‹ Le Serpent en Matière MédicaleChapitre 34 sur 60 · NT S · texte numérisé non relu

NT S

dans l’anthrax, l’érysipèle, la grangrène humide, les ulcères, les trajets fistuleux, les nécroses, et surtout les lésions Iocalisées à droite.

CROTALUS HORRIDUS

Crotalus horridus, ou Serpent à sonnettes est un vipéridé de la sous-famille des Crotalinés. Il vit en Amérique.

Sa morsure donne lieu à des accidents, car son venin est très actif. V. BRAZIL nous parle en ces termes d’un accident dû à cette espèce (1914).

« Nous fûmes appelé par un des compagnons du patient. Cet homme, en nous manifestant son affliction, nous raconta que le malade s'était déjà levé, lorsque, dans cette matinée même, il avait été subitement atteint d’une attaque et se trouvait très mal, car il ne parlait pas et ne reconnaissait plus personne. Nous supposâmes tout d’abord qu’il s’agissait d’une maladie intercurrente ou de quelque attaque épileptique.. Nous trouvâmes un tableau désolant, le malade était étendu sur le lit en décubitus dorsal, complètement paralysé, respiration fréquente, superficielle et sifflante d’une personne qui râle, pouls très faible et difficile à compter, visage cyanotique, sueurs froides, visqueuses, température basse, pupilles dilatées, aphasie, impossibilité dans la déglutition. C’étaient des symptômes d’empoisonnement crotalique. »

Ainsi les symptômes généraux dominent. En général, des hémorragies apparaissent après un temps variable et intéressent les orifices naturels. Il existe aussi des syncopes à répétitions qui peuvent se reproduire, après guérison, à intervalles variables, pendant des mois et des années.

Les premières recherches homéopathiques ont été réalisées par HÉRING et STOKkEs, et, ensuite par Haywarp. Très étudiée son expérimentation à l’état pur sur l’homme sain aurait livré 420 symptômes.

Voici sa pathogénésie indiquée par le D' Jousse. Nous signalerons ses principaux caractères.

CARACTERISTIQUES

Prostration profonde avec désorganisation de tous les tissus. Etat typhoïde ou septique, avec fétidité des écoulements, tendance gangréneuse.

M. De

Hémorragies par tous les orifices d’un sang noir, fluide, incoagulable.

MODALITES

Aggravation. — Le matin au réveil, en plein air, par le mouvement, par le temps chaud, en étant couché sur le côté droit.

Amélioration. — Par le repos.

Latéralité. —— Prédominante, droite.

Périodicité. — Au printemps, quand le temps devient chaud.

PATHOGENESIE

Psychisme. — Faiblesse de la mémoire, pense sans cesse à la mort sans avoir les idées de suicide, émotivité excessive. délire loquace, répète toujours les mêmes mots sans se soucier s’il est écouté.

Sommeil. — Insomnies, cauchemars, grince des dents au point de les user.

Mentalité. — Prostration immédiate, brutale, profonde.

Epuisement par le moindre exercice, spasmes, convulsions, hémiplégie droite.

Tête. — Vertiges, céphalée surtout violente à droite, ne peut

Ë déplacer la tête sur l’oreiller car elle lui paraît trop lourde, déplace la tête avec ses mains.

Yeux. — Coloration subictérique des conjonctives, photophobie, hémorragies rétiniennes, sensation de pression d’arrière «en avant comme si les globes oculaires devaient sortir de la tête.

Face. — Blanche avec un cercle bleu autour des yeux, teint plombé, éruptions papuleuses de sang noir.

Oreilles. — Sensations de bruits et des battements, écoulements abondants, sanguinolents, irritants et putrides.

Appareil digestif. — Bouche douloureuse, haleine putride, grincements des dents, gencives saignant facilement, langue

enflée et tremblante, s'accroche aux dents et est déviée à droite, ulcération putride à tendance gangréneuse dans la bouche et le

Es

pharynx. A la gorge : sensation de poids et de constriction avec sécheresse et dysphagie.

L’estomac est aussi sensible, vomissements bilieux, de très grandes quantités de bile, périodiques, avec céphalée pesante et impossibilité de remuer la tête. Vomissement noir.

Abdomen. — Sensible.

Foie. — Foie gros, congestionné, douleur profonde et piquante aggravée par une inspiration profonde et par la pression en étant couché sur le côté droit.

Appareil respiratoire. — Odeur putride du nez, ozène, épistaxis de sang noir. Toux avec crachats sanglants, noirs.

Appareil circulatoire. — Faiblesse cardiaque. Palpitations avec sensations Comme si le cœur tombait.

Appareil urinaire. — Hématuries.

Appareil génital. — Métrorragies. Sang noir, ne se coagule pas.

Tronc et membres. — Douleur violente, tendance gangréneuse, Peau. — Jaunâtre, purpura hémorragique, hémophilie,

furoncles avec tendance gangréneuse et douleur vive.

Fièvre. — La peau est froide surtout aux extrémités. Il existe des sueurs froides à l’aisselle.

INDICATIONS CLINIQUES

Il est le médicament spécifique des fièvres malignes et états infectieux graves : scarlatine, diphtérie, typhoïde, typhus, fièvre bilieuse, fièvre jaune, peste, choléra, fièvre de Malte.

Ïl'est indiqué aussi dans les phlébites, les méningites cérébrospinales, les septicémies, nous signalerons encore ses heureux effets dans les abcès, les piqûres d’insectes et tous les accidents à tendances hémorragiques. Enfin, c’est un excellent remède pour le foie, et il agit en particulier dans les états graves où la composition du sang entre en jeu.

ELAPS

Elaps, ou Serpent corail, est un colubridé protéroglyphe de la sous-famille des Elapinés. Il vit en Amérique.

Les Elaps n’attaquent jamais spontanément. Vu la petitesse et la position retirée de leurs crochets, les morsures de ces serpents sont moins dangereuses. Pourtant, leur venin est très toxique.

V. BRAZIL nous indique les symptômes d’envenimation chez un chien après injection de 11 mg. 200 de venin à la face externe de la jambe gauche. « Vingt minutes après l’injection, inquiétude, aboiements dénonçant une douleur intense ; ensuite, salivation, cécité, déjections sanguinolentes, pupilles dilatées, tremblement général, fatigue musculaire ; trois heures, après cécité complète ; enfin, la paralysie gagne l'animal, une crise de larmoiement se traduit et après des convulsions suivies de paralysie, l’animal succombe dans la journée. »

Leur venin est très toxique, son absorbtion est extrêmement soudaine et très douloureuse.

Nous résumons encore ici le cours du Dr JOUSSE, relatif à la pathogénésie de ce venin et à ses applications.

CARACTERISTIQUES

— Hémorragie du sang noir.

— Sensation de froid glacé à l’intérieur.

— Latéralité droite.

— Paralysie droite.

MODALITES

Aggravation. — Par l'effort, par l’ingestion de mets ou de liquides froids.

Amélioration. — Par le repos et quelquefois la marche. PATHOGENESIE Mentalité — Anxiété, peur de la solitude, d’un danger,

crainte et horreur de la pluie, intelligence défaillante.

Sensibilité. — Exagérée, frissons et tremblements à la moindre contradiction, un autocritisme se développe, le malade se trouve constamment en faute,

rares

Sommeil. — Troublé, cauchemars.

Tête. —— Céphalée violente, sensation comme si tout le sang du corps refluait vers la tête, comme dans une attaque imminente d’apoplexie. En même temps, les mains sont froides, le cerveau semble comme secoué à chaque battement cardiaque.

Face. — Face rouge et chaude, surtout à droite, en opposition à la sensation de froid glacé du corps.

Yeux. — Aversion pour la lumière,

Oreilles. — Tendance à la surdité, sensation de roulement,

de grondement de tonnerre, pouvant se produire brusquement au milieu de la nuit et réveiller le malade, craquement dans les oreilles en avalant.

Ecoulement séreux, jaune verdätre, fétide, cérumen noir.

Nez. — Coryza chronique avec croûtes verdâtres, perte de l’odorat. Epistaxis de sang abondant et noir, ozène.

Appareil digestif. — Spasmes de l’æsophage et de la gorge.

Estomac. — Sensation de pesanteur avec nausées après les repas. Acidité, désir de petit lait.

Sensation de froid de glace dans lestomac et dans la poitrine, surtout après avoir bu ou après avoir mangé des fruits

Abdomen. — Hémorragies de sang noir.

Appareil respiratoire. — Froid de glace dans la poitrine après avoir bu ou après avoir mangé des fruits. Douleurs aiguës, piquantes, dans les sommets des deux poumons, poumon droit plus affecté que le gauche. Hémoptysie de sang noir.

Appareil circulatoire. — Toux cardiaque, hémorragies de sang noir avec douleurs déchirantes.

Appareil génital. — Hémorragies de sang noir. Appareil urinaire. — Signes peu importants.

Dos et extrémités. — Douleurs rhumatismales, pieds gla-

cés, engourdissement du bras gauche avec œdème et tuméfaction.

Peau. — Inflammation des glandes, furoncles et boutons sur le corps au moindre ennui,

Fièvre. — Bouffées de chaleurs, le soir, avec rougeur et chaleur de la face et des oreilles.

INDICATIONS CLINIQUES

Le venin d’Elaps est utile en oto-rhino-laryngologie, surdité brusque au milieu de la nuit avec bourdonnements des oreilles, rhino-pharyngites, ozène.

LACHESIS

Le Lachesis est un vipéridé solénoglyphe, de la variété des Crotalinés. Il vit en Amérique. Parmi les nombreuses espèces, deux retiendront notre attention : le Lachesis mutus et le Lachesis lanceolatus.

Ces serpents sont très dangereux.

Les premiers symptômes de l’empoisonnement se montrent plus ou moins rapides à apparaître suivant le cas. Cest une sensation de malaise, de fatigue, d’abattement, avec extrême sécheresse de la bouche, soif intense. Puis apparaissent des nausées, des vomissements spasmodiques alimentaires et bilieux. Ensuite, il existe des étourdissements, de la céphalalgie, des troubles de la vue, une face vultueuse, une température inférieure à la normale, un pouls rapide et faible, de l'oppression thoracique, de la dyspnée invincible, une tendance au sommeil ou du délire.

Après cette période d’invasion du venin dans l'organisme, vient la période d’état de l’empoisonnement, caractérisée par des hémorragies, très abondantes et intenses, par les cuvertures naturelles du corps, la sensibilité s’émousse, la surface cutanée prend une teinte cyanotique ou subictérique, avec des ecchymoses se formant spontanément de tous côtés. La déglutition devient très difficile, l'abdomen est tympanique, la prostration est extrême, il existe une grande faiblesse. La température baisse, le pouls se ralentit et devient filiforme, une sueur froide couvre le corps, la respiration se ralentit, devient stercoreuse et le sujet succombe dans le coma.

Le Lachesis mutus produit des symptômes et des lésions locales presque nuls. Ses symptômes généraux sont très rapides et très intenses.

Le Lachesis lanceolatus détermine une inflammation locale très grave. Nous y avons déjà insisté au chapitre du Bothrops.

notre

CARACTERISTIQUES

— Les alternances d’excitation et de dépression.

— Une extrême sensibilité au contact et à la moindre constriction de la surface du corps.

— Une loquacité exceptionnelle.

— Une action prédominante sur les centres nerveux, notamment au niveau du pneumogastrique.

MODALITES

Aggravation. — Au printemps, par les changements de temps ; par le sommeil, en étant couché sur le côté gauche, par le contact.

Amélioration. — En plein air, par les écoulements.

Latéralité. — Gauche.

PATHOGENESIE

Psychisme. — Signes d’excitation et signes de dépression.

Loquacité exceptionnelle, causée par une rapidité et une instabilité très grandes de la perception, de la compréhension, de l’association des idées.

Orgueil avec jalousie, susceptibilité et méfiance.

Hallucinations religieuses. — Anxiété, lassitude, tentative quelquefois de suicide (surtout par noyade), absence de la notion de temps, impossibilité de fixer la pensée.

Sommeil. — Agité, rêves angoissants. Cette aggravation serait due à l’intoxication par l’oxyde de carbone qui s’élimine mal à ce moment où les échanges sont ralentis.

Sensibilité. — Hypersensibilité ou insensibilité.

Hypersensibilité au moindre contact (collier, ceinture), à la chaleur, au bruit, à la lumière (douleur violente dans les globes oculaires lorsqu'on examine la gorge avec un abaisselangue).

Une phase de dépression se produit aussi, le matin, au réveil : extrémités engourdies, sensation de doigts morts.

Motilité. — Excitation et dépression.

Excitation caractérisée par la constriction et des spasmes (pharynx, larynx, bronches), et des convulsions.

AR

Dépression représentée par tremblements et f du côté gauche.

des phénomènes de parésie, aiblesse, puis Paralysie nette, en particulier

Tête. — Céphalée violente après exposition au de sang à Ja tête après travail mental, irrégularité des règles, à la ménopause,

Tête très chaude, pieds très froids.

La tête à des douleurs martelantes, sensation de houle, comme si une vague Pour traverser la tête, mal de tête avec yeux sont tirés en arrière.

soleil, afflux avec suppression et

mal de tête, avec une montait par la nuque une sensation que les

Face. — Elle présente une vascularis (nez en tomate), lévres violacées.

Face pourpre, marbrée, boufjie, ictérique, chlorotique.

Yeux. — Sensation que les yeux sont tirés en arrière. Diminution de l’acuité visuelle, « mouches volantes ».

ation très marquée

Oreilles. —— Sécheresse des oreilles, obstruction de la trompe d’Eustache.

Appareil digestif. — Bouche, gencives molles, livides.

Parésie de la langue, qui s'accroche aux dents du maxillaire inférieur, est déviée à gauche.

Pharynx. — Rougeur sombre de la muqueuse pharyngée, sensation de constriction, comme si la gorge était serrée et étranglée. Douleur aiguë qui commence à gauche et peut s'étendre du côté droit.

Déglutition très pénible pour les liquides.

bourdonnement avec

Estomac. —— Alternance d’anorexie et de boulimie. Abdomen. — Sensibilité au toucher, hémorragies.

Appareil respiratoire. Coryza aqueux, précédé de maux de tére,

Larynx, sensation de suffocation et de strangulation, oblige le malade à se jeter hors du lit et à se précipiter à la fenêtre.

Poumons, toux sèche déchirante pendant le sommeil, ne

réveille pas le malade. Besoin de faire souvent des respirations profondes.

Appareil circulatoire. — Palpitations anxieuses avec sensation de constriction dans la région du cœur, sensation que le cœur est cousu et suspendu par un fil.

Lure

Syncopes, bouffées de chaleur.

Appareil urinaire. — Douleurs profondes dans la région lombaire, sensation de bille roulant dans la vessie, hématuries.

Appareil génital. — Douleurs de meurtrissures dans les hanches, s’irradiant vers les ovaires, surtout vers l’ovaire gauche.

Hémorragies utérines, surtout au moment de la ménopause.

Peau. — Très sensible. À

Ecchymoses spontanées, abcès, furoncles avec douleurs intenses, ulcères variqueux, saignant facilement, aux bords bleuâtres et livides.

Fièvre. — Alternatives de frissons et de bouffées de chaleur.

INDICATIONS CLINIQUES

Lachesis est le médicament des maladies infectieuses, à forme maligne et hémorragique : fièvre jaune, choléra, typhoïde, rougeole, variole, érysipèle, purpura, scorbut.

Lachesis est le remède des névroses, délire et cachexie alcoolique, épilepsie, paralysie agitante.

C’est un des meilleurs remèdes pour les maux de tête.

Le Lachesis, dit Nash, « a conquis ses plus beaux lauriers dans les affeëtions de la gorge ».

Le Lachesis est un des plus utiles remèdes dans les affections du cœur, aiguës ou chroniques.

Il est aussi un médicament ovarien et semble affecter surtout l’ovaire gauche. Il rendra des services dans tous les:cas, de la simple névralgie jusqu'aux indurations, suppurations, tumeurs.

Lachesis est utile dans les cancers de l'utérus et du sein, notamment quand la tumeur revêt une apparence bleu-pourpre, avec une vascularisation intense et hémorragies.

Enfin, les lésions locales à évolution rapide, grande inflammation et œdème par infiltration hémorragique, anthrax, abcès, ulcères, relèveront de son usage.

NAJA TRIPUDIANS

Le Naja tripudians ou Serpent à lunettes, ou Cobra capello, est un colubridé protéroglyphe, famille des Elapinés, il vit surtout aux Indes.

C’est un des serpents les plus dangereux. Sa morsure est mortelle dans 70 % des cas.

Les effets {ocaux de la morsure sont peu importants et consistent en douleur caractéristique, brûlante, accompagnée d’engourdissement, et en un œdème modéré, incolore ou rose.

Les symptômes généraux dominent rapidement le tableau toxique, et consistent, en résumé, en somnolence, puis fainlesse musculaire, phénemènes paralytiques sur l’ensemble de l’organisme ; mais surtout marqués sur le centre nerveux respiratoire ; ralentissement progressif de la respiration, allant jusqu’à l'arrêt complet, qui se produit avant celui du cœur.

Le venin de Cobra manifeste une action anticoagulante sur le sang. Si on le mélange au venin de Lachesis, il y a neutralisation des deux venins.

RUSSEL et STOKES ont introduit le venin de Cobra en homéopathie ; le D' JOUSSE nous donne encore bien des détails sur sa pathogénésie, nous la résumerons ici.

CARACTERISTIQUES

—— Dépression mentale avec tendance impulsive au suicide.

— Action profonde sur le système nerveux et le cœur, accompagnée de toux et de suffocations. |

— Action sur l'organisme : faiblesse extrême et douleurs

brûlantes comme par du feu.

MODALITES

Aggravations. — La nuit, en étant couché sur le côte qauche, en allant en voiture, à 15 heures, en mangeant, par le temps humide.

Amélioration. —— En étant couché sur le côté droit, en fumant, en marchant doucement au grand air.

Latéralité. — Gauche.

PATHOGENESIE

Mentalité. —— Tristesse et dépression (morale et physique), tendance impulsive et brusque au suicide.

Sommeil. — Mauvais, cauchemars de meurtres, de suicides, de feu.

Sensibilité. — Douleurs aiguës, très vives, constrictives, brûlantes comme par du feu.

La tête. — Céphalées congestives avec douleur dans la tempe gauche et sur l’œil gauche, s’irradiant à la région occipitale, accompagnée de battements intenses,

. Yeux. — Regards fixes, pupille dilatée et insensible, paupières supérieures enflées et livides.

Oreilles. — Bourdonnement dans l'oreille gauche, réveillant le malade le matin.

Face. -— Pâle, anxieuse, chaleur brülante et bouffées de chaleur à la face.

Dos et membres. — Faiblesse extrême, surtout des membres inférieurs avec douleurs articulaires, transpiration froide des paumes des mains.

Appareil digestif. — Sécheresse de la gorge, avec sensation d’étranglement et de suffocations. Chaleur brûlante et intense, sensation de piqûre d'aiguille dans l’amygdale gauche.

Appareil respiratoire. — Sensation de nez bouché au réveil, accentuée à l’air libre. Hydrorrhée, pendant quelques minutes, puis éternuement qui améliore la respiration. Après quelques jours, il existe une grande sécheresse dans les poumons. Toux avec étranglement et suffocation d’origine cardiaque. |

Appareil circulatoire. — Douleur cardiaque, intense, irradiant à la nuque, à l’épaule et au bras gauche avec anxiété, oppression et sensation de mort prochaine.

Appareil uro-génital. —— Douleurs crampoides de l'ovaire gauche, s'étendant au cœur, comme s'ils étaient réunis par un fil et tiraillés douloureusement.

Peau. — Froide et insensible, fourmillements et démangeaisons, furoncles.

Fièvre. — Corps froid, visage brûlant.

INDICATIONS CLINIQUES

. I sera de toute nécessité de distinguer nettement la pathogénésie du venin de Cobra avec celui du Lachesis.

Naja est avant tout le remède des affections cardiaques : angine de poitrine, affections valvulaires, palpitations nerveuses avec douleur à l’ovaire. gauche.

Il agit aussi dans les amygdalites, dans les cas de diphtéries graves. Il est encore recommandé dans les spasmes de lœsophage et de la glotte ; dans les cancers du larynx, dans les toux des cardiaques et des tuberculeux, dans le choléra, la peste, les affections médullaires avec anesthésie. Enfin, il est utile aussi dans la chorée avec douleurs musculaires vives et dans certains symptômes infectieux septiques,

VIPERA

Le genre Vipera est un solénoglyphe de la sous-famille des Vipéridés. Il comprend onze espèces, dont six vivent en Europe. Les espèces utilisées en homéopathie sont: Vipera berus, Vipera aspis.

Les morsures causées par Vipera sont toujours très dangereuses. Une morsure provoque localement une douleur üe piqûre d’aiguille, quelquefois accompagnée de brûlure. Ensuite, surviennent une tuméfaction rouge, chaude, dure, douloureuse : des taches livides, des traînées de lymphangite et des adénites. Plus tard se produisent des abcès, de la gangrène par plaques ou des escharres.

Les signes généraux, en général légers, sont toujours présents : prostration, refroidissement, lipothymies, somnolence, vertiges, état délirant avec torpeur. Il peut y avoir de violentes douleurs gastriques et intestinales, avec nausées, vomissements, suffocation, soif intense, diarrhée. Il existe une violente constriction de la gorge, de la dyspnée, ictère et foie gros et douloureux ; urines rares et foncées et mictions quelquefois involontaires. Il y a chute rapide et énorme de la tension artérielle (pouls presque imperceptible). Les globules rouges perdent leur forme ‘discoïde et deviennent sphériques. La tunique des vaisseaux est enflammée.

Depuis HÉRING, l'Homéopathie a utilisé les venins de Vipera

JNOpeeS

berus et Vipera aspis. Leurs indications se confondent. Nous allons étudier leur pathogénésie en résumant ici le cours du D' JOUSSE,

CARACTERISTIQUES

— Action principale sur l’appareil veineux et sur le sang.

— Œdèmes accompagnés d’altérations vasculaires, surtout veineuses. |

— Congestion hépatique.

— Varices et phlébites.

—- Paralysie ascendante.

MODALITES Aggravation. — Par le contact, le changement de temps, la chaleur et surtout en laissant pendre les membres. Amélioration. — Par l'élévation des membres.

Latéralité. — Droite.

Périodicité. — Tous les ans.

PATHOGENESIE Psychisme. — Sensation de défaillance et d'angoisse avec peur de la mort.

Motilité. — Paraplégie spasmodique et parésie ffasque.

Sensibilité. — Douleurs en piqüres d’aiguilles, parfois accompagnées de brûlures.

Sommeil. — Insomnie avec agitation nocturne et besoin de changer de position.

Tête. — Vertiges avec tendance à tomber en avant. Céphalée avec anorexie.

Face. — Gonflée, œdématiée, sueurs froides au front, lèvres enflées et bleues.

Yeux. — Pupilles dilatées.

Appareil digestif. — Gonfiement de la langue. Grande sécheresse de la bouche, parole difficile. Gonflement des glandes salivaires avec sécheresse et impossibilité d’avaler.

Gorge gonflée, avec importante constriction qui permet

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