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Il se hâta de l'ouvrir, moins par un sentiment de curiosité que dans le but de trouver dedans un indice quelconque qui pût le mettre sur la trace du destinataire, de ce baron dont le nom avait expiré sur les lèvres du marquis mourant,
\ la grande surprise du jeune homme, le cahier ne contenait qu'un cahier de parchemin, couvert d’une grosse écriture, et une lettre,
La lettre n'était point cachetée et portait cette inscription :
Au baron de C... ou à celui qui trouvera ce coffret.
Tony, que cette initiale ne renseignait pas beaucoup, prit le parti d'ouvrir la lettre et lui:
Mon cher ami,
‘Je puis mourir demain, L’artilleur qui met le feu à une pièce de canon fêlée, le mineur qui travaille sous terre, le pêcheur assailli loin de la côte par une tempête, sont moins près de la mort que moi. Un poignard menace ma poitrine à toute heure; j'ai, comme Damoclès, une épée suspendue sur ma tête, et J'écris ces lignes en prévision de quelque catastrophe,
“Toi ou celui qui lira le cahier ci-joint, où je raconte l’histoire étrange de mon existence, vous me vengerez,
si je meurs!..,
Marquis de Vilers.”
Cette lettre bizarre et sinistre impressionna si vivement la jeune imagination de Tony, qu’il oublia mame Toinon, et Joseph, le valet de chambre, et le lieu où il se trouvait. Il alla fermer la porte au verrou, plaça le coffret et le flambeau sur une table, prit un siège et se mit à lire avec une curiosité ardente le manuscrit du
marquis, lequel avait ce simple titre: