‹ Le serment du Jeu de paume: fac-similé du texte et des signatures d'après le procès-verbalChapitre 11 sur 76 · Arch.'nat. Bill, 21, p · texte numérisé non relu

Arch.'nat. Bill, 21, p

4. Huot de Goncourt fut admis à l'Assemblée nationale par décision du 24 août 1789. Voir à ce sujet : « Très humbles et très respectueuses remontrances présentées au roi et à nos seigneurs des États généraux par les trois ordres du Bassigny-Barrois. » {Arch,parl,, t. II, p. 196-198.)

INTRODUCTION xxv

(sans désignation de bailliage ^), tous les documents publiés reproduisent ce nom sans aucune explication. M. Vatel lui-même se déclare incompétent, et, dans la colonne des ressorts, une ligne de points indique qu'il a vainement cherché le bailliage de CoUombel. Nous avons le premier, pensons-nous, identifié le persoiinage. Pierre Collombel était un compatriote de Huot de Goncourt. Élu député par le bailliage de Pont-à-Mousson où il était, dit le procès- verbal, « négociant-magasinier », il ne fut pas compris dans la réduction définitive des députés, mais il ne fut, ni suppléant, comme Huot de Goncourt, ni porteur, comme ce dernier, de pouvoirs spéciaux et déterminés. Les intérêts du bailliage de Pont-à-Mousson étaient, au point de vue local, en opposition avec ceux du Bassigny-Barrois ; il ne pouvait être venu à Versailles pour soutenir les droits de sa province. On ne trouve d'ailleurs aux Archives aucune trace d'une réclamation quelconque en ce sens. Il avait, en tout état de choses, épuisé tous ses droits dans l'Assemblée dite de réunion (ou d'arrondissement) de Bar, et n'étant ni député titulaire, ni suppléant, ni non-jugé, il n'avait d'autre qualité pour signer le serment que celle qui aurait pu être revendiquée par tous les citoyens électeurs du Barrois. Sa signature au procès-verbal d*un acte par lequel les membres de l'Assemblée nationale s'engageaient à ne pas se séparer avant d'avoir donné une Constitution à la France est donc, en fait, absolument inexplicable. Une adresse lignée le 5 avril 1789 par les habitants de Pont-à-Mousson* nous apprend que les députés élus '< ont reçu l'applaudissement de la province », et que les signataires . se sont rendus chez Collombel pour le « prier de continuer à donner des preuves de son zèle et de son patriotisme ». Cette démarche semble avoir été faite pour consoler Collombel de son échec. En septembre 1792 il fut élu, parle département de la Meurthe, député suppléant à la Convention. Appelé à siéger en remplacement de Salle, mis en arrestation, il devint membre du Comité de sûreté générale, et c'est précisément sa signature, toujours ornée d'un savant paraphe, qui, retrouvée dans les papiers de ce Comité ' et rapprochée de celle du Jeu de Paume, nous a permis de constater d'une manière certaine l'identité du personnage.

1. T. XXXIII, p. 235. Cet ouvrage désigne pour tous les autres députés le bailliage qu'ils représentaient.

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