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loin. Ne fût-ce qu'au jugé, les gardes l’auraient eu vite atteint, Mais la catastrophe récente avait rendu le baron prudent. Il ne voulait pas que de nouvelles détonations vinssent porter à la marquise de Vilers un coup peut-être mortel.
Aussi, vigoureux chasseur, devançait-il tout le monde, sondant les buissons un à un, jurant de ne pas laisser un pouce de terrain sans le fouiller afin de retrouver Maurevailles.
‘IT venait de Fentrevoir, glissant le long d’une allée. Il y courut. En arrivant, il interrogeait l'espace du regard, quand tout à coup les gardes qui arrivaient le virent chanceler en poussant un cri de douleur.
Une épée lui avait trouée le corps de part en part.
— Vous n'avez pas voulu vous battre avec moi, baron, dit une voix railleuse que les gardes reconnurent pour celle de Maurevailles, eh bien, je vous donne la mort des lâches... la mort par derrière,
Fous de colère, les braves gens oublièrent l'ordre qui leur avait été donné, et tirèrent vers l'endroit d’où était partie la voix.
Mais les balles allaient s’aplatir sur un gros arbre qui faisait le centre du massif, et un ricanement sardonique répondit à la décharge.
Cette fois le bandit s’échappait.
Aux ecups de feu, pressentant un nouveau malheur. Tony accourait, après avoir confié le corps de Réjane aux femmes de la marquise.
Il revenait prendre part à la lutte, venger Réjane, sil en était encore temps.
Hélas ! il arriva juste pour recevoir les dernières volontés du baron.
En le voyant, M. de Chartille se souleva. péniblement
—Tony, dit-il, je vais mourir... Puisse ma mort suffire à expier celle que j’ai causée sans le vouloir tout à l’heure! Je ne regrette point la vie... j'ai assez
mo
vécu... Mais je regrette de ne pouvoir venger Réjane
et punir le véritable auteur de sa mort... Cette mis- ë dé- sion, Tony, je te la confie, et pour cela... donne-moi th mes tablettes, qui sont là... dans ma poche... Merci. Apportez-moi une torche, je n’y vois plus... Soutenez- à de moi un peu... :
ais- Et, avee le stoïcisme dont il avait toujours fait preuot ve, le baron se mit à lire tout haut en écrivant: lée. “Je lègue à Tony, lieutenant aux gardes-françaises, du toute ma fortune, pour en faire l'usage qu’il sait, ayant lo recu mes dernières volontés à ce sujet. ñ “Paris, ce 15 décembre 1746.
On, “Antoine, baron de Chartille ” } our ort —Et maintenant, dit:l, en tendant le papier à Tony, tu penseras aux braves amis... qui nous ont servis... qui là-bas; à ‘is... n'est-ce pas?... Tu n’oublieras pas "où le petit Gouath... Je lui ai premis... sa fortune... En disant cela. le baron essaya de sourire, mais l’efbre fort était au-de: «s de ses forces, et ce fut avec une do- | contraction nerveuse de la face qu’il râla : 4 —À boire... j’étouffe...
On s'empressa d'aller lui chercher un cordial. Un ur, I des laquais avait couru avertir un médecin. Mais avant ane Ë son arrivée, le baron s'affaiblit de plus en plus, le docteur arriva, il secoua tristement la tête. à ne, Le moribond surprit ce geste.
; —C'est fini?... murmura-t-il... oui... adieu! La À vO- Rose, Pivoine, le Normand, n'oubliez pas!... ni toi, ÿ T'ony... la vengeance... la vengeance... ent d Un flot de sang lui vint à la bouche.
ort Le baron de Chartille était mort...
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Voyons maintenant ce qui se passait au dehors.
Quel était donc l’homme au manteau rouge, à qui la pauvre Réjane avait remis lenfant, et qui, aussitôt aprés, avait été arrêté par Goliath et sa troupe ?
En voyant tomber entre ses mains l’inconnu qu’il surveillait depuis si longtemps, le nain s'était trouvé pris d’une joie immodérée.
La capture de l'enfant, sauvé, croyait-il, d’un grand danger, avait encore augmenté son contentement.
—Î] n'y a que moi, il n’y a que moi, répéta-t-il en se frottant les mains. Je trouve tout, je sauve tout! Les autres ne me viennent pas à la cheville!
Pendant ce temps, l'Homme Rouge, solidement tenu par deux exempts, était conduit aux Armes de Bretagne, qui étaient devenues le quartier général.
Pour être plus libre, on avait (de par le roi, s’il vous plait!) prié l'hôte d’aller se reposer et on avait laissé le soin du service à une jeune garçon à mine niaïse et à cheveux rouges, qui répondait au nom harmonieux de Barrabas.
Barrabas, déjà fort ébahi du spectacle, tout nouveau pour lui, auquel il assistait, laissa tomber à terre le broe de vin qu’il tenait à la main, en voyant arriver un homme à manteau rouge ayant toute la mine d’un seigneur et conduit par deux exempts, derrière lesquels un troisième estafier portait avec toute la délicatesse possible un enfant nouveau-né.
—Seigneur Dieu! murmura
qu'est-ce que cela veut dire?
—Barrabas, tiens ta langue et ne gaspille 1e le vin de ton patron! s’écria le nain avec arrogance, mon garçon, ouvre-nous la grande salle et tourne n
talons !
Barrabas lui obéit; on entra dans la grande salle. L'homme au manteau rouge regarda autour de lui
d’un air méfiant.
la — Pourquoi me conduisez-vous ici? demanda-t-il aux itôt exempts qui le tenaient.
: —Ce sont nos ordres.
u il —Eh bien, moi, dit l’homme avec hauteur, ve donne celui de me conduire tout de suite à votre chef. Ils haussèrent les épaules en gens habitués à paind reilles choses et ne répondirent pas.
L'homme au manteau rouge frappa du pied avec im- Re patience.
Les A ce bruit, l'enfant poussa un vagissement plaintif. Le prisonnier tressaillit et jeta un regard plein d'amour nu vers la faible créature que l’homme de police berçait TUE dans ses bras avec une tendre gaucherie.
— Vous êtes père, monsieur? demanda-t-il avec dou- Que leur.
\sSé —Oui, dit l’exempt avec un sourire.
et —Alors, au nom de vos enfants, je vons conjure d’ade voir bien soin de celui-ci. Voulez-vous me permettre de l’embrasser ?
eau Il avait la voix tremblante en demandant cela. le policier, ému, interrogea Goliath du regard, ee secoua la tête.
un —I1 veut l’étrangler, peut-être, se dit-il. els L'homme au mantoan rouge n’incista hé regard, plein de tendresse inquiète, se porta de nouveau
vers l’enfant.
Goliath surprit ce regard.
arte.
tn ACDC À TOME ES EE
— 1 n'a pourtant pas la figure d’un mangeur d’enfants, celui-là!... se dit-il en se grattant la tête, Qui diable peut-il être? Je connaissais Lavenay, je connais Lacy, je connais Maurevailles... Aurait-il fait une nouvelle recrue ?...
l'enfant pleura de nouveau. L'Homme Rouge eut un mouvement instinctif pour s’élancer vers lui: Les deux exempts qui le gardaient laissèrent tomber leurs inains sur ses épaules,
—Oh ! il est inutile de me si bien garder, dit-il avec un sourire triste, je ne songe point à m'enfuir. Seulement, je regrette le temps qu'on perd.
—Chacun à <es petites affaires, dit Goliath avec un sérieux qui contrastait avec son visage, et je crois qu’il s'en fait de grosses ce soir...
L'Homme Rouge le regarda avec surprise et retomba dans son impassibilité,
Le nain <2 remit à songer.
—ÆEn tout cas, se disait-il, celui-là n’a pas été recruté dans les gardes-françaises. J’v connais tout le monde et je n'ai jamais vu sa figure.
Mais pourquoi a-t-il un manteau rouge? Il n’y avait en dehors des trois que je connais que...
—Barrabas! s'interrompit-il en frappant tout à coup du poing sur la table, Barrabas, larron, suppôt d'enfer ! un broc de ton meilleur vin !
Barrabas, de plus en plus étourdi, s'empressa d'obéir.
—Ï1 faut boire, marmottait le nain en vidant son verre. C’est comme cela que je trouve tout, moi, il faut que je trouve qui est cet homme!... Ah! der Teufel! c'est cela qui serait drôle si, cette fois, j'avais mis la main sur la trouvaille des trouvailles! Eh! parbleu oui! [air mystérieux... cette tendresse... le manteau... Barrabas! deux brocs, trois brocs, dix brocs, mon fils!... et dépêchons, nous sommes ici en noble
ot compagnie !... Me ferez-vous l'honneur de boire avec Qui moi, monsieur le marquis ?
das E, En disant cela, Goliath regardait fixement l’homme hé au manteau rouge. Celui-ci tressaillit.
—Est-ce à moi, dit-il, que?... Tu me connais donc ?°
eut —Eh! eh! cela dépend... Il y a marquis et marquis. Tea Je vais vous dire, moi, je suis frane. 11 y a des mar- UTS quis que je déteste; il y en a que j'aime bien, comme par exemple celui dont hôtel est là, tout près de nous, vec et Où il v a même une pauvre marquise qui s'ennuie nle- bien sur son lit d’accouchée...
—Que tu dises vrai ou que tu mentes, peu n'importe ! un je n’ai plus rien à cacher à l’heure qu’il est. Je suis le wil marquis de Vilers!
| Comment cela se fit, nous ne saurions le dire: mais nba au-dessus des brocs passa, comme sil eût été lancé par un invisible tremplin, l’irrespectueux Goliath, qui vint tomber, les jambes et bras ouverts, contre la poitrine uté du marquis, qu'il embrassa dix fois avant que celui-ci nde eût pu s’en défendre, À la fin, Goliath tomba à terre aussi vite qu’il avai! vait sauté au cou du marquis. R — Vive la joie! s'écria-t-il, jai trouvé, j'ai trouvé... oup Décidément j'ai tout trouvé...
er ! Et s’adressant aux exempts:
— Allons, camarades, la besogne est faite. Venez d'o- avee moi. Vous, monsieur le marquis, excusez ma joie ; impertinente; mais quand vous saurez qui je suis... reT- On vous parlera de moi, allez!... Monsieur le marquis, aut reprenez votre cher enfant, que ce grand dadaïs-là porte fel ! cependant comme une mère nourrice. Venez à l’hôtel. s la On nous attend... A l’hôtel!
leu Il gambadait en disant cela. Te marquis étonné, an- mais voyant bien, à la joie du petit bonhomme, qu’il
\ avait affaire à un ami, prit l’enfant dans ses bras, l’a-
brita sous son manteau et se imit en marche avec les exempts.
Mais, à l'hôtel, un triste spectacle les attendait.
La mort de Réjane venait d'y causer une douloureuse stupéfaction. Les domestiques étaient terrifiés par tout ce qui venait de se passer. Ce fut à peine si, malgré la présence de Goliath, on fit attention aux nouveaux arrivants, Mais le nain avait la conscience de Fimportance de sa découverte.
—Où est en ce moment le baron de Chartille ? demanda-t-il en élevant la voix.
Les valets se regardèrent avec embarras.
—Ah çà !est-ce que vous ne m'entendez pas, où bien êtes-vous muets? s’écria Goliath.
— Le baron?... dit avec hésitation un des valets... baron ?... [l est mort !.
—Mort, mon maître! s’écria le naïn.
—Mort, Chartille! répéta Vilers.
—Miséricorde! monsieur le marquis qui reparaît! dit une des suivantes en reconnaissant Vilers.
—Mais comment est-il mort?... Voyons, parlez! parlez! dit le marquis avec impatience.
—Assassiné, dans les jardins!...
L'arrivée du marquis avait porté au comble le désarroi à Phôtel. L'enfant enlevé, le prétendu ravisseur exécuté dans le jardin, après une chasse folle, Réjane mourant près de lui, le baron de Chairtille assassiné, enfin le marquis de Vilers reparaissant avec l'enfant : tout cela faisait perdre la tête aux braves gens, qui se croyaient le jouet d’un cauchemar.
La nouvelle du retour du marquis s se répandit rapidement. Le vieux Joseph arriva, pâle d'émotion.
—Ah! mon bon maître, quelle joie après tant de chagrins!... (Cette pauvre mademoiselle, ce pauvre monsieur le baron!... Mon Dieu! mon Dieu!... T! faut bien que vous reveniez pour nous empêcher de
le
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mourir de désespoir... Venez, venez vite... Ah! que madame va être heureuse !..
Mais, avant d’être époux, Vilers se montra ami fidèle.
—Conduis-moi d’abord, dit-il, auprès du cadavre du baron.
Joseph obéit et le marquis se rendit auprès du corps inanimé de celui qui, en son absence, avait été le vaillant défenseur de sa famille,
Il pla le genou et déposa un baiser sur le front pâle du mort. Puis il se releva,
Si pénible qu'eût été la mort du baron et celle de Réjane, le retour du marquis bien portant et ramenant enfant, dont on avait voulu se faire une arme contre sa femme, avait amoindri cette double douleur. La figure grimaçante de notre ami Goliath pouvait seule se prêter à la reproduction des pensées qui se partageaient son cerveau. Il pleurait d’un oeil et riait d’un autre en disant :
—Ce pauvre baron, qui avait la main si largement ouverte... (C'est égal, j'ai trouvé le marquis, moi! Et cette malheureuse jeune fille, quelle triste fin!... Ah! si j'avais été là! Mais je ne pouvais pas être en double, hélas!.... Moi, je sauvais l'enfant...
La difficulté, avec tout cela, était de prévenir la marquise du retour de son mari... Si on eût écouté le nain et Joseph, on eût fait entrer carrument le baron; ils prétendaient que le bonheur ne pouvait pas faire de mal. Mais Vilers et Tony ne l’entendaient pas ainsi. Ils savaient combien la marquise était impressionnable. Il fallait éviter une émotion qui aurait pu la tuer.
Tony se chargea de la tentative.
Recommandant à tout le monde de se bien garder de parler du marquis, il entra— son dévouement, qui avait fait de lui presque le frède d’Haydée, lui en donnait le droit—dans la chambre de l’accouchée.
La marquise fut heureuse de le voir.
—Je venais, madame, lui dit-il, savoir si le bruit qui s’est fait cette nuit autour de lhôtel ne vous a pas épouvantée,
—Oh! monsieur Tony, vous ne me croiriez pas si je vous disais que je n'ai rien entendu tant j'ai Cormi!...
—Dormi!... est-ce possible ?
— Oui, et j'ai fait un bien beau rêve, Tmaginez-vous, mon bon ami, que je révais qu'Il était là et pour tonjours, cette fois...
Tony tressaillit, Haydée avait done eu un pressentiment ?
Il saisit l'occasion au vol.
—Oh! madame, dit-1l gaiement, ce n’est pas biên: vous voulez rire de moi...
—Rire de vous? et comment ?
—En me contant comme un rêve une réalité. Je sais bien que vous avez vu le marquis: après une si longue absence, il était bien naturel que sa première visite fût pour vous...
—Comment, sa visite? Serait-il donc vrai?.., 1 serait 101 ?...
— Puisque vous l'avez vu!...
—-En rêve seulement, hélas!
—Ne vous moquez donc pas de moi:
—Tonv, je vous jure que c'était un rêve.
—Et moi, je vous jure, madame, que c'était une réalité.
— Oh ! anais, ne dites pas cela! Ne me donnez pas une fausse joie... Tony, la désillusion, après, serait trop douloureuse
—Eh! trompe-t-on une accouchée? Non, madame, je ne vous mens pas. Peut-être, par une étrange erreur de l'imagination, avez-vous pris pour une illusion la plus douce des vérités? Ce serait à donner envie à M. le marquis de retourner où il était...
—Oh! ne dites pas cela.
la
— Alors, ne niez plus!... Vous deviez pourtant être heureuse ?
—Pensez donc! Le revoir, juste au moment où je puis lui montrer mon fils!..,
—Qu'il aime bien déjà...
—Ï1 le connaît done ?
—S"il le connaît? Chaque fois que l'enfant pleure. c'est le marquis qui se lève et qui le berce. .. Comment pouviez-vous dire que c'était en rêve que vous aviez revu votre époux? Il m'a dit lui-même que votre conversation avait duré plus de trois heures...
— C'est vrai... Mon Dieu!.... comment me suis-je trompée ainsi, dit la jeune femme tout à fait convaineue, Mais lui, où est-il en ce moment? Dort-il ?
— Non, je crois l'entendre dans la chambre voisine. …. Il promène sans doute son fils.
— Ah! dites, dites-lui vite de venir m’embrasser encore une fois,
Tony, tout à fait rassuré sur les conséquences de l’entrevue, s'élança pour appeler le marquis. Mais celui-ci —qui, avant suivi toute la conversation, de la pièce voisine, avait rapidement enlevé son manteau, ses grosses bottes et son épée, et jeté son chapeau au loin,— arrivait, vêtu comme on l’est chez soi. Surmontant l’émotion qui lui serrait la gorge, il dit avec une gaieté factice :
— Vous embrasser? Une fois et dix fois, si vous le désirez, madame !
La marquise poussa un cri de joie et lui entoura le cou. de.ses.deux bras.
—Crois-tu, dit-elle en riant, que tout à l'heure encore, j'avais cru que ton retour n’était qu’un rêve? Mais je he m'abuserai plus maintenant! Je suis heureuse, bien heureuse...
— Chère Haydée! disait Vilers, dont les yeux étaient humides d'émotion et de bonheur.
Re
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À bei
—Repose-toi, mon ami. Il est tard. Va auprès de notre enfant... de ton fils... car il est à toi. Tuen feras un beau et loyal soldat comme toi. Il aura Tony pour modèle...
—Je ne saurais en effet lui en offrir un meilleur, dit le marquis en tendant la main au jeune homme, tout rouge et tout confus de cet éloge.
—Maintenant, ami, je t'en prie, va te reposer... Moi, je vais reprendre mes beaux rûves.
Vilers et Tony prirent congé de la marquise. Il n°v avait plus de ce côté-là, aucune imprudence à redouter.
Maïs, au lieu de se reposer, le marquis voulut aller veiller auprès du corps du baron de Chartille, et cela au grand désappointement des gardes-francaises qui avaient espéré savoir comment le marquis, échappé à la mort, était arrivé si justement à temps pour sauver son fils.
mme au cou ce ee mamans
auprès de
l, Fuen ura Tony
meilleur, + homme,
‘poser...
>, Iln’y redouter, ilut aller >, et cela aises qui chappé à ir sauver
AXIX
Cependant on n’en avait pas fini avec les événements de cette terrible nuit. Il fallait maintenant trouver moyen de raconter d’une façon plausible la mort des trois victimes.
Pour le baron de Chartille et pour Réjane, la fable était toute faite: Profitant de l’embarras que causait dans lhôtel l’accouchement de la marquise, des voleurs s’y étaient introduits. Le baron avait couru imprudemment seul après eux et avait été assissiné, Réjane, attirée par le bruit, s'était penchée à sa fenêtre, puis, épouvantée, avait perdu l’équilibre et était tombée dans le jardin.
Cela allait donc très bien. Maïs Lacy ?
Vilers et Tony se concertèrent et, d’un avis commun, se rendirent de grand matin chez M. de Marville, le lieutenant de police.
Celui-ci savait déjà par ses exempts une grande partie des événements de la nuit. Il s'attendait donc à cette visite. Après les ‘premiers compliments, Vilers dut lui expliquer sa réapparition.
C’était, du reste, bien facile,
Prévoyant de nouvelles trahisons de la part des Hommes Rouges, Vilers, profitant de ce qu’on le croyait mort, s’était caché pour mieux les surveiller. Il s'était mis à les suivre pas à pas, revètant cent déguisements pour pouvoir chaque jour les voir sans être reconnu. Tantôt paysan, tantôt soldat, quittant la casaque de
EE
Dar pr
inousquetaire pour revêtir la pelisse du hussard, laissant l'habit galonné pour le sarreau de toile, il ne les avait pas abandonnés un seul jour, Il était là quand le baron de Chartille avait tué Lavenay ; il était à deux pas des exermpts, sur la route de Vincennes, prèt à intervenir, dans le cas d’une attaque de vive force. Il était là quand Maurevailles et Lacy s'étaient ouerellés, et c'é- Lait grâce à des lambeaux de leur conversation saisis de distance em distance, qu'il avait pu arriver à temps pour jouer «t rôle si providentiel.
—Et maintenant, dit-il à M. de Marville, nous avons de nouveau recours à votre aide qui ne nous à jamais fait défaut pour couvrir d’un éternel secret tous les événements de cette affreuse nuit.
—Ma foi, dit le lieutenant de police en réfléchissant, votre histoire, quant au baron et à inademoiselle 16 Jane, me semble admirablement trouvée et je ne vois pas pourquoi, au nombre des victimes assassinées par les bandits inconnus, vous ne joindriez pas M. de Lacy, venu au secours de son ami, le vieux baron.
Ce serait à merveille, objecta le marquis, mais \Maurevailles ?...
—Croyez-wous que ce misérable osera reparaître ?
—Qui sait? Avec son audace habituelle, il est capable d’avoir été déjà trouver le colonel duc de Biron, qui ne sait rien des événements passés, et de lui avoir raconté à sa façon tout ce qui est arrivé...
—Songez que ce sont des gardes-françaises qui ont tué Lacy, leur officier, et que, quoi que nous puissions faire en leur faveur, il y va pour eux du conseil de guerre...
—S’il osait les accuser, s’écria impétueusement Tony, je lui passerais mon épée au travers du corps!...
Et vous subiriez égalemen: !* conseil de guerre, car Maurevailles est capital: , n'êtes que lieutenant, Non, mon cher Tony, ne songeons point aux
laissant les avait le baron pas des tervenir, était là , et c'ésaisis de à temp:
us AVONE à jamais tous les
chissant, liGjane, Vois pas par les de Lacy,
is, MAIS
litre ?
st capae Biron, lui avoir
qui ont puissions nseil de
nt Tony,
guerre, jue lieuoint aux
moyens violents, Nous n'avons plus là pour nous comprendre et nous protéger le bon marquis de Langevin, e Biron eat ‘roc en ce qui concerne Ja hiérarch né Vous Fi anerait pas ce d' ave.
votre supérieur.
Que fai! or «nt ‘Jon avec décourager ï
Attendez do t le heutenant de | qui frap-
pa sur son tiinbre,
La bonne fisure de M. de La Rivière se montra
La Rivière, dit M. de Marville, vous savez de quoi nous nois occupons ?. ;
L'exempt sourit avec satisfaction fit un signe af finmatif.
Eh bien, il faudrait tâcher de savoir où est en @« moment et ce que fait M. de Maure illes,
La Rivière se mit à rire en se frottant les man
Si monseigneur y tient absolument, dit-il, on son possible pour le satisfaire ; amæis ce sera dur, car, &u train dont il va, M. de Maurevailles ne sera pas facile à rejoindre...
Que voulez-vous dire ? s’écrièrent à la fois de lieutenant de police, Vilers et Tony.
Que, vers quatre heures du matin, le chevalier 4 été vu, à cheval, galopant sur la route d'Allemagne, et qu'il y a tout lieu de croire qu'il quitte la France et qu'on ne le reverra plus car, chez Lui, il a fait maison nette avant de s’en aller.
Tout va parfaitement alors, dit M. de Marville, et j'ai, ma foi, bien envie de charger le fugitif de tous les erimes dont il est, en réalité, la cause .. En tous cas, vos soldats n’ont rien à craindre: M: revailles ne le: accusera Pas...
Vilers et Tony remercièrent avec efusion le lieutenant général et se retirèrent pour aller à l’hôtel, où un triste et pieux devoir les réclamait.
Le brave et bon baron de Chartille, en effet, avait fait
à Vilers et à Tony, alors qu’il les croyait morts, un trop beau service, pour qu’ils ne lui rendissent pas le même honneur.
Le corps du baron, placé sur un char funèbre, fut traîné par quatre chevaux jusqu’à Saint-Germain où ses ancêtres étaient enterrés.
[Le même jour, on enleva de l'hôtel le corps de Ré- Jane, qui fut porté à l’église Saint-Louis.
On s’arrangea de façon à ce qu'aucun bruit des cérémonies ne vint troubler la marquise dans sa chambre d’accouchée. Aux questions qu’elle fit au sujet de sa soeur, on répondit que Réjane était fort souffrante et ne pouvait descendre de sa chambre. Vilers, d’ailleurs. était là et son absence avait été assez longue ct assez douloureuse pour que le bonheur de le revoir fit un peu oublier tout le reste à sa femme.
Ce ne fut que lorsqu'il y eut impossibilité absolue d'empêcher la marquise de monter qu’on dut lui avouer la vérité. Ce fut pour elle une révélation bien douloureuse ; mais toute douleur ne s’éteint-elle pas entre un enfant qui grandit et un mari retrouvé ?...
Tonv, qui venait chaque jour à l’hôtel de Vilers, trouva un moyen excellent d’y remplir en partie le vide fait par la mort de Réjane. 11 amena à Mme de Vilers celle qui déjà lui avait prodigué ses consolations en une bien grave circonstance, Bavette, la fille de maman Nicolo.
Pendant ce temps-là, Pivoine, le Normand et La Rose qui d'abord, malgré la protection du marquis de Vilers et de M. de Marville, avaient eu grand’peur que la vérité ne fût connue du due de Biron et qu’on ne leur fit payer cher, à eux pauvres diables, leur expédition nocturne contre Lacy, complètement rassurés maintenant. passaient galement leurs journées, grâce aux libéralités de Tonv, qui ne leur ménageait pas l’or que lui avait laissé le pauvre baron.
S, un trop s le même
nèbre, fut ain où ses
ps de Ré-
; des céréà chambre jet de sa ffrante et d’ailleurs.
e et assez fit un peu
Le absolue lui avouer n doulouentre un
de Vilers, tie le vide de Vilers ns en une e maman
+ La Rose de Vilers que la véie leur fit ition nocantenant.
libéralités lui avait
C'est que Tony était riche, en effet. La Providence, qui n’avait pas donné au marquis de Langevin le temps de laisser sa fortune à son petit-fils, avait réparé l’oubli en inspirant cette pensée au baron de Chartille.
Notre ami Tony possédait bel et bien quatorze beaux millions au soleil, sans compter le château de Saint- Germain. Il ne tenait qu'à lui de devenir un personnage ; il eût pu vivre en grand seigneur, quitter le service, s’anoblir en achetant “une savonnette à vilain” comme on disait alors. Mais il se souciait bien de tout cela! Non! Le régiment, e’était sa famille; il ne voulait d'autre nom, d’autres titres que ceux qu’il avait conquis: il n’était ni marquis, ni comte, il était “le lieutenant Tony” et cela lui suffisait. Deux choses seulement troublaient sa tranquillité.
D'abord le souvenir de Maurevailles, auquel il avait voué une haine sans borne. Quand ce nom, par hasard, était prononcé à l'hôtel de Vilers, le marquis et Tonx mettaient tous deux à la fois la main sur la garde de leur épée.
—Ce misérable, s'écriait Vilers, nous a volé sa mort. Ah! qu’il revienne, je n’ai plus que lui pour adversaire, et le ciel est de mon côté.
Non pas, disait Tony, vous n'avez pas le droit de le tuer. Il m’appartient. J’ai à venger la mort du baron de Chartille...
Un autre souvenir aussi tenait au coeur de Tony, mais celui-là, il le gardait pour lui: c'était celui de Bavette.
Il revoyait souvent la jeune fille à l'hôtel de Vilers et son amour se ravivait de plus en plus.
Seulement, depuis la facon dont Tony avait baissé les yeux devant elle en entrant chez maman Nicolo, le jour de sa réapparition, la jeune fille avait un serpent dans le coeur. et de son côté Tony, honteux de ce qu’il
avait fait, n'osait plus reprendre les douces causeries d'autrefois.
I] Jui fallait cependant ou renoncer e courage—ou en finir avec à maman Nicolo. (C'est ce
à elle—et il n’en avait pas | cette situation en la demandant en mariage qu'il n’hésita pas à faire.
Maman Nicolo bondit de de Vilers vers Bavette qui. digne €
__Monsieur Tony, dit-elle, vous Savez ] n'avez plus le droit de m’aimer!
Pour tous. ces paroles se rapportaient à la différence de position qu'il y avait entre Tony, officier et riche, et la fille d’une vivandière. Mais notre héros seul en comprit le véritable sens, car il mit la main sur son coeur en murmurant :
__(C'est vrai... elle a raison !...
Il venait de penser à la pauvre Toinon. € chèvera cette histoire, de même qu’elle y à com
&i depuis longtemps nous ne parlions plus de man:e Moinon, c’est qu’on ne la voyait plus guère. La pauvre délaissée se cachait en effet, et elle avait pour cela de
joie, mais l’envoya à l'hôtel t fière:
jen que Vous
hez qui s’amencé.
bonnes raisons.
Tony, repoussé Si
qu'il avait une consolatr
trouvée, une amie qui saur
dignement par Bavette. se souvint ice toute naturelle et toute
ait mettre le meilleur baume
dans son coeur.
[1 courut rue des Jeux-Neufs.
Nous devons avouer que Sà vie avait été fort remplie dans ces dernières semaines, il y avai longtemps qu’il m'avait fait de visite à son ancienne protectrice. Mais jl la savait si bonne qu'il ne doutait pas d'obtenir son pardon, surtout en lui racontant tout.
Il accourut done vite à la maison où son enfance.
[1 fut bien surpris, en tournan voir toutes les fenêtres fermées.
il avait passé
£ le coin de la rue, de
put-il s'empêcher de penser en retrouvant un sourire.
lies Et Goliath ?
Attablé chaque jour, soit en françaises, soit au cabaret de maman Nicolo, pour qui il a toujours conservé un faible, le petit homme, la
bourse gonflée, paye à boire, non seulement à ses amis,
Pivoine, La Rose et le Normand, mais encore à tous les autres gardes qui veulent bien l’honorer de leur amitié, et nous devons dire qu'ils sont nombreux.
Toutefois, le plus assidu de ses commensaux est sans 4 rence contredit le sergent Pivoine, qui s’est épris d’une véri- 3 che, {able amitié pour le nabot. auquel il à persuadé d’ap-
prendre l'escrime, dans l'espérance que “cela le fera
à la cantine des gardes-
œrandir”.
Après chaque séance, teille, et Goliath dit à Pivoine : | __Buvons... Le vin éelaircit les idées. C’est par le ê vin que j'ai tout trouvé... Si le Maurevailles n’ose pas manie revenir en France, c’est parce qu’il me connaît trop Auvre bien. En buvant toujours, je trouverai un de ces soirs... marier au plus tôt notre brave officier avec dont le vin est Si bon.
e de sa voix étranglée.
ils vident bouteille sur bou-
en: 6,
D Er TO St ot
ela de le moyen de
la fille de maman Nicolo,
ouvint __Amen. répond Pivoin toute baume
FIN remplie 2 mana ps qu'il Mais nir son
it passé
rue, de