D'Arrains
5. Le député qu'il serait difficile de reconnaître sous cette bizarre désignation n*est autre que Burdelot qui signa le Serment (sa signature se trouve planche IV n* 164). Il fut député du tiers état de Coutances aux États généraux et le procés-verbal le qualifie: « Maire, vicomte de Pontorson m, mais si nous ne Tavons pas compris parmi les députés pouvant être considérés comme jouissant des privilèges de la noblesse, c'est que c'était là un titre impersonnel réuni à la mairie et appartenant non à Burdelot, mais à la ville de Pontorson. Les lettres émanant de la mairie de Pontorson portent aujourd'hui encore avec les armes de la vieille cité : Pontorson, ville et vicomte.
Lxxvi INTRODUCTION
sentaient le pays de Causerans [Conserans], la Corse, Pontorson *, Wissembourg et Haguenau. » La pensée de l'auteur est enfin développée par la note suivante (même page) : « Par suite d'une erreur due autant à la parfaite indifférence de M. de Guilhermy qu'à la manière très correcte dont il signait ^ sans ajouter laparticule^j n'ayant à faire précéder son nom (qu*il était seul à porter) ni d'un prénom, ni d'un titre. Le Moniteur l'a inscrit sans particule, en 1 789, dans la liste des députés aux États généraux d'où le biographe Michaud et quelques autres ont conclu que M. de Guilhermy avait été anobli par Louis XVIII. Il est vrai que le même Moniteur, enregistrant ses dépositions dans l'enquête sur les crimes des 5 et 6 octobre 1789, rétablit ladite particule qui figure d'ailleurs dans tous les actes concernant M. de Guilhermy et ses ancêtres. » Nous ne nous arrêterons pas à relever toutes les inexactitudes de ces ligfnes qui montrent Barrère, Goupil de Prefelne et d'autres classés avec les nobles, sans autres preuves que la particule dite nobiliaire. Si M. de Guilhermy avait eu un titre à joindre à son nom, nous l'eussions relevé au procès- verbal de l'Assemblée des trois ordres de Castelnaudary, ou il est seulement qualifié ainsi : « M. de Guilhermy, conseiller du roi et son procureur, en la présente sénéchaussée'. » Quant au fait de son élection elle-même, elle fut assez discutée, puisqu'il raconte lui-même, dans une lettre au garde des sceaux, qu'il fit commencer une information contre un individu
1. Pontorson n'était pas du nombre des bailliages qui, en 1789, ont formé unité électorale pour la députation. La ville était enclavée dans le ressort du bailliage secondaire d'Avranches.
2. En s'attachant au raisonnement de Tauteur, de Guilhermy aurait incorrectement signé au Jeu de Paume, car sa signature avec particule peut se voir pi. III, n« 120. Il eût dû écrire simplement Guilhermy, si Ton s^en rapporte aux enseignements sur la matière que donne M. Louis Vian : « La politesse, dit cet auteur, défend de signer au bas d*un article de journal ou dans un acte authentique : de Montmorency, de Biron, de Noailles, mais Charles de Montmorency, duc de Biron, Paul de Noailles. Il y a deux exceptions à la règle générale de Tancien régime : Tune veut qu'on laisse le de^ même sans prénoms, qualification ou titre, absolument devant les noms d^une syllabe et volontiers devant ceux de deux syllabes dont la dernière est un e muet : de Broc, de Thou, de Sèze, de Rhodes ou de Pêne. Cest une solution due à Teuphonie. Cette cause le fait encore garder devant les noms qui commencent par une voyelle ou une h nuette : V Armoriai àt d*Hozicr; A moi, tP Auvergne ! le fils de d* Orléans. » {De
ia particule nobiliaire, Dentu, in-12, p. 61.) V. sur le même sujet : « De la particule dite nobiliaire », par M. Paulin Paris, Paris, 1862.
3. De Guilhermy comparut à rassemblée des trois ordres comme procureur du roi et au titre de deuxième député du tiers état de la ville de Castelnaudary; il est qualifié à cet endroit: lieutenant général criminel et procureur du roi au présidial. (Arch. nat. Bill 42.)
INTRODUCTION lxxvii
:< qui avait eu la témérité de distribuer des billets parmi les votants » *.
Quoi qu'il en soit, ce n'est pas parce qu'il ava^t comparu à l'Assemblée du tiers état que de Guilhermy pouvait être dispensé» conformément aux ordres du roi, de se faire représenter à la Chambre de la noblesse et nous le savons trop attaché à la cause royale pour croire qu'il y eût manqué, s'il avait joui de la noblesse acquise et transmissible.
Bien d'autres exemples pourraient être donnés des multiples inexactitudes causées par la complexité des questions se rattachant à la noblesse, nous avons choisi uniquement ceux qui, sans sortir de l'histoire de la convocation, permettent de tirer d'un incident particulier une déduction d'intérêt général.