DISTRIBUTION D'ÉNERGIE
Ce trust de l'énergie n'intéresse pas seulement en ce qu'il résoud toutes les difficultés résultant du manque de quantité du combustible national. Ce serait déjà une raison bien suffisante pour en hâter l'avènement, Car des considérations de sécurité nationale sont liées à ce manque de quantité. Il faut également se placer pour en bien mesurer l'importance à quatre autres points de vue que nous allons rapidement indiquer et qui son liés à la question charbonnière.
1°. — Le premier point de vue est d'ordre firiancier. Nous avons déjà parlé du lourd tribut que nous valent nos déficits en houilles. Ce tribut est beaucoup plus considérable que ne le marque l'écart entre nos besoins et nos productions, car il varie plus que proportionnellement avec l'écart par suite de l’alourdissement des changes qui l'accompagne. Une idée peut en être donnée en évaluant d’après les indications mêmes du Comité des Houiïllères la somme que nous avons dû verser aux marchés étrangers pendant 1920. Estimant à environ 10.000.000 tonnes la diminution de production que nous avait valu entre juin 1919, date d'application de la loi de 8 heures, et janvier 192r, la réduction des heures de travail dans les mines, le rapporteur du comité conclut que cette diminution nous coûtait un décaissement à l'étranger de deux milliards 500 millions. Nous ne pouvons mieux faire que de retenir le prix de 250 fr. la tonne donné ainsi comme moyenne par le Comité. Le défi-
cit total de 1920 a donc coûté environ 7 milliards 500 millions. Si l’on songe que notre balance ne cesse d’être déficitaire, ces sommes viennent augmenter la dette nationale que nous avons contractée. Or, il ne faut pas oublier la situation particulièrement défa. vorable que nous occupons par suite de l'augmentation de nos créances. Toute notre vie économique est fonction des changes extrêmement bas qu'accentue l'augmentation de nos débits. Il y a donc un intérêt national à débarrasser nos achats de tout le poids qu'entraîne notre déficit charbonnier.
2°. — Un second point de vue auquel la guerre a donné une très grande importance est celui des économies de main-d'œuvre à réaliser. Il est superflu de revenir sur les vides creusés dans la population. Un des soucis de l’industrie moderne doit donc être d’obtenir le meilleur rendement de l'outil humain. Toutes les économies que nous avons envisagées dans la production thermique de l'énergie s’accompagnent d'économies de main-d'œuvre. On doit, enfin, s’inquiéter de trouver les meilleurés conditions de vie pour l'ouvrier manuel. La mine occupe un nombre considérable d'ouvriers qui travaillent dans des conditions pénibles surtout en ce qui concerne les ouvriers du fond, conditions fort éloignées de celles de la vie normale. À s’en tenir aux indications puisées dans le rapport du comité des houillères pour l’exercice 1920 et qui fait espérer que le rendement en charbon par unité ouvrière se fixerait dans les voisinages de 500 kilos pour l’ensemble des ouvriers du fond et du jour et de 700 kilos pour les ouvriers du fond, on peut calculer que l'extraction des 40.000.000 tonnes de 1913, nécessiterait actuellement une population ouvrière de 320.000 âmes occupée au fond et à
la surface parmi laquelle 237.000 ouvriers travailleraient au fond. (Nous avons compté environ l'ouvrier À 250 jours de travail par an, ce qui est un chiffre moyen qui doit tenir compte des jours de repos el des Jours de maladie). Alors même que la production nationale du combustible par une activité nouvelle et inattendue donnée à la mise en valeur et à l'exploilation des fonds permettrait de pouvoir suffire aux consommations mal dirigées du combustible, il y aurait un intérêt social à faire l'économie des houilles et à ne pas augmenter la population houillère pour combler nos déficits.
3°. — De même que la guerre nous a conduit à attacher la plus grande importance à lPéconomie du travail humain, elle nous a entraîné à examiner les meilleures conditions de rendement du capital national. Les capitaux investis dans les mines sont distraits de la réserve générale dans laquelle doit puiser l’activité économique de notre industrie. Il nous est difficilé de chiffrer ceux que nécessiteraient l’ouverture et la mise en valeur de nouveaux puits, répondant à nos besoins. Mais l’économie par un meil- Jeur rendement est à en faire. I] faut tenir compte également des sommes annuellement dépensées pour couvrir Ja main-d'œuvre immobilisée dans les mines et qu'il y aurait intérêt à ne pas augmenter. En 1913, d'après les statistiques figurant à l'Annuaire de l'Industrie minérale de 1917, l'effort de main-d’œuvre dans les mines se chiffrait annuellement par une dépense de 317.460.000 fr. L'index actuel serait en moyenne pour les mines de 365 en prenant, avec la valeur 100, l'index en 1913. I faudrait donc compter que pour 1921 la dépense annuelle correspondant à l’éxtraction des 40.000.000 tonnes de 1913 serait d’en-