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—Et me donnera-t-on un papier, quelque chose pour prouver ma qualité ?demai t-11,
—Je vais vous faire expé ne carte de service,
La Rivière entra dans les bureaux et revint au bout de quelques minutes,
Votre nom? dit-il.
Au pays, on m'appelait Johann: à Paris, les gardes-francaises m'ont baptisé Goliath,
— (Goliath, soit, dit La Rivière en écrivant. Voici. ajouta-t-il en lui tendant une carte, Avec ea vous avez des pouvoirs suffisants. Vous viendrez au rapport à deux heures,
Une fois en possession de cette carte, le nain sortit plein d'enthousiasme,
Certain, d'après ce qu'on lui avait dit de la police, qu'on lavait chargé de hautes et magnifiques fonctions. Goliath allait, se gonflant et s'imaginant que tous les passants devaient le dérer avec respect,
—S'ils savaient que j'ai dans ma poche une carte avec laquelle je pourrais les envoyer à la Bastille! se disait-
avec orgueil.
A deux heures, La Rivière, confiant en l'intelligence et le dévouement de Goliath, le chargea de surveiller les jardins de l'hôtel.
lauvaise et fatale idée.
Le nain, en effet, n'avait pas tout dit à l'employ:
M. de Marville, FH lui avait caché sa prétendue découvert le l'identité de Vilers.
ne voulant pas contrarier le marquis, il n chercha pa à le regarder de trop près, et naturellement
il ne reconnut pas Maurevailles.
Celui-ci ou donc toute liberté de rentrer et de sortir par la petite porte. Le nain, au contraire rrotégea, ne se doutant pas qu'il facilitait dans ses entre : le plus mortel ennemi de Mme de Vilers.
Cela dura huit jour
Tous les soirs, Réjane revenait au rendez-vous dane le vieux kiosque,
Le huitième jour, elle dit à Maurevailles :
—Je crois que j'ai trouvé un moyen d'échapper à votre faux ami, M, de Lacy.
—Lequel ? demanda curieusement le chevalier.
—I1 veut, n'est-ce pas, prendre l'enfant ?
—Oui, pour être maître de la mère,
—Eh bien, si je vous le donnais à vous ?
—AÀ moi! s'écria Maurevailles, maîtrisant mal un mouvement de joie.
—AÀ vous, notre meilleur ami, que je chargerai de le porter en lieu de sûreté,
— Mais comment parviendrez-vous à faire consentir à cela votre soeur, dont vous connaissez les préventions k contre moi ?
—Je ne lui dirai rien. Je prendrai l'enfant et je vous lapporterai. Voulez-vous ?
—J’accepte avec bonheur, pour vous être utile.
Maurevailles touchait enfin à son but. L'enfant allait lui être livré.
Il ne s'agissait plus que d'attendre.
Quelques jours s'écoulèrent encore, La délivrance tardait.
Enfin, un soir, Réjane dit à Maurevailles:
—Je n'ai que quelques instants à vous accorder, Ma soeur commence à être fort souffrante.
— Alors, je ferai peut-être bien de rester ici ?
— Non, le médecin n'attend pas la naissance avant demain.
—Qu'importe ? Pour vous être agréable, chère Réjane, et pour être utile à la marquise, je puis veiller. .
—Ce serait peine inutile.
—La nourrice n’arrivera que demain soir. Elle sera logée dans une des chambres attenantes à l'appartement
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de ma soeur, qui tient à ne pas perdre de vue son enfant..,
— Parfaitement,
—Joseph, notre vieux et dévoué serviteur, sera charge tout spécialement de veiller sur lui. I n'y a donc rien à craindre d'ici à demain soir.
— Parfaitement, Mais alors comment ferez-vous pour m'amener le cher petit être ?
—Soyez sans inquiétude, J'ai vingt-quatre heures pour choisir un moyen, Revenez demain à pareille heure, Je vous promets que le traître Lacy sera trompé dans son espoir... Mais, vous me répondez au moins de la sûreté de l'enfant? Cher petit trésor !.. Ce serait la mort de ma soeur si elle le perdait.
—Doutez-vous de ma solicitude, ma bien-aimée ? Ah! soyez tranquille; je jure par tout l'amour que J'ai pour vous! Ce cher mignon sera entouré de tous les soins qu'il aurait eus chez sa mère... O ma Réjane, ayez confiance en celui qui vous aime.
— C'est que c'est peut-être mal, ce que je fais-Ià ?
—Mal!... Ne suis-je pas votre époux devant Dieu 2 Ne vous ai-je pas juré éternelle fidélité. Ah! Réjane, douteriez-vous de mon amour ?...
L'entretien continuait, bien que Réjans eût déclaré qu'elle ne pouvait rester longtemps sans que son absence fût remarquée.
Goliath qui, depuis tantôt deux semaines, veillait à la porte du jardin, commençait à trouver la cho ennuyeuse, et, malgré de grands efforts d'imagination, n'arrivait pas à deviner la raison de ces visites quotiliennes et nocturnes.
IT avait résolu d’en avoir le coeur net.
Malin comme un singe, il introduisit au pied de la
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