XXXVIII INTRODUCTION
voie de passer ainsi à la postérité comme un document irréfutable. Il semble bien que c'est Denon • qui, le premier, grava l'œuvre de David, son ami. Nous avons retrouvé récemment aux Archives des affaires étrangères une pièce qui fixe exactement la date de ce travail. Dans un Rapport sur les individus atteints par la loi du ij germinal an II qui demandent à être mis en réquisition, on remarque, entre les notes consacrées à « M. Dosne, notaire à Paris, père de six enfants », et à « M. Lazzary, entrepreneur du théâtre des Variétés amusantes », ces lignes : « Denon, artiste graveur, ex-noble, expose au Comité que, très peu occupé des prérogatives de sa noblesse, il s'est toute sa vie essentiellement adonné à son art, dans lequel il a fait des ouvrages très conséquents. Il travaille dans ce moment le Serment du Jeu de Paume, dessiné par le' représentant David, avec lequel il est fort lié. Il sollicite d'être mis en réquisition, grâce qui a déjà été demandée en sa faveur par le citoyen David*. »
Couché fils et Jazet donnèrent plus tard d'autres reproductions du dessin de David '. Nous ne nous arrêterions pas à ces questions d'iconographie qui ne touchent qu'indirectement à notre sujet, si quelques éditeurs n'avaient eu la malencontreuse idée, à une époque que nous n'avons pu déterminer, de joindre à ces gravures une prétendue Explication des figures avec noms à l'appui. Le nombre de ces figures dites expliquées n'est pas le même dans toutes les œuvres. On en voit quarante-huit dans la reproduction qui se trouve, sans nom d'auteur, à la fin de louvrage de M.Jules David. La collection Hennin possède une autre Explication jointe à une gravure de Bovinet, qui porte cinquante noms ^ Le peintre ayant pris soin de déclarer qu'il c n'avait pas Tintention de donner la ressemblance » dans son dessin de 1 791, et son tableau qui, seul, devait avoir des portraits, n'étant pas achevé, il était sans doute bien présomptueux de vouloir expliquer l'inexplicable, mais on aurait pu
1. Dominique- Vivant Denon (1747- 1825). Ses œuvres ont été publiées et décrites par Amaury Duval (1829). M. Anatole France a publié sur Denon une notice historique du plus haut intérêt (Rouquette, 1890).