‹ Le serment du Jeu de paume: fac-similé du texte et des signatures d'après le procès-verbalChapitre 26 sur 76 · Sa signature se trouve planche IV, n · texte numérisé non relu

Sa signature se trouve planche IV, n

LU INTRODUCTION

après les promesses vingt fois répétées de fixer ou de réformer la Constitution du royaume? L'Assemblée, bafouée et menacée par le parti aristocratique, n'était-elle pas dans une situation bien voisine de la légitime défense? Un peu plus d'un an auparavant, une scène analogie s'était passée. Le bruit vague courait que Brienne allait retirer le droit d'enregistrement aux magistrats, par une décision du pouvoir arbitraire. Sans attendre le lit de justice, le parlement de Paris se réunit le 3 mai 1788 en assemblée générale et, sur la proposition de d'Eprémesnil, prêta le serment solennel de ne pas acquiescer aux prochains édits. Cette motion était aussi factieuse que celle de Mounier, et pourtant celui-ci, en 1789, était qualifié d'insurgé par d'Eprémesnil *. »

Les meilleurs annalistes sont à peu près' unanimes à reconnaître que c'fest Mounier qui, le premier, fit la motion du serment. Il Ta raconté d'ailleurs lui-même en des termes que l'histoire de ses variations rend intéressants: wLes mesures violentes auxquelles on avait recours semblaient annoncer, de la part du ministère, le dessein de porter les actes d'autorité jusqu'à la dissolution. Il était prudent de rendre impossible l'exécution d'un pareil projet,... Je proposai le serment'. >

Le même homme ne craindra pas d'écrire trois ans plus tard les lignes suivantes: «Je crus ce serment moins dang^ereux, je le crus excusé par les circonstances; je me chargeai imprudemment de le faire mettre en délibération.... Ce fatal serment était un attentat contre les droits du monarque Combien je me reproche aujourd'hui de l'avoir proposé* ! » Peut-on dire que Mounier peut être com-

1. Un royaliste JibêraJ en lySç^ Jean-Joseph Mounier^ sa vie polHique et ses écrits, par L. de Lanzac de Laborie. Pion, 1687, in-8<* (Bibl. nat. L^ 27/36821) p. 90-93.

2. La Galette de Leyde^ qui est donnée par quelques-uns comme très bien renseignée sur les faits d*alors, rapporte ce qui suit : « Après cette lecture, M, Target a fait la motion du serment. Elle a passé sans contradicteurs. » — Uéditeur des Papiers d'un émigré (de Guilhermy) aussi mal informé a écrit : « Cest dans cette trop fameuse séance du 20 juin que, sur V instigation de Mirabeau^ tous les députés du tiers réunis dans une formidable unanimité, jurèrent de ne pas se séparer, etc. ^''p. 9). »

3. Exposé de la conduite de M, Mounier dans V Assemblée nationale et des motifs de son retour en Dauphiné. Paris, Desenne, 1789, in-8«. (Bibl. nat. 1>

4. Recherches sur les causes qui ont empêché les François de devenir libres

et sur les moyens qui leur restent pour acquérir la liberté, Genève, 1792, 2 vol. in-8<». (Bibl. nat. L*» 39/5705.) Mounier, quelques lignes plus loin, célèbre « rintrépide fermeté de M. Martin, député d^Auch ».

INTRODUCTION un

paréy pour le courage civique, à Martin Dauch? Son nom, cependant, n'a pas été rayé de la liste murale; bien plus, dans le temple même du serment qu'il a désavoué, on lui a érigé un buste.

LA DÉCORATION DE LA SALLE DU SERMENT. — ÉRECTION DES BUSTES. — MOUNIER.

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