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Mais après une série de séro-réaclions négatives, c'està-dire vers le milieu de la troisième année qui suit le chancre, on peut autoriser le mariage, car il est probable qu’on se trouve en présence d’une stérilisation complète, peut-être même de guérison (?)
Ces cas sont donc simples ; malheureusement ils constituent l’exception.
2° D'ordinaire la séro-réaction, même après le traitement abortif, se montre positive atlénuée, quelle conduite tenir ? Il faut, en mettant en œuvre la thérapeutique que nous avons décrite tout au long dans le chapitre précédent, s’efforcer de rendre la séro-réaction négalive.
De temps en temps, pour se rendre compte des progrès réalisés par le traitement, il faut, ainsi que nous l'avons montré plus haut, pratiquer l’examen du sang qui renseignera le clinicien sur la virulence actuelle de la syphilis.
Prenons un exemple pour être plus clair, et supposons que nous sommes parvenus à la fin de la deuxième année après le chancre (abortion de la syphilis tentée) ou de la quatrième (méthode lente par le benzoate de mercure).
Nous faisons à ce moment une séro-réaction (c’est la 2° ou la 3°) ; elle donnera des résultats différents :
Ou bien la réaction sera redevenue négative,
Ou bien elle tendra vers le négatif,
Ou bien elle n’aura pas bougé.
«) La séro-réaction est devenue négative. — Ce sontles cas les plus rares. La conduite à tenir est simple et il n'y a pas à y revenir.
M. de Beurmann recommande, avant de chercher la sé-
rie des séro-réactions négatives, de tenter la réactivation de la réaction.
Les résultats que donne cette épreuve peuvent déjà orienter le clinicien vers un diagnostic pronostique de l'affection.
8) La réaction a évolué vers le négakif. — Gela se voit fréquemment. Nous nous bornerons à citer l'observation
suivante qui est caractéristique :
O8s. 47. — M. X..., atteint de syphilis il y a 4 ans (forme moyenne), a été trailé longuement et à diverses reprises ; il désire se marier le plus tôl possible, mais attendra l'avis de son médecin.
Celui-ci, pour suivre les progrès du traitement, fait faire à divers intervalles des séro-réactions. Elles sont pratiquées dans le laboratoire de M. Sabouraud qui nous en communique les résultats.
La 1° séro-réation faite dans les premiers mois a
donné :
AULTOLET 25 ASS MNT RACE 3 Au Deésmoulières 272774 me 0 La 2 quelques mois plus tard donne :
AUVÉOIS FAT SRE 4 Au:Désmouliére EMEA 2 Enfin la 3° toute récente donne :
Atfole, CARS MERE REA 6 Au Desmoulière ner 00 me 5
La conclusion est facile à tirer. Le malade se stérilise rapidement et n’a plus besoin de se soumettre à un traitement intensif.
Pour ce qui est du mariage, on peut l’autoriser sans
inconvénient à condition que dans 6 mois on puisse faire un nouvel examen qui dictera la conduite à tenir vis-àvis de l’homme et de la femme.
Ceci est un exemple particulièrement heureux. Il n’en est pas toujours ainsi comme le prouve l'observation cidessous : |
Oss. 48, — Mile A... a eu il y a 3 ans la syphilis, elle s'est soignée sérieusement et veut se marier.
La 1" séro-réaction faite plus d’un an après le début de l'affection a donné :
AR OT OS Tel ut Luis 4 AUD ESMOUNÉrES SANTE, dE ur. 3 Un traitement très actif a été poursuivi ; mais soit qu'il s’agisse d'une forme parliculièrement tenace, soit que le terrain soit défavorable, les résultats n’ont pas été brillants. Une séro-réaction récente donne en effet : SOINS ER LCR LR { AUPPDESINOUHerE Re Er. 3 La malade n’est pas stérilisée ; elle doit être soumise à une thérapeutique active.
Quant au mariage, on ne saurait l’autoriser pour l’instant.
y) La réaction n’a pas bougé. — C'est ee que prouve l’exemple précédent qui est loin d’êlre une exception. Quand on se trouve en présence d’un cas de ce genre, il faut néanmoins pendant des années, 5, 6 et même davantage, prescrire une thérapeutique active.
Mais est-on en droit d'interdire le mariage ? Evidemment non, d'autant plus que certains malades,
ainsi que nous l’avons vu plus haut, conservent toute leur vie une séro-réaction positive atténuée. C’est presque La règle chez les hérédo-syphilitiques.
C’est l'opinion de la plupart des syphiligraphes, notamment celle du professeur Bayet, de MM. Gastou et Girauld (1). Le professeur Bayet insiste sur le fait que séro-diagnostic, contagiosité et transmissibililé à la des cendance sont trois choses distinctes.
D’après lui il faut certes tenir le plus grand compte de la séro-réaction ; on ne peut cependant pas, pour permettre ou défendre le mariage, se baser uniquement sur un fait de laboratoire, quelque parfait qu’il soit. Il faut considérer aussi l'évolution de la syphilis, l'ancienneté du début, l’état du sujet, le trailement suivi.
Les anciens syphiligraphes, qui n’avaient pas la séroréaction à leur service, s’appuyaient uniquement sur l'expérience el la clinique et concluaient fort judicieusement ; et dans les cas douteux ils préféraient pécher par excès de prudence. Le séro-diagnostic est venu seulement apporter des précisions nouvelles.
De tout ce qui précède on peut conclure ainsi :
a) Le mariage doit être formellement interdit à lout syphililique qui a une séro-réaction complètement posilive, même s'il n’a aucune manifestation cutanée.
Le résultat de l'examen montre en effet que l’on se trouve en présence d’une forme sévère. L’affection est en pleine évolution et des accidents plus ou moins graves apparaîtront à brève échéance si l'on ne pratique pas une thérapeutique énergique.
(1) Gasrou et GirauLp, Séro-diagnostic de la syphilis.
b) Par contre on autorisera le mariage lorsque, dans les douze mots qui suivent la première séro-réaction négalive, on a toujours obtenu des examens négatifs.
c) Le mariage sera également permis lorsque la réaction positive allénuée tend vers le négatif.
d) Au cas où la séro-réaction demeure inchangée malgré des cures successives, on permettra le mariage quatre ans après la disparition de loute manifestation cutanée, mais en faisant des réserves el en établissant une série de prescriptions.