Op, cit., p
4. La peintre Louis-David {1^48-182^), par Jules David, son petit- fils.Fsnia, Havard, 1882, in-fol. p. 345. (Bibl. nat. L" 27/31763.)
INTRODUCTION xxxvii
illustrés^ et qui, par cette raison, intéressent bien plus nos neveux. » La proposition est, sous cette forme, suffisamment typique, et met en pleine lumière les procédés de Tartiste qui, n'ayant souci que de Tart lui-même, traitait avec un prodigieux dédain la question, secondaire à ses yeux, de l'exactitude historique. Il faut bien dire, cependant, que David n'avait heureusement pas toujours professé cette doctrine. Dans une note publiée dans les journaux, à la fin de la Constituante, il avait prié « les députés qui s^itaient trouvés à la séance et dont il n'avait pu peindre la figure, de lui envoyer leurs gravures, à moins qu'ils ne fassent un voyage à Paris dans le temps qu'il serait à faire son tableau, qu'il supposait être de deux ans, et alors ils auraient la bonté de le venir trouver à son atelier des Feuillants ^ où il les peindrait d'après nature. » On peut suivre ainsi l'histoire de ce tableau et ses vicissitudes. Le peintre ne voulait y comprendre à l'origine que des députés qui s*étaient trouvés à la séance ; dans la suite, pour donner satisfaction au goût d'allégories qui sévissait alors, il y plaça des hommes qui n'avaient pu paraître au serment ; plus tard, dans son ardent désir d'achever son œuvre (pour 150,000 francs), il eût substitué aux Constituants « tous ceux qui depuis se sont illustrés ». Bonaparte et Barras y eussent été vraisemblablement en bonne place.
David fit de son tableau un premier dessin qui fut exposé au Salon de 1791 (sous le n* 132) avec cette mention: « L'auteur n'a pas eu l'intention de donner la ressemblance aux membres de l'Assemblée. » Cette note est curieuse en ce sens que c'est précisément ce dessin qui a servi de base à toutes les reproductions, et qui est en
1. C'est l'église des Feuillants qui servait à cette époque d'atelier au peintre. Une note de Guillotin est ainsi conçue : <c Inspecteur. M. Vacquer fera incessamment clore avec du papier collé sur toile le fond de Tatelier de M. David dans l'église des Feuillants. Paris, 27 juillet 1791. » (Arch. nat. C. 133). D'autres pièces de la même série sont relatives à cette affaire. On trouve d'abord : « Un mémoire de 399 livres pour la dépense de la charpente du tableau qui doit représenter le serment du Jeu de Paume, placé aux Feuillants, fait sous les ordres de M. David par Marguerit, serrurier ordinaire de l'Assemblée nationale»; ensuite une note ainsi conçue: « Demande de M. David aux Feuillants, savoir: 7 rideaux de toile verte pour boucher les croisées. Des sept, il y en avait quatre qui étaient dans ladite église et dont on s*est servi à l'exception qu'il faut en élargir un d'un lez sur quinze pieds de haut ; il en faut faire trois autres à neuf de trois lez chacun sur quinze pieds de haut. Il faut pour faire ces trois rideaux et rélarg^r l'autre d'un lez de quinze pieds de haut, 44 aunes de toile d'Alençon verte ; 9 aunes de surfaix, 125 anneaux de fer étamé et 33 toises de cordes septain pour tirer les rideaux. Ce 19 juillet 1791. Bon : Guillotin, commissaire. » (Arch. nat.