, s’écria-t-il, jamais tu ne. l’as aperçue!...
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Ne t’ai-je pas dit qu'elle était morte... morte en te donnant le jour... Oh! ma pauvre enfant chéric!... pardonne à ton père son injustice envers toi... envers ton fils... Mais laisse-moi. Tony, laisse-moi... Ces souvenirs, je te l’ai dit, me tuent; ils me‘déchirent le coeur, Va te reposer. Adieu. Tony porta la main du vieillard à ses lèvres et se retira à pas lents. Tout à coup le marquis courut à lui:
—Ta promesse, dit-il, souviens-toi de ta promesse,
Tony inclina la tête avec un triste sourire:
—Je ne puis plus espérer revoir ma mère, dit-il : que puis-je désirer maintenant ?...
Il s’éloigna. Le marquis écouta le bruit de ses pas dans le couloir. Quand il eut cessé de l’entendre, il &e laissa tomber sur un fauteuil :
— Qu'il se repose et prenne des forces, murmura-t-il, la jeunesse surmonte tout... Moi. je ne dormirai pas. Dieu juste!.., c'est le châtiment !
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Si le colonel de Langevin ne dormit pas cette nuit-là. le magnat ne sommeilla pas davantage.
Une question le préoccupait avant toute chose : il Lui fallait savoir, tout de suite, comment les Hommes Rouges et les gardes-francaises avaient pu pénétrer dans le: Passages secrets du château.
[fit immédiatement appeler ] tendant, tout le personnel du cer une enquête,
ar le traban. son inchâteau afin de commen-
Les muets défilèrent nn à un devant lui, mais tous donnèrent les plus grands signes d'étonnement et, soit par gestes, soit en écrivant, jurèrent qu'ils n’avaient ouvert à personne,
Et vraiment ils avaient suivi à la lettre les ordres du magnat et ignoraient comment Jes officiers qu'ils avaient Vus quitter le château en tenue de gala s’y retrouvaient un quart d'heure plus tard en manteau rouge,
Un seul homme coût pu donner une explication, cé. tait le nain, Mais naturellement :il s'en garda bien et nia encore plus énergiquement que les autres.
L'enquête semblait done ne devoir donner aucun résultat, lorsqu'un des muets allégua un détail qui surprit vivement le magnat,
—Comment aurait-on pu ouvrir. puisque le saut-duloup était plein d’eau ?
Or, lintendant avait constaté lui-même. dans la journée, que tous les fossés
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ma moi
it-la.
il lui Rou-
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tous soit uent
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LA moi qui ai montré à l’un d’eux l'entrée secrète.
On avait donc déversé dans ces fossés l’eau du lac souterrain.
Mais la question changeait, I] s'agissait maintenant de savoir qui avait inondé les fossés.
Cette fois, le nain donna des explications.
—Moi, écrivit-il, fidèle à son rôle de muet, J'avais vu des hommes rôder dans la Journée autour du château. J'ai eu peur pour Monseigneur, Et comme monseigneur était auprès de sa fille aînée, je n'ai pas voulu aller le déranger,
Alors je me suis dit: Si j'inondais le saut-du-loup ! De cette façon, quand les hommes voudront venir la nuit, ils tomberont dedans et se noieront. Et j'ai été ouvrir l'écluse, C'était bien difficile pour moi qui ne suis pas très fort; mais l’idée d’être utile à mon bon maître m'a donné de la vigueur.
Le magnat, en lisant une à une ces lignes, regardait fixement le nain. Sur le visage de celui-ci, était peinte la joie rayonnante du devoir accompli.
Le magnat n'avait aucune raison de douter de la fidé- Hité de son muet.
Et cependant le dr‘ aentait effrontément. car c’6tait dans un but tou! !i‘icrent qu'il avait ouvert l’éclu- S@,
En voyant entrer dans le souterrain l’homme rouge qu'il avait pris pour Maurevailles, et qui l’avait attaché à un arbre, tandis que le vrai Maurevailles lui avait donné de si beaux louis, le nain. plein d'inquiétude, avait prêté l’orcille. T/arrivée des autres Hommes Rouges, des gardes-francaises et de Tony, l'appel du magnat, la poursuite, la bataille, l'avaient rempli de terreur!
Il s'était dit:
—Je suis perdu. On va voir ces gens. On leur demandera comment ils sont entrés. Ils diront que c’est