tonnes économisées en métallurgie
Soit 26:000.000 tonnes de combustibles économisées en se plaçant dans les conditions où nous nous trouvions en 1913. On aurait pu aspirer ainsi à supprimer complètement la nécessité des importations qui étaient montées alors à un tonnage voisin de 2/.000.000 tonnes.
Il est intéressant de rapprocher de l'économie de 26.000.000 de tonnes à laquelle nos calculs nous ont conduits les chiffres-retenus par M. Jean Réy, dans le rapport qu'il produisit en 1918, comme Président de la Commission d'Electricité au Congrès Général du Génie civil. Cet ingénieur dont l'opinion fait cerlainement autorité estimait l’économie réalisable à 15.000.000 de tonnes annuellement en prenant toujours les conditions industrielles de 1913. Mais le rapport laissait trop délibérément de côté les économies réalisables en combustible dans les exploitations minières et métallurgiques. Il ne faut pas oublier que ces deux services industriels dépensent souvent sans trop compter un combustible qui chez eux forme une des matières premières de leur commerce et qu'ils devraient être les premiers à bénéficier des économies réalisables par lgtilisation de l'électricité fournie dans des conditions de bon rendement. Nous ne croyons pas que le chiffre d’une économie réafisable de 6.000.000 tonnes sur la consommation de plus de 17.000.000: tonnes absorbée par les mines et
* la métallurgie sortent des limites escomptables.
Nous croyons enfin que M. Rey a sous estimé d'une part l’économie réalisable dans les chemins de fer et d'autre part celle réalisable dans les industrie diverses. Pour les chemins de fer, il fait intervenir une consommation de 2 kilos 22 de charbon dépensé par les locomotives à vapeur par cheval heure fourni au crochet d'altelage. Il ne semble pas faire état de la consommalion commerciale qui met en ligne de. compte toutes les pertes dues aux stationnements et manœuvres diverses combattues efficacement par le moyen de l'électricité. Si l’on se reporte au chevalheure vraiment utile de traction, le chiffre de 2,2 kilos devrait. être sensiblement doublé. L'économie réa-
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lisable alors dans les chemins de fer et que M. Jean Rey estime à 3.000.000 pourrait être très sensiblemen augmentée, Sans pousser notre remarque à fond, 2.000.000 tonnes nouvelles pourraient être récupérables. Si même nous ne parlons pas de la sousestimation que paraît faire M. Jean Rey des éconotiés à faire dans les industries diverses et qui tient certainement à ce qu'il s’est placé dans une hy-
pothèse de distribution d'énergie moins dogmatique
que la nôtre, et en corrigeant par les seuls chiffres qui précèdent le chiffre global retenu par lui, on arrive à un chiffre d'économie de 23.000.000 de tonnes balançant sensiblement le chiffre des importalions de houille en 1913.
Il n’est pas indifférent de comparer les nombres auxquels nous arrivons pour la France à ceux publiés dans l'Engineering du 4 janvier 1918, lors d’une étude sur les projets d'électrification en Grande-Bretagne devant aboutir à un meilleur rendement des houilles. Les chiffres anglais font état d'éléments d'expérience relevés dans un rapport de la Compagnie d’'Electricité du Nord-Est de Londres. Ce rapport établissait que le cheval heure est obtenu dans les usines à vapeur avec une dépense de 3 kilos 200 alors que le cheval-heure peut être fourni sous forme d'énergie électrique chez l’abonné pour une dépense de o k. 700 de charbon avec des centrales bien équipées. En supposant, ce qui est notre point de’ vue dans les développements qui précèdent, que toutes les installations défectueuses du Royaume-Uni soient supprimées et remplacées par une fourniture d'énergie fournie au moyen de centrales électriques outillées d’une façon moderne, les auteurs de l'article estiment qu’il en résulterait une économie annuelle pour la Grande Bretagne de 55.000.000 ton-
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nes de charbon. Il convient de remarquer, en passant, que le chiffre de 3 kilos 200 ne tient pas compte des pertes accessoires de combustibles que nous avons tenu à chiffrer (extraction, transports, réparations, etc...) et qui se traduisent par une majoration de 25 % au minimum du poids du combustible
consommé par les installations particulières. La moyenne de 4 kilos de consommation qui nous a servie dans nos calculs est alors exactement égale à la moyenne de 3 kilos 200 retenue par les Ingénieurs anglais majorée de 25 %. Si l’on se reporte au total des consommations de combustible obtenu au Royaume Uni, on voit que l’économie de 55.000.000 de tonnes correspond sensiblement et est même supérieure à la moyenne d'économie que nous avons fixée comme possible pour la France.
— I] résulte de cette étude que ce n’est pas à tort que l’on peut espérer d'une organisation rationnelle de la distribution d'énergie, la fin de la crise charbonnière dont l'Industrie française ne cesse de souffrir et dont nous avons vu les pénibles conséquences. Le remède pourrait même être obtenu sans faire intervenir d’autres sources d'énergie que la source thermique pour les fournitures à faire aux industries utilisant, par leurs moyens propres, le combustible à la production de l’énergie qui leur est nécessaire. Mais, il va sans dire, qu'une telle organisation de distribution entraîne un bouleversement complet de l’industrie actuelle de la distribution de l'énergie élec-. trique. La pensée de ce bouleversement semble bien avoir été conçue et admise.
L'examen du problème de la crise bond Êb des moyens d'y remédier, ont eu raison des opinions normalement reçues avant guerre. L'idée du monopole et du trust qui soulevait alors la réprobation
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unanime du public et dont les Assemblées parlemenaires avaient fait si grand état, paraît maintenant universellement acceptée. La compréhension du service public, qui s'est développé de lui-nième, prend corps. Il apparaît que la solution d’une production économique de l'énergie, de la vulgarisation des emplois énergétiques et de tout le développement heureux qui doit en résulter pour la vie de la collectivité résulterait non seulement du monopole de la distribution, mais de l'obligation encore d’avoir recours à cette distribution pour toutes les utilisations que l’on peut avoir à faire de l'énergie et qui rentrent dans le cadre des applications pratiques de l'électricité. La pensée n'hésite plus à aller jusque là.
Nous l'avons dit, précédemment, l'Angleterre sémble dans celte voie nous avoir précédés. Le Comité on Electric Power Supply eut le premier le courage de poser nettement et officiellement le problème dès 1917. L'opinion anglaise ne S'Y montra pas opposée. Ainsi que le constatent les auteurs de l’article de P'Engeneering précédemment cité, le rapport publié par cette Commission aurait pu être difficilement présenté au public avant la guerre. Il constituait, en. effet, une critique et un jugement sévère des dispositions prises autrefois. Le mot d'ordre depuis une vingtaine d'années avait été de prévoir des dispesitions telles que Ja clientèle ne pût être menacée d’un trust. Cette méthode a conduit à la situation actuelle caractérisée par l’existence d'un nombre considérable de petites usines génératrices dont les résultats d'exploitation sont des plus médiocres (nous centinuons toujours à citer les auteurs anglais). Le, usi- .nes génératrices sont à peu près toutes placées d'une manière très défavorable pour alimentation en charbon et en eau, etc... Le Comité recommandait
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alors à la fois l'installation des supercentrales et le rattachement de plus en plus poussé aux secteurs de distribution de toutes les industries particulières fai+ sant un emploi de l'énergie.
— Notre situation déficitaire en charbon avant 1913 et qui déjà s’accusait chaque année davantage est devenue encore plus critique depuis la fin de la guerre. Les raisons de réformer, d'organiser, d'agir, semblent donc augmenter. La situation en 1920, telle qu’elle ressort des dernières statistiques, n'est pas faite pour nous rassurer. La crise charbonnière s’accentue sans cesse davantage et il devient de plus en plus urgent de songer à consolider d’une façon définitive notre situation industrielle dans ses rapports avec le combustible.
Les renseignements les plus précieux furent donnés par le Bureau du Comité Central des Houillères de France, lors de l’Assemblée Générale annuelle qui s’est tenue le 18 mafs 1921.
La production houillère française qui était de 22.341.864 tonnes en 1919 (en comparant ce chiffre au chiffre approximatif de 42.000.000 pour 1913, on voit tout le mal que nous a causé la guerre) est montée à 25.274.294 tonnes en 1920, mais les imporlalions sont passées de 24.908.758 tonnes pour 1919 à 80.112.374 tonnes pour 1920, et la part réclamée de combustible à l'étranger a augmenté de 111 % à 119 % en prenant les rapports importation à production. À ce chiffre il faut comparer celui de 53 % environ de 1913.
Au surplus, les observations consignées au rapport ne sont pas faites pour dissimuler la mauvaise impression apportée par ces chiffres
« La Sarre et la Lorraine apportent à la France, in- « dique le rapporteur, un appoint supplémentaire de
«7.000.000 lonnes de combustibles qui pourra s’é- «leverà 10.000.000. La consommation propre ‘des pro- « vinces désannexées nous amènera, par contre, une « charge complémentaire qui au chiffre d’avant- « guerre approche de 11.000.000 ». On se rappelle l'émotion soulevée à l’époque de l'armistice et de la paix par les observations alors mal interprétées de M. Robert Pinor, Secrétaire Général du Comité des Forges de France, qui montrait le déficit. considérable qu'aurait apporté le retour à la France de l'Alsace el de la Lorraine, sans l’appoint des combustibles de la Sarre.
« La victoire, ajoute le rapport, n’a donc apporté 6 aucune transformation radicale à la situation « Celle-ci maintient l'intérêt primordial à l’augimen- « tation et à l'amélioration de la production natio- « nale. Elle continue à commander un meilleur em- «ploi du combustible... Il est inutile de se le dissi- « muler, nous sommes ramenés à la constatation que la houillère française avec son gisement irrégulier, « ses toits ébouleux, ses couches d'ordinaire étroites, «est aujourd'hui et ne cessera pas d’être plus qu'au- « cune autre industrie, dépendante de loûtil hu- « main. Quelque effort d'organisation qui puisse « être tenté, et il demeure toujours des progrès réa- « lisables, le rendement industriel de l’ouvrier mi- « neur demeure le principal facteur de production ». Le rapporteur étudie alors le rendement de louvrier dans les mines de houille en 1913, et en 1919, évalué en kilos de charbon extrait. « Dans l’ensemble; la di- «minution de production individuelle née de la crise « de guerre et particulièrement de la loi Durarour « paraît se stabiliser. Les rendements normauxs'éta- « blissent pour l'ensemble du personnel autour des
« moyennes de la fin de 1919. A l’automne 1920, ils LE ;
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« étaient 713 kilos fond et 443 kilos fond et jour pour : l’ensemble de la France (contre 740 et 448 en « 1919). Déduction faite du personnel employé dans « les mines en reconstitution qui ne reprennent que « progressivement leur place de productrices, ces « chiffres sont respectivement de 730 kïlos fond et “ 536 kilos fond el jour traduisant finalement par « comparaison avec 1913 une baisse proportionnelle « de 20 à 23 %, tel est l'état de chose définitif pour « une large part auquel l’industrie et le pays sont « confrontés et doivent s'adapter ».
Le déficit du combustible national passe ainsi de 37 % en 1913, à 52,8 % en 1910 et 54,2 S en-1920. Nous sommes, il est vrai, en une période de reconstruction du bassin houiller du Nord. Mais, par contre, nous lraversons également une crise de sous-production industrielle. Les observations du Comité des Houillères peuvent se traduire de la manière suivante. C'est que malgré la réorganisation des mines actuellement en service ou capables de le reprendre, par suite de la moins-value dans la production ouvrière, Paugmentation de l'extraction nationale ne pourra peut-être pas suivre parallèlement la reprise des.affaires. Il faut donc s'attendre, si les conditions d’uti- Hisation du combustible ne s’amélioraient pas, à ce que l’on reste tributaires pour les années à venir des combustibles étrangers dans la proportion d'environ 50 % de nos besoins. Jamais donc la situation charbonnière n’a mérité une plus grande attention, et à ce point de vue le trust de l'énergie auquel les considérations antérieures nous ont conduit doit passer au premier rang des préoccupations économiques. /
2° OBSERVATION ACCESSOIRES À LA CRISE CHARBON- NIÈRE QUI APPUIENT EN FAVEUR D'UNE STRICTE ÉCONOMIE DES COMBUSTIBLES, DONC D'UN TRUST DE LA