‹ Le sermon sur la montagneChapitre 19 sur 65 · I.\ SOUVERAINETÉ DE L'ÊTRE NOUVEAU · texte numérisé non relu

I.\ SOUVERAINETÉ DE L'ÊTRE NOUVEAU

ce qu'il nous présent : offrir à l'offenseur l'occasion «le nous donner un second soufflet, aller au devant et au delà des exigences de celui qui fait valoir injustement des droits sur nos biens, satisfaire doublement ;i des prétentions insolentes.

L'injustice doit donc pouvoir se donner carrière non seulement impunément, mais encore indéfiniment. Il Tant (|ue son effort s'épuise en présence de notre attitude tout opposée et que ses intentions mauvaises viennent échouer contre notre généreuse prévenance. C'est là une endurance qui ne se contente pas de tout subir sans résistance, mais qui s'efforce de donner satisfaction aux convoitises de l'adversaire. Il ne nous suffira point de nous abstenir de toutes représailles. Il faut que notre nature transformée oppose ses instincts nouveaux et ses manifestations spontanées aux caprices et à la perversité de la vieille nature qui s'acharne sur nous. Nous avons a réagir, et même énergiquement, mais conformément à notre caractère propre.

Nous n'en serons capables que lorsque l'être originel régnera dans notre vie. car cette attitude ne se commande pas. — même aux chercheurs. Elle n'est possible qu'à condition d'être spontanée: elle n'est authentique que si elle procède d'une nécessité interne. Pour se manifester involontairement, comme l'entend Jésus, il faut qu'elle soit devenue pour nous une seconde nature. Si elle n'est pas l'expression de la supériorité de l'être originel et de son caractère particulier, elle n'est que contrefaçon, affectation lamentable, mensonge enfin.

Gardons-nous donc de nous méprendre sur les intentions de Jésus : il n'a pas voulu former des hypo-

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crites, mais créer îles êtres de vérité. Nous sommes hypocrites, strictement parlant, quand nous accomplissons un acte étranger à notre nature et qui nous oblige à la dompter préalablement. La morale ancienne consiste en victoires remportées sur notre moi ; la morale nouvelle est l'épanouissement de notre moi. reposant sur une rédemption et une renaissance de sa vie originelle. Les paroles de Jésus sont des indications qui nous découvrent les lois fondamentales de la vie nouvelle. Ce n'est pas en les considérant comme des obligations qui nous seraient imposées, et en multipliant, pour y satisfaire les efforts de notre impuissance, que nous les verrons prendre vie en nous, mais uniquement en veillant à la croissance de notre être originel et en permettant à ses impulsions de se réaliser librement dans notre vie.

Mais ce ne serait point favoriser le développement de la vérité dans notre âme, que de vivre hardiment selon les instincts de notre vieille nature, de peur de feindre ce qui n'existe pas en nous. Si nous nous sommes engagés sincèrement dans la voie de la vie. notre conduite sera déterminée par le but auquel nous tendons et elle se rapprochera tout naturellement de la manière d'être propre aux enfants de Dieu. Celui qui cherche réellement et avant tout la terre nouvelle, lorsqu'il sera exposé aux attaques de la malveillance, éprouvera d'autres impressions et agira d'autre sorte qu'un homme ordinaire. De ses seules aspirations résultera nécessairement une orientation de sa conduite conforme aux indications de Jésus, et favorable aux progrès de L'être originel parce qu'elle lui est appropriée.

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