Arch. nat., C
2. Arch. nat. B'", 134. Le lieutenant général du bailliage de Bouzonville, Couturier (Pierre), qui devait être quelques années plus tard, législateur, conventionnel, membre des Cinq-Cents, fit en juillet les instances les plus vives auprès du garde des sceaux pour qu'une assemblée fût convoquée ; élu député par Bouzonville, mais non compris dans la réduction dernière de Sarreguemines, il espérait évidemment qu'un nouveau scrutin serait plus favorable à ses désirs. Le garde des sceaux lui répond enfin : « Je ne vois pas par quel motif vous montrez tant d'empressement à faire remplacer le sieur Mayer, qui a eu le malheur d'éprouver un dérangement dans sa santé » (Bill, 134).
3. C'est à tort que le Dictionnaire des parlementaires de Robert rapporte que Mayer prit la parole le 7 mai 1791, pour lire un rapport au nom du Comité d'agriculture ; l'auteur indique dans la même notice que ce député avait à cette date donné sa démission depuis seize mois.
INTRODUCTION xxxv
nombre» s'étaient présentés le 8 juin à la Chambre des communes, remettant une requête cachetée, et réclamant, dès ce moment, leur admission provisoire. Nous remarquons à la séance du 20 juin deux nouveaux venus : Larchevesque-Thibaud (n" 544) et de Thebaudières (n* 545). En retour, le chevalier de Dougé et le comte de Magallon ne paraissent pas au Jeu de Paume; ce dernier seul adhéra au serment le 22 juin (n* 597). Le 13 juin, lors de la remise des pouvoirs, les députés de Saint-Domingue comptent un membre de plus que le 8 juin : René-Armand Levasseur de Villeblanche, major des vaisseaux du roi, qui habitait alors à Versailles, rue et hôtel de la Surintendance. Il refusa vraisemblablement d'adhérer au serment, et ne parut à TAssemblée nationale, en remplacement de Thebaudières, que le 15 mai 1790. L'Assemblée nationale réduisit définitivement, le 4 juillet 1789, la députation de cette colonie à six députés titulaires et six suppléants. Deux signataires du serment ne furent pas conservés comme députés titulaires : Bodkin-Fitz Gérald (n* 542) et de Rouvray (n" 540). Larchevesque- Thibaud ne demeura lui-même que peu de temps à l'Assemblée nationale. Il quitta la France en septembre 1789 pour retournera Saint-Domingue (l). Il fut remplacé à l'Assemblée par un autre signataire du serment, le comte de Reynaud (n*^ 538).
I. En 1792, Larchevesque-Thibaud était procureur-syndic de la commune du Cap ; Sonthonax, commissaire civil, le fit arrêter et ramener en France. Il dit loi-même dans un mémoire publié à ce sujet : « Forcé par des intérêts majeurs de repasser à Saint-Domingue peu de mois après son admission à TAssemblée nationale », etc. (Mémoires et pièces justificatives adressés à la Convention nationale par le citoyen Larchevesque-Thibaud. Paris, Testu, 1793, in-8**, p. 105). L'observation est à noter, parce que le remplacement de ce député a été omis au procès-verbal; la mention de la Table générale des Archives parlementaires (t. XXXIII, p. 448) d'un rapport fait par lui à la date du 2 décembre 1790 (t. XXI, p. 179) est manifestement erronée. Ce détail est à rapprocher de la singulière méprise du rédacteur anonyme des Notices biographiques sur les Constituants, qui a pris ce député pour un membre du clergé. « Il a toujours défendu, dit-il, les droits sacrés de la religion sans s'opiniâtrer à soutenir les prérogatives de son ordre.,, il a été plus prêtre qu archevêque^ s'il est permis de s>zprimer ainsi. » (Bibl. nat. Mss. nouv. acq. franc., n* 5050.)
XXXVI INTRODUCTION
DAVID ET SON ŒUVRE. — LA PRETENDUE EXPLICATION DES FIGURES. — LES CURÉS GOUTTES ET THIBAULT. — TRONCHET, — RŒDERER. — DOM GERLE. — AUCUN RELIGIEUX NE PARUT AU JEU DE PAUME. — DE LAUNAY, CHANOINE.
Nous avons consacré de longues pages dans une étude précédente * à la critique du fameux tableau de David qui, sous sa forme inachevée*, a été une source d'erreurs. Nous nous plaçons ici au seul point de vue de l'histoire et ne discutons point, cela va sans dire, l'œuvre d'art — tableau ou dessin — en elle-même. Le peintre avait certainement projeté, au début, de faire un ensemble de portraits de Constituants. M. Vatel' raconte que, « dans un projet de mémoire qui n^a pas été publié^ David a demandé une somme de 175,000 francs pour terminer le tableau. Il avouait que cette somme était un peu forte, mais il offrait de remplacer les Constituants, qui lui paraissaient trop p aies ^ par des Montagnards mieux pensants, » Nous avons vainement cherché ce document ; aussi pensons-nous que ce n'est qu'une inexacte citation d'un mémoire que David adressa au commencement de 1797 au ministre de l'intérieur, mémoire qui a été publié in extenso dans le bel ouvrage que M. Jules David a consacré à son grand-père*. Après avoir exposé que ses amis attacheraient un grand prix à l'achèvement du tableau du Serment, David estime qu'il lui faudra trois ans pour le terminer ; il demande 150,000 francs pour ce travail, puis il ajoute en postscriptum : « A présent que je n*ai plus sous les yeux les personnages qui composaient le Corps législatif d'alors, et que la plupart sont fort insignifiants pour la postérité, soit dit entre nous, mon intention est d'y substituer tous ceux qui, depuis, se sont