‹ Le Serpent en Matière MédicaleChapitre 22 sur 60 · MM · texte numérisé non relu

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Conclusions : Le venin de Cobra a été dans ce cas un excellent analgésique, mais il n’a eu aucune action sur l’évolution du sarcome ni sur l’état général.

Pendant le traitement il s’est produit une diminution de la diurèse avec apparition d’albumine pouvant s'expliquer par l'extension du processus néoplasique. »

La Cobrathérapie a une action probable, mais aussi une action douteuse. Le D' MIFFRE nous le signale :

Observation. — « E.…, 58 ans, squirrhe atrophique du sein gauche avec métastase fémorale gauche.

18 injections sous-cutanées de cobratoxine sont pratiquées :

Cinq injections de 5 U.S. du 14 au 30 mai.

Cinq injections de 10 U.S. du 30 mai au 14 juin.

Trois injections de 15 US. du 14 juin au 30 juin.

Trois injections de 20 U.S. du 30 juin au 18 juillet.

Deux injections de 25 US. du 18 juillet au 30 juillet. » et il conclut :

« Echec complet de la thérapeutique par le venin de Cobra qui n’a agi ni sur les douleurs ni sur les tumeurs ni sur l’état général. Pendant le traitement il ne s’est produit aucune modification de la diurèse, de l’azotémie, de la glycémie et de la tension artérielle, mais la valeur globulaire est tombée de 0,76 à 0,70. »

Les douleurs ne s’amendent pas toujours : tel est le fait. Dans sa thèse : « Le venin de Cobra dans la thérapeutique des cancers pharyngo-laryngés » (1934), PASQUALINI a, en vain, tenté ce traitement pour certains épithéliomas et regrette de ne pas prévoir et « des échecs inexpliqués et des succès inespérés ».

AUTHIÉ (1934), au Centre anti-cancéreux de Marseille, se voit aussi obligé de conclure que la Cobrathérapie ne soulage pas tous les cancéreux et toutes les douleurs.

N.-T. Koressios (1935) nous dit: « Nous rendrions un mauvais service au traitement lui-même en ne décrivant que ses bons côtés et en laissant volontairement à l’écart les cas dans lesquels il échoue. » |

En effet, cet excellent analgésique est capricieux et très spécial. Le venin de Cobra détermine dans une première phase une recrudescence de la douleur. Cette « réactivation », tel est le terme consacré, ne doit pas impliquer l’inefficacité du venin de Cobra. Au contraire, elle annonce le médicament de choix. N.-T. KORESsIOS parle de « réaction focale », propre aux substances neurotropes. Très curieux, ce remède agit ou

Co =

n’agit pas, nécessite ou de faibles ou de grandes doses. Pourtant, il mérite de ne pas être rejeté et oublié. Très actif, ül supplante la morphine et a l’avantage énorme de ne pas donner lieu à l’accoutumance, dans les cas favorablement influencés.

Quel est le mécanisme intime de cette action physiologique ? Il reste encore ténébreux, Seraït-ce, selon CALMETTE, attribuable à l’action neurotoxique du venin ? N.-T. KorEssios (1935) songe à la propriété vasodilatatrice de ce venin. En effet, dans le service du Professeur Roussy, une malade atteinte d’un cancer au sein avec un « gros bras » pesant au moins 6 kg. est traitée par le venin de Cobra. Le lendemain de l’injection, l'œdème du bras avait presque complètement disparu. Cet œdème réapparaît six jours plus tard. Chaque injection de venin de Cobra en diminue les proportions d’une façon considérable.

KoREssIos conclut : « Il ressort pour nous de ces observations, qu’à côté de l’action neurotoxique du venin, son action « vasculaire » doit entrer en compte pour expliquer les diminutions de phénomènes douloureux. »

L'activité du venin de Cobra est complexe et inconnue. Mais elle ne s'impose pas moins quelquefois nécessaire et nous allons signaler le domaine de ses bienfaits. Les algies cancéreuses bénéficient souvent de ce traitement.

Des auteurs belges, BOUCHÉ et HUusTIN (1922), appliquent avec succès la Cobrathérapie au traitement des névralgies trigéminales et faciales. Seuls, tireraient un bienfait les malades qui réagissent localement à l’injection destinée à provoquer le choc « vaso-trophique » thérapeutique. Des doses plus élevées sont nécessaires.

BOUCHÉ et HusTIN signalent encore l'utilité du venin de Cobra dans certaines céphalalgies, en particulier dans les céphalalgies cataméniales.

Enfin, nous noterons les succès de Ia Cobrathérapie dans les algies tabétiques. Le Professeur NÉGRO, à Turin, à l’Hôpital Cottolengro, a obtenu des résultats très encourageants.

En résumé, donnons les indications :

Algies cancéreuses.

Névralgies trigéminales et faciales.

Céphalalgies.

Algies tabétiques.

SF 00

Polynévrites douloureuses.

Zonas et névralgies intercostales.

Ischialgies.

Radiculites.

Myalgies.

Sciatiques.

Rhumatismes chroniques.

Torticolis.

Lumbago.

Toutes algies rebelles.

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