‹ Le Serpent en Matière MédicaleChapitre 50 sur 60 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

Les vaccins antivenimeux

Les vaccins antivenimeux ne sont pas, à notre connaissance, encore mis au point. Mais nous tenons à signaler des études faites à ce sujet.

Mme PHisaLix, en 1928, communique aux Comptes rendus de l'Académie des Sciences : « La vaccination contre le venin de Vipère et la rage expérimentale par les mélanges virusvenins avec excès de virus. » CALMETTE et Mme PHisALIxX ont déjà montré les relations étroites entre le venin de Vipéres le venin de Cobra et le virus rabique. Ainsi, le virus rabique et ces venins contiennent respectivement un antigène rabique et un antigène venimeux distincts l’un de l’autre.

Après des essais de vaccination sur le lapin, Mme PHisaLix conclut : « Le mélange de virus rabique et de venin de Vipère contenant le virus en excès, inoculé sous la peau du lapin, le protège efficacement, à la fois contre la dose de venin qu’une forte Vipère serait capable d’inoculer par Sa morsure et contre la rage expérimentale inoculée, par les voies les plus sévères d'introduction.

Cette méthode de vaccination serait aisément applicable aux animaux circulants exposés, tels que les chiens de chasse, aux morsures de leurs congénères enragés, ainsi qu'aux morsures des Vipères, auxquelles ils sont particulièrement sensibles, et qui les laissent privés d’odorat, quand, par hasard, ils guérissent spontanément, »

M. J. VELLARD, en 1930, publie aux Comptes rendus de l'Académie des Sciences une méthode « de vaccination antivenimeuse ». Elle est basée sur la propriété neutralisante de certains lipoïdes vis-à-vis des toxines et par analogie des toxalbumines, tels les venins. Quatre lipoïdes ont été employés : les lipoïdes hépatiques extraits par l'alcool et l’éther et inso-

lubles dans l’acétone ; des lipoïdes cérébraux riches en cholestérine, extraits par le même procédé ; l’ovo-lécithine et la cholestérine.

Voici sa technique : « Les venins, dissous dans une soiution de NaCI à 8 %, étaient additionnés de glycérine (trois grammes pour un gramme de venin) et évaporés jusqu’à consistance de gelée. Les lipoïdes étaient alors ajoutés dans la proportion de cinq grammes pour un gramme de venin, le tout était conservé à l’étuve à 37°.

Aussitôt après le contact avec les lipoïdes, la toxicité de la plupart des venins ophidiques s’abaisse légèrement. Elle s’atténue ensuite d’une façon progressive, plus ou moins rapide, suivant les lipoïdes et les venins.

Tous les venins ainsi atténués se sont montrés capables de protéger les animaux contre l'injection postérieure de doses élevées de venin pur. Huit jours après la vaccination, cette immunité est déjà forte. Sa durée et sa solidité dépendent plus de la répétition des injections que de la dose totale de vaccin injecté. Deux injections sont nécessaires pour obtenir une immunité de plusieurs mois chez le lapin. Il en faut davantage pour le chien, le cheval et le mouton. »

MM. VELLARD et JARBUS-PENTEADO (1930) ont réussi avec des doses massives de venins irradiés en 45 minutes à immuniser des cobayes et des chèvres et à mettre en évidence les propriétés antitoxiques de leur sérum.

En 1937, MM. CÉsaRI et BOQUET ont vacciné des lapins par du venin de Vipera aspis détoxiqué par le ricinoléate de soude. Aïnsi privé de sa toxicité, le venin conserve sa fonction antigénique.

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