‹ Le serment du Jeu de paume: fac-similé du texte et des signatures d'après le procès-verbalChapitre 4 sur 76 · VI AVANT- PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT- PROPOS

nouir cette grande occasion si longtemps attendue de réformer les abus et d'améliorer le sort du peuple », des hommes tels que Mounier crurent devoir prononcer « le fatal serment » qui leur sembla plus tard un attentat contre le monarque et qui, malgré les cris de Vive le roi! dont ils l'accompagnèrent, était bien un défi jeté à la royauté, un véritable « signal d'insurrection' ». C'est le 20 juin que s'ouvre le drame qui aboutira au renversement de la monarchie '.

On s'est étonné de la rapidité avec laquelle « une nation qui ne cessait de se vanter comme celle de l'Europe qui aimait le mieux ses souverains passa de l'affection à l'animosité et au mépris ». Au lieu de s'arrêter à l'explication la plus simple d'un « changement aussi subit que cette brusque conversion du peuple le plus soumis en une tourbe de forcenés », on a imaginé une conspiration ténébreuse tramée par les adeptes de « la philosophie qui dénaturait les esprits'». 11 plaît à certains historiens de faire découler toute la Révolution de la doctrine malsaine qu'ils prêtent aux hommes de 89. En général les témoins un peu sérieux, un peu équitables, n'en ont pas jugé ainsi. Ils n'ignorent pas qu'il y eut d'autres et de plus grands coupables que Voltaire et même que Rousseau. Malouet est sur ce point d'accord avec Camille Desmoulins : « La démocratie et toutes ses fureurs sont nées des prétentions irritantes de l'aristocratie... Le peuple ne demandait pas la Révolution », ce sont les Vergennes, les Calonne, les Brienne, les d'Eprémesnil, les agents de la cour

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