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CHAPITRE QUATRIEME

Les sérums antivenimeux

Les sérums antivenimeux sont des sérums antitoxiques. Ce sont les seuls médicaments à base de Serpent inscrits au Codex de 1937.

Préparation

Ces sérums proviennent d'animaux immunisés par l’injection de venin de divers Serpents ou par l'injection de venin modifié « anavenin ». Les animaux immunisés sont en général des chevaux, mais M. J. VELLARD, en 1937, a montré que le mouton pouvait éventuellement servir à la préparation des sérums antivenimeux. Les anavenins donnent des résultats plus rapides. Comme l'ont affirmé les travaux de MM. Gaston RAMON, Paul BOQUET, Rémy RicHou et Mlle Marcelle RAMON (1940-41), se découvrent ainsi les avantages de ces substances.

L'Institut Pasteur prépare quatre sérums antivenimeux différents, qui sont spécifiques pour les principaux types de venins :

Le sérum antivenimeux E.R. est spécifique vis-à-vis des venins de Vipères d'Europe.

Le sérum antivenimeux A.N. est spécifique vis-à-vis des Serpents de l’Afrique du Nord (Céraste).

Le sérum antivenimeux A.Q. est spécifique vis-à-vis des venins de Serpents de l’Afrique occidentale et équatoriale (Sepedon Bitis).

Le sérum antivenimeux C. est spécifique vis-à-vis des venins de Serpents de l’Inde et de l'Egypte (Naja).

Activité

Leur activité, nous l'avons précisé, est spécifique. Mais M. C.-J. HANUT, en 1936, publie quelques remarques à propos de cette spécificité. [1 conclut : « Si l’on est en droit d’admettre d’une manière générale la loi de spécificité d’action des sérums antiophidiques vis-à-vis des effets des venins, sur la coagulation sanguine, elle comporte néanmoins des exceptions importantes dont certaines s'expliquent par des affinités zoologiques, d’autres par une ressémblance d’action des venins sur la coagulation sanguine. »

Nous pourrions rapprocher de cette étude celle réalisée par MM. VELLARD et MIGUELOTE-VIANA, en 1930, sur « La Spéecificité de la réaction de fixation du complément avec des sérums monovalents anti-lachesis ». Ces auteurs concluent : « Les anticorps fixateurs des sérums monovalents étudiés possèdent un degré élevé de spécificité analogue à celui des autres anticorps de ces sérums, antitoxines, anticoagulines. Ils fixent très énergiquement le venin correspondant, les autres venins sont fixés d’une façon plus ou moins intense, suivant les affinités zoologiques existant entre l'espèce qui les produit et celle dont le venin a servi pour obtenir le sérum étudié. »

Conservation

Les sérums antivenimeux actuellement préparés à l’Institut Pasteur conservent toute leur activité, en tous climats, pendant plus de trois années.

Essai et Titrage

Nous donnons l’essai prescrit au Codex 1937 :

« On détermine l’activité antitoxique d’un sérum antivenimeux en recherchant la dose de sérum qui, mélangée au venin, peut en neutraliser plusieurs doses mortelles et rendre celles-ci atoxiques.

Cet essai est effectué sur le lapin. Après un contact d’une demi-heure à l’étuve à 37°, le mélange sérum-vaccin est injecté par la voie veineuse et ne doit produire aucune intoxication.

On admet généralement que l’activité d’un sérum antivenimeux est suffisante pour l’emploi thérapeutique, lorsqu'un

centimètre cube de sérum est capable de neutraliser, dans les conditions exposées ci-dessus, un milligramme au moins de venin desséché. »

En 1927, MM. SORDELLI et PACELLA avaient attiré l’attention sur « quelques considérations sur le titrage du sérum antiophidien », où il faut respecter toujours des conditions bien précises. C’est pourquoi le Codex les note.

Législation

L'arrêté du 4 février 1937 stipule certaines dispositions relatives à ces sérums.

Article premier. « L'établissement doit être sous la direction et le contrôle d’un vétérinaire qualifié.

Les animaux doivent être sains, éprouvés, selon leur espèce, à la malléine ou à la tuberculine. On doit éliminer les sujets atteints de brucelloses. Les animaux sont observés et isolés pendant sept jours au moins, avant d’être logés avec les autres animaux producteurs de sérums. Ils doivent être immunisés contre le tétanos, de façon que leur sérum contienne de l’antitoxine tétanique pendant tout le temps de leur utilisation. »

Article 8. « L'activité du sérum antivenimeux est déterminée par la recherche de son pouvoir antitoxique et de son pouvoir préventif, suivant une technique fixée par arrêté du Ministre de la Santé Publique, après avis de la Commission des Sérums. »

Mode d’emploi

La voie hypodermique est utilisée, en général, de préférence. Ces sérums s’emploient à la dose de 10 cm, pour les enfants et pour les adultes, et de 20 cm*, lorsqu'on intervient plusieurs heures après la morsure. L’injection doit être faite aussitôt après l’accident. Les injections sous-cutanées scrort faites dans le tissu cellulaire du flanc droit ou gauche. On doit les pratiquer avec une seringue stérilisée de 10 cm3.

M. BESREDKA, en 1938, signalait aux Comptes rendus de l'Académie des Sciences l'avantage de la Sérothérapie locale dans l’empoisonnement par le venin des Vipères. L'effet du sérum est nettement plus rapide.

Indications

Ces sérums sont utilisés dans les accidents ophiodiques en médecine humaine et vétérinaire.

Formes

Le sérum antivenimeux est délivré par l’Institut Pasteur, soit en ampoules de 10 cm*, soit en ampoules auto-injectables contenant 10 cm° de sérum.

L'Institut Pasteur délivre également des sérums antivenimeux E.R., A.H., A.O. et C., desséchés et contenus dans des flacons bouchés au caoutchouc. Chaque flacon représente 10 cm de sérum liquide.

D’après l’Institut Pasteur, les sérums ne présentent aucune toxicité et ne déterminent aucun accident.

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