‹ Le serment des hommes rouges [microforme]Chapitre 5 sur 66 · DE MIA · texte numérisé non relu

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— 1 n'a pas voulu que j'avertisse sa femme; il me la demandé avant de mourir. Je lui obéirai.

—Noit; mais... ce coffret...

-—J’exécuterai la volonté du défunt, répondit Tony avec une gravité qui n'était pas de son âge,

Mame Toinon secoua la tête.

—Mon pauvre enfant, dit-elle, il ne fait jamais bon de se mêler des affaires des gens de cour.

—J’ai juré, répondit Tony avee fermeté, Je tiendrai mon serment: je vais aller à l'hôtel de Vilers.

— Pour quoi faire ?

—Mais pour prévenir le valet de chambre du marquis.

Et Tony qui, pour la première fois peut-être, se montrait rebelle aux exhortations de mame Toinon, Tony s’en alla, muni des deux renseignements qu’on venait de lui donner, et il reprit sa course vers l’île Saint Louis.

Mame Toinon s'était laissée tomber tristement sur une chaise en murmurant :

—Adieu, mon bal de l'Opéra!

Tony courut à perdre haleine et gagna l’île Saint- Louis en moins de temps qu’il n’ea avait mis à venir de la place Royale à la rue des Jeux Neufs.

Le commissaire attendait toujours à l'entrée de la rue Saint-Louis, appuyé sur son crochet qu’il avait mis bas et placé le bout inférieur en terre,

— Viens avec moi, lui dit Tony.

— Hé? dit le commissionnaire, je commençais à perdre patience, ma foi!

—Viens.

Et ce gentilhomme, où est-il ?

— Viens toujours.

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Le jeune homme jugea inutile de donner des explications à l’Auvergnat et s’en alla avec lui jusqu’à la porte de l'hôtel de Vilers, Là il jui dit:

— Laisse ton crochet, va sonner à la porte, €t, quand elle sera ouverte, tu entreras chez le suisse et tu lui diras que tu veux parler à Joseph, le valet de chambre de M. le marquis; ensuite tu me l’amèneras.

Le commissionnoire exéeuta ponctuellement les ordres de Tonv.

Tony attendit quelques minutes, puis il vit venir à lui un vieux Jaquais grisonnant,

— Est-ce vous qui me demandez? fit-il en regardant curieusement Tony.

—(C’est moi,

—Que me voulez-vous ?

—Je viens de la part du marquis votre maître.

—Ah! fit le laquais, vous l'avez vu ?

— Oui,

— Voici trois fois que madame sonne pour savoir s’il est rentré.

—]l ne rentrera pas.

— Pourquoi donc ?

Tony répondit sans s'émouvoir :

—Parce qu'il vient de partir pour un voyage de vingt-quatre heures.

—0h! cest impossible ! dit vivement le laquais; madame la marquise l'attend pour aller au bal de l'Opéra. —Je le sais bien. puisque j'apporte les costumes.

Et Tony montra les trois cartons superposés sur le crochet du commissionnaire,

— Tiens! dit le valet, c'est tout de même bizarre.

Alors Tony prit la main de Joseph et lui dit en la pressant affectueusement :

. Ne ei NE ie …s —\ OÙUS aihiCcZz donc bien votre maitre. mon ai !

—Mais je l'aime encore, je l'aime toujours !

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pli- ; — Hélas! votre amitié, votre dévouement lui sont dé- )OT'= sorimais inutiles,

Ë Le valet étouffa un cri, ini [l'est mort !... ajouta Tony.

lui Mort?.., mort... mort... répéta le valet sur bre 4 trois tons différents.

à Oui,

OT'- ] Oh! ce n'est pas possible. *…

à —Ïl est mort depuis une heure... I a été tué en

duel, sur la pläce Rovale, par un gentilhomme... Tué en duel par un -gentilhomme ?

nn rse de Me tite

int À —Oui, À Savez-vous le nom de ce gentilhomme ?

4 —Je lignore: mais je sais qu'il a fait le tour du ù monde tout exprès pour se battre avec votre maître. 3 —Ah! sécria le valet qui paraissait posséder les se- 4 crets du marquis, c'est 1) des Ilommes rouges ! 1l fal- ! lait S'y attendre...

il # Et le valet se prit à pleurer, î Tony lui raconta alors la scène dont il avait été téà moin, puis les dernières recommandations du marquis. } — Ainsi, dit Joseph, il veut que sa femme aille à F. l'Opéra ?

de | —Oui.

. —Mon Dieu! comment faire ?

- . Tout à coup, Joseph se frappa le front, "A. 3 —Je vais dire à ces dames, fit-il, que le roi, qui est à à Versailles, a fait demander le marquis, et que, sans le doute, il reviendra cette nuit.

—(’est cela !

—\Mais la cassette ?

la —Ah! cest juste... venez avec moi.

le valet, qui était fort troublé, fit entrer Tony dans la cour de lPhôtel, débarrassa le commissionnaire de ses cartons, le paya et le renvoya. Puis il remit les cartons à un autre valet auquel il dit :

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—C'est pour madame a marquise; cela

vient de Haine Toinon.

Tandis que le valet portait

Tony par la main, lui fit vice et le

les costumes, Joseph prit prendre un escalier de ser.

conduisit au premier étage de l'hôtel,

Puis il poussa

une porte devant lui et posa sur meuble le

flambeau qu'il avait Voilà le cabinet de moire est en face...

un pris chez le SUISSE, Mon pauvre maître, dit-il: l'are cherchez le coffret... Moi, je vais dire à madame que M, le marquis est à Versailles.

Et le valet, qui était en proie douleur extrêmes. laisss la chambre qu'il

à un trouble et à une t le jeune homme sur le seuil de appelait le cabinet de son maitre.

C’était une vaste pièce tendu aspect assez triste, Tony, seuil finit par entrer et

e d'étoffe sombre et d’un un moment immobile sur le ferma la porte derrière lui.

Jamais notre héros n'avait eu dans sa vie une heure aussi agitée que celle qui venait n'avait été investi d’une mission solennelle,

de s'écouler; jamais il Pour ainsi dire aussi Il faut croire que la gravité des circonstances Jui une véritable importance, car il s’enhardit tout à fait et se dit:

—J’ai fait un serment. je 1

donna à ses propres yeux

e tiendrai, et Dieu me punisse si je n’exécute pas fidèlement les dernières volontés de ce gentilhomme qui à eu confiance en moi!

Tony aperçut, en face de lui, ] le valet de chambre.

C'était un grand bahut de la Renaissance, de cuivre, pourvu d’une fine serrure tréfl en fabrique depuis peu.

[T prit la clef qu'il avait trouvé sur | mit dans ja serrure,

‘armoire indiquée par

à ferrures :e, comme on

e marquis et la

La clef entra, tourna deux fois et le bahut s'ouv

Œitiit S OÙ! rit.

Tony vit alors un JoB coffret d’ébène sculpté, après lequel se trouvait une clef,

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