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C. —— CONSTITUTION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE

Le rôle de la société nationale peut être conçu de trois manières :

1) Imaginer la société nationale comme simple organe. de liaison entre le sociétés existantes, chargé d'étudier, de hâter, et au besoin de réaliser une production.et une répartition plus rationnelle de l’énergie électrique.

2) Au lieu de laiser subsister côte à côte, comme dessus, Sociétés existantes et société nationale, on peut sans toucher au passé, déclarer qu'à l’avenir, production, transport et distribution de l'énergie seront le fait exclusif de la société nationale. On respecterait ainsi le passé.

3) Reste la solution la plus radicale : faire que la société nationale soit l’émanation même des sociétés existantes dont elle reprendra l’actif pour l’aménagement au mieux des intérêts généraux.

Cette troisième formule a notre préférence. La première, en effet, serait inopérante et aboutirait au chaos. Ou la société nationale im-

poserait son intervention et elle ne tarderait pas à devenir insuppor-

table, ou bien la société nationale attendrait qu’on fasse appel à son concours et nous ne réaliserions l'aménagement et l’utilisation rationnels de nos sources naturelles d'énergie que dans la mesure où l'intérêt des actionnaires des sociétés de distribution existantes l’exigerait. F : ÿ

La seconde formule également aboutirait au désordre. Elle serait préjudiciable aux sociétés existantes, maintennes intactes, il est vrai, mais arrêtées dans leur développement. Elle ne servirait que médiocrement l'intérêt général puisque la société nationale ne pourrait qu'avec les plus grandes difficultés toucher à ce qui existe et serait contrainte de respecter toutes les erreurs passées. è

La troisième formule seule mérite qu’on s'y arrête, bien qu’elle apparaisse, au premier abord, comme la plus compliquée. Toutes les sociétés de production et de distribution d'énergie existantes, d’une certaine importance et d’une même région, seraient invitées à mettre en commun la totalité de leurs installations : usines et lignes de transport. Elles en feraient l’apport en bloc, avec le passif corres-

pondant, à la Société nationale qui leur remettrait en échange un certain nombre d'actions. La société nationale serait considérée com: me propriétaire au même titre de toutes ces installations quels que soient leur provenance ou leur régime juridique antérieur (propriété, concession, permission de voirie). Elle en disposerait à sa guise en vue. du futur aménagement auquel il lui appartiendra de procéder. Notons que les actionnaires des sociétés existantes ne seront nul: lement désavantagés dans la combinaison. Leur actif se composail pour partie de bons immeubles qu’ils possédaient en toute propriété, mais aussi de lignes de transport et \parfois d’usines concédées où simplement autorisées. Le tout est remis à la société nationale qui donne en échange, sous forme de titre, l’exacte représentation de la valeur actuelle de toute l'installation. Ces titres séront privilégiés, ce qui indique que la situation actuelle sera maintenue et que les travaux futurs ne viendront pas compromettre les résultats acquis. En dernière analyse, si la vignette du titre change, sa valeur intrinsèque n’en sera en rien diminuée, au contraire, elle gagnera du fait de la substitution d’une vaste société au crédit inattaquable s’étendant sur toute la France, à de mutliples entreprises, ce. qui étendra singulièrement le marché des actions nouvelles.

Quant à la société nationale, elle aura l’avantage de pouvoir disposer de. toutes les installations existantes et cela est chose essentielle. Elle aura, en outre, d'emblée, un outil en piein fonctionnement mû par un personnel éprouvé.

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