ELLE TÉMOIGNE 1)1 >K VIE SURABONDANTE I
contraire nous vivons .lune vie personnelle, plus aussi noire conduite est déterminer du dedans et devient une manifestation autonome, un libre déploiement de notre moi. Pins donc le moi véritable est puissant et s'affirme dans notre vie. inoins il est influencé par l'attitude de notre prochain et |)lus il reste fidèle à son caractère propre : car il ne peut agir autrement qu'il ne le doit. C'est dans cet ailranchissement de toute influence extérieure que résident la noblesse, la liberté et la souveraineté des hommes véritables.
Or ce caractère nouveau et inaltérable, c'est celui de leur être originel. C'est la véritable nature humaine qui se révèle par eux en tout et partout. Il n'est pas une des obligations que la vie leur impose, pas une des impressions qui les effleure, pas un des événements qu'ils rencontrent qui ne la fasse apparaître dans sa beauté et sa vertu rédemptrice. Dans les bons et dans les mauvais jours, parmi leurs amis et leurs ennemis, aux prises avec l'admiration comme avec la calomnie, avec l'amour comme avec la haine, leur vie nouvelle s'épanouit victorieusement. Tout contact agréable ou pénible avec leurs semblables ne saurait donc éveiller en eux que des sentiments d'amour.
L'amour est la marque de leur origine. le caractère de leur Père. Comme leur Père l'ait lever son soleil sur les méchants cl sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes, ies citoyens de la terre nouvelle éclairent et réchauffent sans distinction et sans exception tous ceux qui pénètrent dans leur sphère lumineuse. Leur qualité d'enfants de Dieu leur confère la noblesse qui ignore la revanche soit en bien, soit en
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mal : aussi se donnent-ils tels qu'ils sont, de quelque façon que l'on vienne à eux. Rien ne saurait affaiblir leur ardeur ni intercepter leur lumière égale et paisible, puisqu'elles ne dépendent à aucun degré de l'attitude des autres à leur égard. Rien ne compromet leur équilibre, ni n'altère leur caractère ; leur supériorité native les garantit également des séductions et des attaques de ceux chez lesquels ne vit point encore l'être nouveau. La conduite de leur prochain ne peut ni entraver, ni limiter leurs manifestations vitales, elle ne peut que les provoquer, car leur manière d'être découle du jaillissement de la vie en eux et non de causes ou de considérations extérieures. Or ce qui déborde ainsi sur ceux qui les approchent, c'est l'amour.
Leur amour est tout autre chose que ce qu'on appelle de ce nom. dans le régime ancien . Ce n'est pas une disposition morale qu'on puisse susciter en soi par un effort de bonne volonté, mais un sentiment spontané, l'élan naturel qui porte l'être nouveau au devant de tous ceux qui l'approchent. Ce n'est pas la sympathie que nous inspirent des êtres attrayants ou dignes de pitié, mais le trop-plein de l'âme, la vie personnelle surabondante qui se répand au dehors parce qu'elle ne peut contenir ses richesses. Dans cet amour rayonne le bonheur qui remplit les hommes du devenir, leur joie de vivre, la force vitale et l'énergie créatrice accumulées dans leur for intérieur et dont le courant à haute tension se décharge pour devenir lumière et chaleur, irrésistible élan, force expansive de la personnalité. Semblable aux ondes lumineuses du soleil et aux vibra-