‹ Le serment du Jeu de paume: fac-similé du texte et des signatures d'après le procès-verbalChapitre 10 sur 76 · Arch. nat. B · texte numérisé non relu

Arch. nat. B

INTRODUCTION xiii

LE PROCÈS-VERBAL IMPRINlâ. — FAUTES o'iMPRESSIOrf . — NOMS DÔDOUBLés. — NOMS INVENTÉS. — LE SIEUR DAVAL. — SIGNATAIRES OMIS. — LA TABLE DU PROCÈS-VERBAL. — SES OMISSIONS ET SES ERREURS. — PRÉTENDUS MEM- BRES DB LA CHAMBRE DE LA NOBLESSE SIGNATAIRES DU SERMENT : DE GAYON, DE LANNOY.

Telle est la double base sur laquelle on doit s'appuyer. Les reproductions qui ont été faites de ces deux listes ont emprunté tantôt à l'une, tantôt à l'autre leurs renseignements. Nous les suivrons dans l'ordre chronologique de leur publication.

Le premier ouvrage que Ton rencontre est naturellement le procès-verbal imprimé par Baudouin*, qui devait être nommé, le 24 juin 1789, imprimeur de l'Assemblée, et qui, au titre de suppléant du tiers état de Paris-ville, a signé le serment (n** 572). L'Assemblée n'adopta que le 29 juillet le règlement à son usage, dont les chapitres 7 et 8 concernaientla distribution du procès-verbal, les Archives et le Secrétariat. Le règlement provisoire, décidé en principe le 6 juin, ne touchait qu'à la formation des bureaux; il est donc impossible de déterminer, en la circonstance, sur quel texte fut établie la copie fournie à l'imprimeur: Notons d'abord que le texte imprimé de Baudouin contient de nombreuses coquilles qui rendent certains noms méconnaissables : MoUien y devient Molilen; Gossuin, Gossning \ Lachèse, Sachère; Remond, Reiscend etc., etc. Une autre série d'erreurs fait d'un seul signataire deux psrsonna^es distincts; Brillât -Savarin devient Brillât, Savarin; Audier- Massillon, Audier^ Massillon; Basquiat de Mugriet, Basquiat, de Mugriet; Vyau de Baudreuille, Vyau, de Bauireuille, etc., etc. Le nom de Leclercq de Lannoy (n* 426) est séparé en deux parties par d'autres noms intercalés.

A la fin de cette liste se trouve l'origine d'une des plus singuliè-

I. Procès-verbal de T Assemblée des communes et de V Assemblée nationale imprimé par son ordre. Paris, Baudouin, s. d., 782 numéros en 75 vol. in-8». (Bibl. nat., \J ^7 ho). Voir aussi : Procès-verbal des séances de V Assemblée nationale de France tenue en Vannée lyS^ et suivantes, précédé du récit des séances des députés des communes^ depuis le 5 mai jusqu'au 12 juin suivant. T. !•», Paris, Imp. nat., 1791, in-4». (Bibl. nat., L» 27/12.)

XIV INTRODUCTION

res méprises qui soient. Le procès-verbal imprimé porte comme signataire du serment au titre de suppléant : De V Arnaud, Daval Franche-'Comté. C'est, à la virgule près, le texte même du double de la Chambre des députés, et, si Ton s'en rapportait à ce détail, on pourrait croire que ce texte a été utilisé par Baudouin. Le texte Camus (n* 574) porte plus clairement : Pourtier de Larnaud * du h alliage d'Aval. Les bailliages de Vesoul et de Lons-le-Saunier se distinguaient ainsi en Franche-Comté, sous les noms de bailliage d'amont et de bailliage d'aval. Nous retrouverons dans des publications récentes le sieur Daval, député suppléant.

Le procès-verbal imprimé de Baudouin a omis plusieurs noms de signataires que l'on peut voir aux planches que nous publions sous les numéros suivants : Girod (n* 211)', Laslier (n* 267) ', Cocherel (n« 541), Loys (n* 554), Lucy (n* 556), Laurendeau (n* 578), Ramard (n* 618), Busche (n® 62 1), Auvynet (n® 637), Faulcon(n*638). Davy des Piltières, qui a signé le double de la Chambre des députés, est omis dans la liste Baudouin, qui a compris Vîmal Flouvat et Louis Lejeans, signataires de cette seule minute. L'imprimeur enfin, n'ayant suivi strictement ni l'ordre du texte Camus, ni celui du double, on ne peut chercher dans ce détail la preuve qu'il aurait utilisé l'un ou l'autre de ces documents.

La table du procès-verbal de la Constituante n'a été publiée que de longues années plus tard. Il y eut deux éditions de cet ouvrage, différentes par le format, mais identiques comme composition typographique, Tune ayant deux colonnes et Tautre quatre ; ce que nous dirons de la première s'appliquera donc à la seconde*. Cette table,

1. Larnaud, actuellement du canton de Bletterans (Jura), faisait en 1789 partie du bailliage de Lons-le-Saunier. La copie du procès-verbal dans la collection Camus, porte, par erreur, que ce suppléant demeurait à Lombè\e, Il faut lire : Lons-U-Saunier,

2. Camus a joint lui-même plusieurs notes manuscrites à l'exemplaire des Archives nationales, ce qui semblerait indiquer qu'il attachait un prix tout particulier à cet exemplaire. Au nombre de ces notes, on trouve la suivante : « M. Camus est prié de faire réparer l'omission qui a été faite d'une signature dans la liste des députés qui ont signé le serment du Jeu de Paume, et qui se trouve dans la seconde colonne de l'édition in-4<> du procès- verbal, p. 40. Après la dixième signature où il doit y avoir celle de deux Girod au lieu d'une et qui sont deux députés du bailliage de Gex. Girod, député à TAssemblée^nationale. >» Les signatures des deux Girod se trouvent dans nos planches n*« 208 et 211.

3. On remarque que Lelay (n« 608) qui, sur les deux minutes, a signé le 22 juin, figure au procès-verbal imprimé de Baudouin avec les députés de Moulins ; peut-être a-t-on voulu imprimer Laslier qui, comme député de [Montfort- TAmaury, a signé très près des députés de ce bailliage.

4. Table des matières des noms de lieux et des noms de personnes contenus

INTRODUCTION xv

résumant les actes de chaque député, porte aussi la mention du serment du Jeu de Paume. On devrait en conclure, par conséquent» que les noms qui ne sont pas suivis de cette mention sont ceux de députés n'ayant pas signé le sêrment.Ce serait une erreur. Il n'y a pas moins, en efifet, de on^e constituants qui, d'après les planches que nous publions, ont signé le serment, et qui, d'après la Tablây ne l'auraient pas signé. Voici leurs noms: Anthoine (n° 382), Charrier (n* 260), Cocherel (n® 541), Devillâs (n® 598), Fournierde la Charmie (n® 549), Lachèse (n* 486), Laslier (n* 267), Denis Lefort (n*»37i)^ Lesterpt de Beauvais (n*66), Pèlerin de la Buxiêre (n° 302), Ricard

Deux députés suppléants, admis ultérieurement à TAssemblée, sont omis au même titre: Leclerc, suppléant d'Angers (n° 570) et Le Deist de Botidoux (n** 672).

Les rédacteurs de cette * Table ont commis d'autre part une erreur assez singulière en rapportant comme signataires du serment deux députés delà noblesse: le marquis de Gayon (Béziers) et le comte de Lannoy (Lille). Pour le premier, c'est vraisemblablement le nom de Gagon, député de Dinan, qui a été inexactement lu; pour le second, c'est, de toute évidence, la fragmentation du nom de Leclercq..... Delannoy qui a fait tout le mal. Aucun membre de la Chambre de la noblesse n'adhéra au serment, ni le 20 juin, ni le 22^, Les deux premiers membres de cet ordre qui se réunirent à l'Assemblée nationale furent le comte d'Agoult et le marquis de Blacons, l'un et l'autre députés du Dauphiné. Ils vinrent à l'Assemblée le 22 juin, au cours de la séance tenue à Saint-Louis, et, s'il avaient sollicité la faveur de signer le serment, comme l'avaient fait dans cette journée même plusieurs députés de Tordre du clergé qui ne s'étaient pas antérieurement réunis aux communes, leur demande n'eût pas manqué d'être agréée. Il n'en fut pas question.

dans les procès-verbaux des séances de VAssembUe constituante depuis Je 5 mai iy8ç jusqu'au 30 septembre lyçi inclusivement, Paris, imprimerie nationale (Bibl. nat., L« 27/14, 1807, in-folio; iV., A. an XIV, 5 vol. in-8«).

I. La Biographie Michaud rapporte dans la notice consacrée à Mathieu de Montmorency qu'il avait « lui cinquième, prdtè le serment du jeu de paume » ; la même affirmation erronée se retrouve dans V Histoire de France depuis la fin du règne de Louis XVI jusqu'en iSap, de Tabbé de Montgaillard, (t. II, p. 39, éd. de 1827, in-8" et table du t. IX). L'origine de cette singulière assertion ne nous est pas connu. Les historiens ont souvent confondu (nous donnerons plus loin divers exemples de ce fait) les membres de la chambre de la noblesse et les nobles députés du tiers état.

XX INTRODUCTION

LA NOTICE HISTORIQUE SUR LA SALLE DU JEU DE PAUME DE M. VATEL. — LES HUIT NOMS OMIS. — LAURENT, CURÉ D*HUILLAUX. — LECLERCQ DE LANNOY.

— UN nTRE DE SEIGNEURIE. — CRÉPY-EN-VEXIN. — HUOT DE CONCOURT.

— COLLOMBEL.

Nous avons signalé dans une précédente publication * les fâcheuses inexactitudes que Ton peut remarquer dans la liste des signataires du serment qui décore — si l'on peut s'exprimer ainsi — les murs du Jeu de Paume ; nous voudrions d'autant plus éviter d'y revenir que l'administration des Musées nationaux a décidé en principe un complet remaniement des restaurations fkites de 1880 à 1882 et que, tenant compte de nos observations, elle a fait disparaître déjà deux bustes érigés à de faux signataires du serment. Mais il est un ouvrage, publié à l'époque même de cette restauration, qui est un reflet exact de ces listes. C'est la Notice historique de M. Vatel*. Quand les inexactitudes incroyables que l'on peut lire sur les murs du « temple à jamais fameux » auront disparu, ce petit livre demeurera. La situation de son auteur, qui fut pendant plusieurs années conservateur du monument, le fera toujours considérer comme une œuvre au-dessus de tout soupçon. Nous devons donc nous y arrêter et l'étudier, particulièrement dans sa dernière partie, consacrée à Ténumération des signataires du serment, la première partie ne se rattachant qu'indirectement à notre sujet.

L'auteur nous donne dans les lignes suivantes (p. 90) à la fois l'histoire de son livre et celle de la restauration de la salle : « Nous ajoutons, dit-il, sous forme d'épilogue la liste nominale des députés qui furent présents à la séance du Jeu de Paume '. C'est une pièce capitale qui, à notre connaissance, n'a jamais été publiée exactement. Nous la donnons d'après le procès-verbal conservé en double

1. Le Serment du Jeu de Paume et ses signataires {La Révolution française des 14 mai et 14 juin 1791).

2. Notice historique sur la salle du Jeu de Paume ^ par A.-Ch. Vatel, Versailles, 1883, in-8o.

3. Ces mots sembleraient indiquer que Fauteur ne s'est occupé que des signataires du 20 juin; on trouve cependant, quelques pages plus loin, les noms des signataires du 23 juin.

INTRODUCTION xvii

vaste entreprise que nous n'y reviendrions pas, si notre sujet même ne nous y obligeait. Dans le tome VIII de la première série, on t rouve deux listes de signataires : la première est au début du volume (p. 138-141), nous ne nous en occuperons pas; la seconde ( p. 659- 660) porte ce titre : « Liste des signataires du Serment du Jeu de Paume par ordre d'inscription, copiée sur la minute des Archives de l'Assemblée nationale », et en note m Erratum des p. 1^8-141 ». Rarement erratum aura vraisemblablement contenu tant d'erreurs. Un grand nombre de noms y sont méconnaissables. Germiot y devient Termiot; Soustelle, Pustelle; Monssinat, Monbinat; Millet de la Mambre, Millet de Saint Amamhre; Girod, Girard; Riche, Ruhe; Dourthe, Dhouilles; Remond, Reiscend; Lescurier, Laurent; etc., etc. Lucas de Bourgerel, député de Vannes, y est qualifié: député de Saint-Domingue. Plusieurs noms y sont dédoublés, et cette multiplication de signatures y rend toute comparaison impossible. Ainsi les noms de Bouteville Dumetz, Leclercq de Lannoy, Mauriet de Flory, Ramel Nogaret, Delacour d'AmbézieUx, représentent sur cet erratum dix députés au lieu de cinq. Bien que cette version nous soit donnée comme ayant été copiée sur le double de la Chambre des députés, deux sig^natures, dont nous avons constaté la présence sur ce document, y sont omises: celles de Vîmal Flouvat (près d*Andrieu, n» 508) et celle d'Hauducœur {n? 465) qui a signé les deux minutes au même endroit.

Si Ton rapproche enfin les noms de cette liste-erratum de la totalité des signatures prouvées par notre fac-similé, on voit qu'il n'y manque pas moins de treize noms, ceux des députés suivants: Hauducœur, Vimal Flouvat, Blanc, Lasalle, Loys, Lucy, Laurendeau, Ramard, Busche, Milhet de Belisle, Renaud, Nicodéme et Vernin. Le plus singulier détail en cette afiaire est celui-ci: une note jointe à l'erratum (p. 659) se rapporte à un nom orthographié ainsi: [Vlery], et est ainsi conçue: « Ce nom est très lisiblement écrit, mais Vlery ne se trouve sur aucune liste de députés. Les noms que Von retrouvera plus loin entourés de deux crochets sont dans le même cas. » Sept noms suivent en effet, entourés de crochets, et, si Ton s'en rapportait à l'éditeur, ce seraient évidemment ceux de personnages étrangers à l'Assemblée. Une étude un peu attentive des textes eût permis cependant de constater que, pour identifier sûrement ces noms (comme on peut le faire en se rapportant aux numéros et planches que nous indiquons), il eût suffi de lire au lieu de: {Vlery'] Ulry, n* 68; [Malief] Mortier, n^ iio; {Pinon de Mar belle] Simon de Maibelle, n* 188; [Lascier] Laslier, n* 267;

XX INTRODUCTION

LA NOTICE HISTORIQUE SUR LA SALLE DU JEU DE PAUME DE M. VATEL. — LES HUIT NOMS OMIS. — LAURENT, CURÉ D*HUILLAUX. — LECLERCQ DE LANNOY.

— UN nTRE DE SEIGNEURIE. — CRÉPY-EN-VEXIN. — HUOT DE CONCOURT.

— COLLOMBEL.

Nous avons signalé dans une précédente publication * les fâcheuses inexactitudes que Ton peut remarquer dans la liste des .signataires du serment qui décore — si Ton peut s'exprimer ainsi — les murs du Jeu de Paume ; nous voudrions d*autant plus éviter d'y revenir que l'administration des Musées nationaux a décidé en principe un complet remaniement des restaurations faites de 1880 à 1882 et que, tenant compte de nos observations, elle a fait disparaître déjà deux bustes érigés à de faux signataires du serment. Mais il est un ouvrage, publié à l'époque même de cette restauration, qui est un reflet exact de ces listes. C'est la Notice historique de M. Vatel*. Quand les inexactitudes incroyables que Ton peut lire sur les murs du « temple à jamais fameux » auront disparu, ce petit livre demeurera. La situation de son auteur, qui fut pendant plusieurs années conservateur du monument, le fera toujours considérer comme une œuvre au-dessus de tout soupçon. Nous devons donc nous y arrêter et Tétudier, particulièrement dans sa dernière partie, consacrée à Ténumération des sig^nataires du serment, la première partie ne se ratta* chant qu'indirectement à notre sujet.

L'auteur nous donne dans les lignes suivantes (p. 90) à la fois rhîstoire de son livre et celle de la restauration de la salle : c Nous ajoutons, dit-il, sous forme d'épilogue la liste nominale des députés qui furent présents à la séance du Jeu de Paume '. C'est une pièce capitale qui, à notre connaissance, n'a jamais été publiée exacte* ment. Nous la donnons d'après le procès-verbal conservé en double

1. Là Serment du Jeu de Paume et ses signataires [La Révolution française des 14 mai et 14 juin 1791).

2. Notice historique sur la salle du Jeu de Paume^ par A.-Ch. Vatel, Versailles, 1883, in-8*.

3. Ces mots sembleraient indiquer que Fauteur ne s^est occupé que des signataires du 20 juin; on trouve cependant, quelques pages plus loin, les noms des signataires du 23 juin.

INTRODUCTION

K^^^à vrai dire, n'a pas trouvé à ce personnage imaginaire une circons- I cription électorale, mais de plus habiles viendront, qui achèveront

I son œuvre, et le député non jugé aura quelque jour son dossier

I complet.

1* bailliage de Gex nomma aux États généraux deux homonymes que l'on désigna plus tard sous les noms de Girod de Chevry et de Gîrod de Thoiry. Ils ont signé le serment sans aucune qualification ', Dans l'erratum du tome VIII,le second Girod est devenu Girard; mais quel était ce Girard ? Un doute subsistait \ on pouvait, comme nous l'avions fait, mettre l'erreur au compte de l'imprimeur. Mais la Table précise, et l'on peut lire (t, XXXIII, p, 395); Girard, député du clergé du bailliage de Montargis, doyen-curé de Lorris.en Gâtinois, signe le serment du feu de Paume. Comme on pe'ut le constater par nos tables, aucun député du nom de Girard ne signa le serment, mais le curé de Lorrîs devait être d'autant moins aisément désigné comme signataire du serment que, non seulement il ne s'était pas réuni aux communes avant le 20 juin, mais qu'il fut même de la minorité du clergé qui, le 19 juin, vota contre la vérification en commun. Ainsi la première liste du tome VIII a, avec Baudouin, omis l'un des deux Girod, l'erratum a donné par erreur Girard, et le député de Gex devient, au tome XXXIII, le curé de Lorris, en Gitinois. La complication de ces multiples méprises peut excuser, pensons-nous, la complication même de nos détails.

Rien ne montrera mieux, d'ailleurs, le défaut d'une pareille méthode que l'exemple incroyable qui suit: La première liste du tome VIII reproduit l'erreur de Baudouin qui, nous l'avons dit, donne un nom de bailliage pour celui d'un député ; la faute avait été rectifiée à l'erratum, mais les rédacteurs de la Table générale n'en ont pas tenu compte, et on peut lire (tome XXXIII, p. 285) ces mots en grandes capitales : Daval, député suppléant de la Franche-Comté, signe le serment du Jeu de Paume. A propos du procès-verbal imprimé, nous avons conté cette histoire, qui est un peu celle du Pirée pris pour un homme.

I. N"* 208 et an. Voir plus haut (p. xiv), la notre relative à l'un d'eux.

XXII INTRODUCTION

Moulins. C'est efiFectivetnent le seul député de ce nom qui ait siégé à l'Assemblée nationale. Mais Laurent, nous l'avons déjà dit, n'a pas signé le serment: nos tables le constatent. L'inventeur de cette signature est l'éditeur anonyme d'une Explication des figures du dessin de David, parue à une date inconnue. Le nom qui a été pris, si à la légère, pour celui du curé Laurent est celui de Lescurier (n® 505) qiii, d'autre part, a été omis.

L'histoire d'une autre signature inventée est plus curieuse encore. On lit au Jeu de Paume entre les noms de députés du Vermandois et de Villefranche- de -Beaujolais ce nom: Delaunay, M. Vatel, habejniis confitentem renm, nous apprend que c'est Jean- Marie Delaunay, chanoine prémontré, recteur de Plouagat et député du diocèse de Tréguier. Or, ce nom de Delaunay ne cache pas seulement une confusion entre deux députés; il est le résultat d*une complète méprise. Nous avons déjà vu un bailliage de Franche- Comté classé comme un représentant du tiers ; ici c'est une qualification de seigneurie que l'on a prise pour un chanoine. Jean- Antoine Leclercq, «propriétaire de la seigneurie de Lannoy, et y demeurant » — c'est ainsi que le qualifie le procès-verbal de son élection — était député du Vermandois. Il signa le 20 juin (voir planche VII, n** 426) et à son nom de Leclercq ajouta plus bas, sans qu'il y ait interruption dans les lignes^ cette distinction : de Lannoy. C'est ce qualificatif tiré d'un fief qui, fatal au commentateur, est devenu, à la table du procès-verbal de la Constituante, le comte de Lannoy, député de la noblesse de Lille; deins la, notice de M. Vatel, Delaunay, chanoine prémontré, et enfin sur les murs du Jeu de Paume, Delaunay tout court.

La méthode qui consiste à dire : « On trouve sur ces deux listes quelques noms en plus et d'autres en moins, » ne va pas, comme on peut le voir, sans inconvénients graves.

La liste murale du Jeu de* Paume ne contient que les noms seuls des députés, sans désignation de bailliages, et l'on peut, sans doute, attribuer à cette omission, certaines inexactitudes. Les similitudes de noms étant nombreuses à la Constituante, le bailliage les détermine. Si, comme on peut l'espérer, cette modification suit la réforme projetée, il y aura lieu cependant de ne pas prendre à la lettre les indications fournies par M. Vatel. Plusieurs des attributions qu'il

bonnais par les bailliages de Charolles et de Mâcon. Heuillaux (ou Huillaux de la carte dVtat-major) est un hameau du département de TAllier, sis entre Le Donjon et Lenax.

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r-"ôv::r pas de représeniant aux Etats généraux, en raison de la preponitTince n-iaérique des voix des autres bailliaire-i du Rarrois î--x:uel5 elle «e trouvait réunie pour la réduction dernière. Dos

:. l.; t.'.a. ce:-.e é?v:-ï des réclaaatfoBs fa::es. jur.e part, r-ir Ses deux Barrois =: .rait etsoi-so-rasî . de lautre par le Bassi^nv di: l^ar^v-:s. pour > distiir-tr ds BassigaT ea Cbaapajae. doat la cap::ale ctait L.incros et les r::es pr.a::paleî Cbaimoat. Anielot. Chàteauvillain. Bo.:rb.^nr.o-:e*-nain#. Noçea-.-le-Ro:. Moatigav-le-Roi. etc. Cène dualité a fait confondre CiUi^îq-ef^^i* 1» Biis:5aT-Ba.To;s avec le Barrois mouvant, et nous-iaéme nous avons reprod-.: crtte erreur daas un premier travail publie sur le serment R,~c:u:icn ".:«- ;j:uii .4 mai in:, p. 403 . Des deux bailliages qui formaient le lîassignv-H.ur>;s, 1 an U Marcne ressjrtissait ni:ement au Parlement de Paris et était d.; Ba.-To;5 mo-vaat ; l a-tre .Bounnoat ressortissant à la Cour s..uver.iine de Nancy, était du Barrois non-moinra«. Il y a lieu d'observer que IJour.uor.t for-

Marche «ait compose de dix enclaves séparées complètement les unes des autres, et qui aluieat de Gondrecourt i Conllans. prés de Vesoul

l'un de. uofsTal^iîtoK lî Zr li^^"""* constiiution. form...: parVeaetdelacoâiioadM^«» *^ - *" *** *^''P"'^« *"* E''"* jT'^ner.iux de se rendre i Bar. . 'PrrtrS?^'''".'* .•**"* '^'"''» * Saint-Mihiel avant

rweatu,,, etc. Arch. nat.BIII, 21, p. (,30.

XXIV INTRODUCTION

démêlés relatifs à des revendications locales semblent avoir désuni tout d'abord La Marche et Bourmont \ et c*est Bourmont qui, de fait, parait avoir mené toute l'affaire. Lorsque ce dernier bailliage eut nommé ses députés (qui eussent été définitifs en pays d'élections, mais qui n'étaient en somme que des députés électeurs) il procéda, en assembléegénérale des trois <7rJr^5, à l'élection d'un député spécial pour le Bassigny-Barrois. « Et à l'instant, lit-on au procès- verbal du 21 mars 1789, au désir de l'arrêt inséré dans les doléances du tiers état de ce bailliage, il a été décidé que le bailliage nommera un député qui, dans le cas où, contre toute attente, aucun député du tiers état dudit bailliage ne serait admis aux États généraux, sera député près les États généraux, lequel député n'exigerait d'autres rétributions, indemnités ou récompenses que l'avantage de

mériter la confiance de ses concitoyens » « ce qui lui servirait

néanmoins de titre et brevet d'honneur et de mérite pour cause de

services rendus à son propre pays » « Il a été procédé par-devant

nous, bailli, à ladite élection et tous les suffrages de V Assemblée générale * s'étant réunis par acclamation sur Antoine Huot de Goncourt, il a accepté avec reconnaissance la mission qui lui a été déférée '. » C'est donc avec un mandat très précis et absolument distinct de celui qu'il avait reçu à Bar-le-Duc que Huot de Goncourt vint à Versailles, qu*il signa le serment du Jeu de Paume et qu'il poursuivit des revendications qui eurent un plein succès *.

Un dernier nom, enfin, de la liste de M. Vatel, retient notre attention, celui de CoUombel (n® 559). Le procès-verbal imprimé de Baudouin, la table du procès-verbal en ses deux éditions, les Archives parlementaires qui le qualifient de député suppléant

1. « laissons la ville de Bourmont se complaire en son erreur du haut de son stérile rocher ; laissons-la croire qu'elle a enfanté une fille qui vivait depuis trois siècles et demi. » (Procès-verbal de T Assemblée de la ville de La Marche du 4 janvier]i789. Arch.nat. B. III, 22, p. 279.)

2. La table générale des Archives parlementaires (t. XXXIII, p. 414) qualifie Huot de Goncourt de « député du tiers état du bailliage de Bassigny-Barrois ». Comme nous^venons de le voir, Huot de Goncourt fut élu, non par un ordre particulier, mais par rassemblée des trois ordres ; il ne peut donc pas être qualifié de député du tiers. Le mot bailliage de Bassigny-Barrois n'a pas de sens. Il n'y avait pas en 1789 de bailliage de ce nom. — La même table dans le même volume donne exactement d'ailleurs les titres de ce député sous cette forme : « Huot de Goncourt, député par les trois ordres de Bassigny-Barrois. » (P. 715.)

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