‹ Le sérum polyvalent de MM. Leclainche et Vallée dans la "maladie des chiens"Chapitre 8 sur 44 · RON RE · texte numérisé non relu

RON RE

employant la méthode dite de sérothérapie qui consiste à élaborer le ferment ni civo, en dehors de l'organisme et à l’apporter directement au malade.

I y a intérêt à procurer à l'organisme les subslances immunisantes élaborées en dehors de lui et éviter ainsi les réactions qui peuvent résulter des attaques microbiennes. « Les fixaleurs injectés avec le sérum, se fixent sur les microbes avec avidité, ceux-ci peuvent devenir plus facilement la proie des phagocytes et être détruits très rapidement » écrit Metchnikoff.

La sérothérapie, pour être réellement efficace, comme dans les cas de la maladie des chiens, ne doit pas viser uniquement un seul agent mais au contraire un très grand nombre : elle doit être polyvalente, ses valences multiples doivent correspondre aux divers agents susceptibles de déterminer l'infection. Le sérum de MM. Leclainche et Vallée offre justement cet avantage de correspondre à une série de germes. « IL n’est que des avantages, déclare M. Leclainche, à multiplier les valences d’un sérum mixte... Ces superpositions possibles ne doivent avoir d'autre limite que la résistance des producteurs. »

C’est aux anticorps qu'il renferme et non à ses propriétés physiologiques que ce sérum doit son activité, aussi n'est-il opérant que vis-à-vis des espèces microbiennes et de leurs toxines qui ont été utilisées pour sa préparation el qui ont provoqué la formation des anticorps correspondants. € La mul- Uplicité des espèces et des variétés microbiennes

É. Fontaine 2

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explique des échecs ou des résultats incomplets qui sont en réalité une confirmation précieuse de la théorie initiale » écrit M. Vallée.

Les expériences faites en Italie par Unfreduzzi sur le sérum de cheval etle sérum polyvalent sont égale: ment très significatives. L'auteur fait bien ressortir lés propriétés du sérum polyvalent. Le sérum était celui de Finzi et Lanfranchi préparé sur les mêmes bases que celui de Leclainche et Vallée.

Siontraite une plaie infectée par du sérum physiololique on netarit pasla suppuration ;au contraire quelques applications de sérum polyvalent la font cesser rapidement. Nous avons pu à maintes reprises faire la constation suivante : En application sur des plaies infectées les résultats sont constants : abaissement dela température, modification très nette des surfaces de la plaie bourgeonnement rapide et suppression à peu près complète de la suppuration.

Il faut renouveler fréquemment les pansements et ne pas craindre de débrider la plaie afin de mettre le sérum en contact direct avec les tissus lésés. En application sur les plaies son usage est très répandu en médecine vétérinaire.

L'emploi du sérum polyvalent ne s’est pas limité uniquement au traitement des plaies. Sur l'initiative des chirurgiens on s’en est servi en injections hypodermiques et encouragé par les succès obtenus,dans les cas urgents on a utilisé la voie veineuse.

En médecine vétérinaire, M. Bressou, dans une épizootie de broncho-pneumonie sévissant sur des

chiens de l’Alaska importés pendant la guerre a fail usage du sérum polyvalent de MM. Leclainche et Vallée. Dans la majorité des cas il a eu recours aux injections sous-cutanées avec des doses variant de 4o à 5o centimètres cubes, les résultats obtenus furent excellents. « Deux chiens furent traités par des injections intraveineuses de 30 centimètres cubes sans que rien de particulier soit à signaler dans les résultats obtenus ».

M. Mennerat qui a fait usage du sérum polyvalent dans le traitement de la broncho-pneumonie contagieuse de chiens déclare avoir obtenu parfois des « guérisons surprenantes », |

Dans sa thèse de doctorat, M. Pagnon relate plusieurs observations de guérison rapide de plaies ne laissant pas de cicatrice apparente, par l'application du sérum de Leclainche et Vallée ; dans plusieurs cas il a renforcé l’action locale par des injections intraveineuses de ce même sérum. Il conclut que l'usage du sérum polyvalent a permis :

1° D'éviter des complications graves d'infection des plaies ;

2° D’obtenir rapidement la guérison d’une plaie dont le traitement eut duré des semaines.

Mentionnons encore les cas de septicémie gangréneuse relatés par M. Lange, vétérinaire à Clichy, traités avec succès par le sérum polyvalent. Ces observations furent présentées par M. Vallée à la Société centrale de Médecine vétérinaire en 1919.

«Le sérum polyvalent utilisé au titre anti-gangré-

oies

neux a manifestement enrayé el guéri deux cas de septicémie gangréneuse en plein développement. Le sérum agit sur les microbes pyogènes, le vibrion septique et le bacillus perfringens ». Les doses injectées dans la veine furent de 100 centimètres cubes lors de la première intervention, de 5o et de 3o centimètres cubes les jours suivants.

Le sérum polyvalent trouve aussi son emploi dans toute intervention chirurgicale. Mais il nous semble que cet emploi s'impose principalement en chirurgie vétérinaire ; chez l'animal, en effel, l’asepsie rigoureuse est très difficile à réaliser, si on l’obtient lors de l'opération, il est fréquent de corstater, malgré toutes les précautions prises, que le pansement est souillé, lorsqu'il n’est pas déchiré par l’animal et la plaie mise à nue. Aussi, les complications d'infection sont-elles tonjours à redouter. Dans tous les cas, il sera indiqué d’injecter une petite quantité de sérum polyvalent dans la plaie.

Le sérum polyvalent peut donc être utilisé soit en applications locales soit en injections. MM. Leclainche et Vallée ont réservé pour ce dernier emploi le sérum des animaux les plus anciennement etles plus solidement immunisés. Dans nos expériences nous avons injecté du sérum polyvalent réservé lantôt pour injections hypodermiques, tantôt pour plaies. Nous n'avons jamais constaté de différences dans l’action de ces deux modalités de sérum. Il nous semble que l’on peut indifféremment employer l’un et lPautre.

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