RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Bordeaux, le 4 novembre 1914.
- Bureau du Directeur.
' A. S. deM....
« Le Ministre de la Guerre,
\ « A Monsieur le Directeur du Service de Santé de la N® région a Z.
5 1 « J’ai riionneur de vous adresser ci-joint la copie d’une demande par laquelle M. X.
S (( sollicite un emploi de comptable dans les services hospitaliers complémentaires du territoire, t « En raison des aptitudes spéciales présentées par M. X., j’estime qu’il y a lieu de lui I ( confier un emploi de comptable dans un établissement hospitalier..
S' « Dans le cas où vos hôpitaux seraient pourvus du personnel nécessaire, je vous prie de a )« vouloir bien transmettre la lettre de M. X. aux directeurs du Service de Santé des N® et S U Y® régions, avec une copie de la présente dépêche. Il me sera rendu compte de la suite donnée.
Ministère de la Guerre.
7® Direction.
Service de Santé,
N® Région
r| Etat-Major
.. 2® Section. Mobilisation
« Pour le Ministre et par son ordre :
« P. Le Directeur du Service de Santé,
« Par ordre et par délégation spéciale du Directeur,
« L’Adjoint au Directeur. »
(Signature).
^ A l’appui de cet ordre, transmis le 4.novembre, la 7® Direction joint la copie d’une ^ lettre de remerciements, adressée au Ministre le 28 octobre par l’électeur dévoilé auquel ^ lavait déjà promis la faveur demandée, et qui le remerciait par anticipation. Voici’cette *■ lettre :
Paris, le 28 octobre 19] 4'
’/ Monsieur le Ministre,
j J’accepte avec plaisir l’emploi que vous voulez bien me confier dans un hôpital.
Voici quelles sont mes références ;
Directeur retraité des hôpitaux et hospices civils de Paris, officier de l’Instruction
’ (1) On sait que le médecin-inspecteur Troussaint est candidat à l’Académie de Médécine, comme le médecin
ifaupecteur Delorme l’est à l’Académie des Sciences. Cette particularité suffit pour expliquer un certain nombre les mesures de favoritisme auxquelles je fais allusion.
Mobilisation du personnel médico-chirurgical d’après les compétences.
La 7® Direction aurait-elle pu réaliser la mobilisation des médecins de la réserve et de la territoriale conformément à leurs capacités individuelles ? I
Assurément, mais il eût fallu, pour procéder à cette mobilisation rationnelle, un homme compétent, impartial, capable de ne prendre en considération que l’intérêt de nos soldats et de leur assurer, comme blessés de guerre, des soins aussi éclairés que ceux auxquels ils pouvaient librement prétendre avant la mobilisation.
Nos soldats ne pouvant choisir ni leur médecin, ni leur chirurgien,. l’État ne fait pas f son devoir s’il n’assure pas à ces défenseurs de la patrie les soins les plus éclairés, donnés par des médecins et par des chirurgiens d’une valeur professionnelle indiscutable. Or, le meilleur moyen de connaître la valeur réelle d’un médecin, d’un chirurgien ou d’un spé- ^ cialiste, c’est de considérer sa situation professionnelle, laquelle est indépendante des fonctions officielles et des titres honorifiques. ^
Le nombre total des médecins français, civils et militaires était, avant la guerre, d’environ 22.000,
Le nombre des médecins militaires du cadre actif est d’environ 1.700, celui des! médecins praticiens de la réserve et de la territoriale d’environ 13.000, soit en tout
14.000 à 15.000 médecins, chirurgiens et spécialistes utilisables en temps de guerre.
On peut compter que, sur ces 15.000 médecins, le plus grand nombre peuvent être employés comme chirurgiens ou comme aides-chirurgiens. j
Il est facile de dresser une liste indiquant :
Les chirurgiens de carrière ; leur compétence est garantie par leur longue ' expérience et par leur situation professionnelle; ils auront le rang de chirurgien-chef; *1 2° Les jeunes chirurgiens auront le rang de chirurgien en second ;
3® Les internes des hôpitaux et les étudiants en médecine, possédant des capacitési spéciales, seront leurs aides;
4° Les spécialistes pour les yeux ;
5® Les spécialistes pour la bouche et les dents ; no
6° Les spécialistes pour la radiographie et l’électricité ;
7° Les spécialistes pour les maladies du nez, des oreilles et du larynx;
8° Les spécialistes pour le massage, la mécanothérapie et la rééducation.
Pour les médecins, on établira une liste analogue, de manière à les mobiliser suivant leurs aptitudes professionnelles ou leur spécialisation.
Or, la 7*" Direction, fidèle à sa conception de la hiérarchie militaire, n’a tenu compte que des grades, et elle a imposé aux médecins mobilisés les fonctions les plus étrangères à leur carrière professionnelle. ï’
Les pharmaciens devront être employés suivant leur compétence : pharmacie, labo**^^ ratoires d’analyses, services de désinfection et d’antisepsie, etc.
Les erreurs du début ont été réparées dans une mesure tellement restreinte qu’une révision complète des affectations actuelles s’impose dans un bref délai.
Les compétences et les grades.
Comment concilier ces deux qualités, qui se heurtent si souvent aux armées comme à I l’intérieur ?
11 faut séparer complètement, dans le Service de Santé, les Services administratifs des Services techniques, c’est-à-dire de la pratique de la médecine et de la chirurgie.