‹ Le Séro-diagnostic de la Syphilis Son importance pour le diagnostic et le traitementChapitre 14 sur 26 · UE · texte numérisé non relu

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précision) avaient-ils été en possession de troupes coloniales ou exotiques ?

Quoi qu'il en soit, l'excoriation du début ne tarde pas à grandir. Au bout de deux ou trois jours elle a les dimensions d’une petite lentille, puis, continuant à s'étendre, atteint celles d’une pièce de deux francs. La plaie est recouverte d’une couenne blanchâtre.

Les phénomènes subjectifs ont une certaine intensité et consistent en démangeaisons, picotements, cuisson.

La malade consulte à Boucicaut, on fait le diagnostic d’eczéma. Mais le traitement se montre inefficace, et 6 semaines environ après le début de l'affection. Mme X... se décide à aller à St-Louis.

C'est précisément M. le D' Sabouraud qui voit la malade : au premier abord il pense à un eczéma infecté et il prescrit des lavages antisepliques à l’eau d'Alibour. Malgré des pansements faits soigneusement, la lésion continue à se développer et la malade revient consulter 8 jours plusjtard.

A ce moment on a une lésion qui atteint les dimensions de la paume de la main, présentant un suintement abondant et fétide et de-ci de-là des bulles : les signes subjectifs sont très marqués.

Le D' Sabouraud constate qu’il ne s’agit pas d’eczéma et met le malade en observation dans le service du D' de Beurmann.

On commence par désinfecter la région malade : solution faible de permanganate de potasse et compresses trempées dans de l'alcool.

La lésion détergée, on se trouve en présence d'une vaste surface malade dont le centre occupe le cou-de-pied, mais qui s'étend par la périphérie en lous sens. Ce qui est curieux, c'est que le processus ne se fait pas en profondeur ; la lésion demeure superficielle, et même les bords, en pleine activité, forment une certaine saillie sur la peau saine.

Tout le centre de la plaque n’est cependant pas ulcéré, il y a ça et là de grandes régions cicatricielles qui ont une couleur pigmentée brunâtre tout à fait spéciale.

Sur les points malades, surtout à la périphérie, se développent de larges bulles. Leur apparition est rapide (36, 48 h.) et leur existence éphémère ; elles ne tardent pas à se rompre, laissant écouler un liquide séreux, abondant, mais n'ayant plus la fétidité du début de l’affection.

L'enveloppe de la bulle se flétrit, et lorsqu'on l'enlève, on observe que,au-dessous, le derme est rouge, ulcéré. Mais l’ulcération ne gagne pas en profondeur ; elle se cicatrise très vite (en quelques heures) et donne naissance à une cicatrice qui a les caractères indiqués plus haut.

Non seulement la lésion s'étend par la périphérie, avec bords plus ou moins polycycliques, mais encore on peut voir dans le voisinage immédiat des points d’inoculation qui présentent les mêmes signes et ont la même évolulion.

Les phénomènes subjectifs sont très marqués et empêchent même le sommeil ; mais l'élat général est excellent.

On traite la malade énergiquement en employant successivement: les deux crayons, le bleu de méthylène, le néol, la pommade à l’ektogan, le chlorure de zinc.

Tous les traitements échouent et non seulement on n'arrive pas à tarir l'infection, mais encore l'affection progresse.

C’est alors qu'on fait la première réaction.

Non pas parce que l’on pense à une syphilis, les signes objectifs contredisent presque cette hypothèse, mais parce que l'on possède au cas improbable de spécificité une thérapeutique elficace.

Il y a de plus une autre raison scientifique pour s'adresser au laboratoire, M. de Beurmann voulant essayer d'établir un diagnostic ferme devait tout d’abord pouvoir éliminer avec certilude toute manifestation syphilitique. | |

mode

La réaction donne :

PART ET SR RP PS LE RASE AT 0 At Besmonliérens se ue ie 0

On a done, comme pour les autres cas qui donnent un résultat identique, soumis la malade à un trailement antisyphilitique énergique. On s’est adressé au galyl et on a fait à 8 jours d'intervalle trois piqûres de ce corps, la Eode er. 15,la?° de Ogr:20,1a 3 de 0 gr. 25.

Les résultats thérapeutiques ont été pour ainsi dire immédiats.

Après la première piqûre et les jours suivants, peu de modificalion.

Après la deuxième et surtout après la troisième, on a pu constater une augmentation notable des lésions.

Elles progressent à vue d'œil, s'étendant sur le dos du pied, envahissant la face postérieure du talon et l’extrémité inférieure de la jambe. Elles gagnent aussi du côté de la plante du pied qui élait jusqu'alors indemne.

Il ne s’agit donc pas de syphilis, et le laboratoire est venu en quelque sorte confirmer les résultats thérapeutiques.

On a fait après la troisième piqüre de galyl une nouvelle réaction, et celle-ci, qui aurait dû être (en quelque minime partie que ce fût) impressionnée par le traitement arsenical, n’a pas varié.

La deuxième réaction donne encore :

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Entre temps on a ensemencé la sérosité des bulles, mais la

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culture n'a montré que les microbes ordinaires de la suppuration : staphylocoques, streptocoques.

Une biopsie a révélé en dehors des colonies microbiennes sus-indiquées l'existence de très nombreux éosinophiles.

La malade est montrée de nouveau à M. Sabouraud qui prescrit le traitement suivant :

A l'intérieur : iodure de potassium à doses progressivement croissantes jusqu'à 3 grammes par jour.

Localement, une application quotidienne de pommade à l'ichtyol à 20 0/0. |

Avec cette nouvelle médication, l’amélioralion est alors rapide et l'on arrive bientôt à employer l'ichlyol pur.

La malade quitte l’hôpilal, mais vient se faire panser régulièrement. Il reste toujours quelques bulles, mais les bords ne sont plus saillants et la lésion est arrêtée. |

Quant aux phénomènes subjectifs, ils ont disparu depuis . Ilongtemps.

Que conclure en dernière analyse de cet exemple ?

Porte-t-il une atteinte, quelque légère soit-elle, à la valeur de la séro-réaction. Nullement ; cette observation est déconcertante quant au résultat, mais n’enlève rien à la valeur d'une réaction bien faite.

Et cette importance de Ja séro-réaction, bien mise en valeur par tout ce qui précède, est incomparablement

supérieure dans la syphiligraphie proprement dite, dans tous les cas où la syphilis est certaine.

C'est ce que nous allons maintenant étudier.

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