Le service de santé de notre armée. Les réformes urgentes. Observations présentées... le 7 juillet 1915 à la Commission de l'armée du Sénat... et à la Commission d'hygiène de la Chambre des Députés
à la Commission de l’Armée du Sénat (Service de Santé) et à la Commission d’Hygiène de la Chambre des Députés.
Monsieur le Président, Messieurs,
J’ai eu l’honneur de vous exposer le 8 janvier dernier, dans une lettre aux membres du Parlement, le mauvais fonctionnement du Service de Santé de nos armées et les moyens d’y remédier.
Nul n’ignore que, depuis le début des hostilités, nos maljieureux soldats sont morts par milliers faute de soins immédiats, les uns d’hémorragie, les autres de plaies viscérales, le plus grand nombre d’accidents infectieux : septicémie, gangrène gazeuse et tétanos. Pour ceux qui ont survécu et dont plusieurs centaines de mille resteront infirmes, l’examen impartial des faits démontre que plus de 50 p. 100 des amputations et des infirmités permanentes auraient pu être évitées.
Non seulement, le ministre responsable, en dépit de nombreux avertissements, n’a pas pris les mesures les plus urgentes, mais, ce qui est plus grave, les fautes des premiers mois viennent de se répéter aux Dardanelles, où le désarroi du Service de Santé a dépassé celui des semaines les plus attristantes de la guerre actuelle.
Avant de vous soumettre l’ensemble de mon projet de réforme, je vais vous exposer comment j’ai été conduit à étudier le fonctionnement du Service de Santé du ministère de la Guerre dans son ensemble. Cette réforme est une oeuvre patriotique, qu’il faut réaliser sans retard.
'\ITT ])f>