‹ Le Serpent en Matière MédicaleChapitre 32 sur 60 · PARTIE CLINIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE CLINIQUE

Cette application est déjà lointaine.

Après la curieuse observation du D' SErr, confiant en la valeur thérapeutique des Serpents, le D' SPLONGER tente de traiter par du venin de Crotale les épileptiques.

En 1911, le D' CALMETTE note les effets du venin de Crotalus adamanteus dans le traitement de l’épilepsie, dite essentielle.

En 1914, le D' PRÉVOST y consacre son travail de thèse et relate une observation du D' SPLONGER très probante :

« Chorée. — 11 ans (âge de la personne).

Traitement : injection hypodermique de crotaline de 1/200° de grain à la face postérieure de l’avant-bras.

Sensation de brûlure, 8 heures après, œdème considérable, chaleur à la palpation, bras très douloureux, 24 heures après.

Tuméfaction et rougeur des téguments disparus, 3 jours après.

Succès. »

Après les travaux de MM. BOUCHÉ et HUSTIN, N.-T. KoREssios envisage la proche parenté du venin de Cobra avec le venin de Crotale et son action aussi effective pour enrayer les accès épileptiques.

Comment éclaircir le mécanisme de l’action du venin ? Les hypothèses s'ajoutent :

Le D' SPLONGER nous parle à son sujet en ces termes : « Le venin, quand il est employé-en injections hypodermiques, fait une profonde impression sur le système nerveux, j'en suis convaincu par ma propre expérience pour en avoir usé dans l’épilepsie. >» Le Docteur note de l’éosinophilie.

TACHENHEIM, de Kassel, utilise aussi les mêmes ampoules de crotaline. À son avis, elle agit tant sur la composition san-

guine et les échanges tissulaires que sur le système nerveux central et son impressionnabilité.

ERLENMEYER croit aussi à ce double rôle. Selon son hypothèse, les composés peptonés causent une action paralysante sur les systèmes nerveux et la globuline du venin diminue le pouvoir coagulant du sang. Or, il est un fait que les hémophiles ne sont jamais enclins à des crises épileptiques. Le venin de Crotale contribuerait-il à constituer, par une modification de la viscosité sanguine, une hémophilie artificielle.

BoUCHÉ et HUSTIN (1922) affirment l'efficacité de ce traitement. Selon leur séduisante théorie, des chocs thérapeutiques contre les chocs morbides, le venin apporterait à l’organisme malade un antigène capable d’engendrer une série de petits chocs qui le protégeraient.

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