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CHAPITRE PREMIER

Généralités sur les setters

Origines du setter Anglais, noir et feu, irlandais

Le mot Setter, venant du verbe anglais : To set (se coucher), explique les fonctions du chien qui se couchaïit dès qu’il avait senti le gibier : son maître pouvait alors jeter le filet par-dessus lui et prendre en même temps perdrix et chien.

Ce nom de Setter est extrêmement vieux et c’est probablement dans un contrat datant du 7 octobre 1485 qu’on le voit pour la première fois. Le signataire de cet acte s’engageait moyennant six shellings à garder pendant six mois un chien de cette race et à le dresser à arrêter faisans et perdrix.

Il en est fait mention dans plusieurs Edits royaux avant le traité latin du Docteur CaAïus (1576), médecin de la reine Elisabeth.

De nombreux écrivains parlent du Setter, de son nez, de son dressage :

Gervaise MAKHAM, dans son « Act of fowling »

Nicolas Cow, dans « The Gentlemen’s Recreation » (1697) ;

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Gils Jacogs dans « The Compleat Sportsman »

Le Sportsman’s Cabinet, publié en 1803, etc.

Déjà au commencement du xix° siècle, le Setter était prisé et en 1806 le « Sportsman’s Cabinet » donne une liste de huit Setters vendus en moyenne trente guinées chacun (780 fr.), alors que les pointers ne coûtaient pas plus de 17 guinées.

À la première Exposition canine en Angleterre, exposition qui eut lieu en 1859 à Newcastle, il n’y avait que des chiens d’arrêt : pointers et surtout des Setters. Les field-trials organisés par le Kennel-Club en 1869 ne firent qu’accroître la popularité du Setter. Quelles sont les origines du Setter ?

Pour certains, l'ancêtre est le Clumber Spaniel, que doit-on en penser? Peut-on vraiment croire que les Anglais soient arrivés à tirer de ce petit chien au corps long, aux jambes courtes, à la tête large, lourde, à l’apparence endormie, ce beau Setter aux jambes fines, à la tête légère, à l’allure racée, au caraetère vif et bouillant! La négative paraît étre la seule réponse. Cette thèse est d’ailleurs rejetée par tous les grands éleveurs et amateurs anglais.

Au contraire, la plupart des éleveurs et auteurs cevnégétiques sont d'accord pour reconnaître qu'il est issu des petits épagneuls. Maints écrits en font foi. Qu'il nous suffise de rappeler qu’en 1802 dans le « Sportsman’s Cabinet » on désigne dans le nord de l'Angleterre, le Setter sous le nom d’épagneul à poil long et le pointer sous celui d’épagneul à poil ras. Il paraît donc bien établi que le Setter est un épagneul grandi et amélioré.

Mais quel épagneul ?.…

C’est ici que les avis diffèrent. Pour les uns, et c’est l'avis de Hugh Darzrer, le Setter descendrait de/lépagneul irlandais du Nord.

LE ANTEER

D’autres auteurs, se basant sur la fameuse phrase de Gaston PHœBus (« Espainholz parce qu’il vient d'Espagne »), le font descendre de l’épagneul espagnol.

Enfin d’autres auteurs cherchent son origine dans notre épagneul français.

C’est à cette dernière thèse que nous donnons notre préférence. Nous trouvons une preuve de cette ascendance de l’épagneul français, dans le fameux tableau de François Desportes qui porte comme titre « Chiens et perdrix ». Nous nous trouvons là en présence de deux épagneuls à tête fine, à oreilles plantées bas et en arrière, à museau allongé et à l’allure dégagée rappelant beaucoup le Setter anglais: Cette ressemblance n’a d’ailleurs pas échappé à tout le monde. Vero SHAW, l’un des écrivains cynophiles anglais les plus connus, ne peut s'empêcher de reconnaître que ces chiens sont « very like our modern Setter » (sont très semblables à notre Setter moderne), il est très probable que c’est là que réside la vérité. Les Anglais, grands amateurs de beaux chevaux et de beaux chiens, sont venus chercher en France notre épagneul qu’ils ont modifié, amélioré, pour en faire le Setter moderne, comme ils ont transformé l’ancien braque en pointer par croisement avec leur foxhound.

Les changements apportés à notre épagneul français ont plusieurs causes : d’abord le climat anglais plus humide, plus froid, qui agit directement sur le chien et lui a fait pousser une toison plus épaisse ; puis l’habitat, la nourriture, les croisements, le gibier et surtout la différence de dressage. Les Anglais ont un but essentiel qu’ils poursuivent le plus possible dans tous les domaines : la vitesse. Ils ont transformé l’épagneul français en en faisant un chien de course, de galop; sa silhouette s’est allongée, affinée et on est arrivé à la conception du Setter moderne. Cette passion des Anglais pour la vitesse, dont nous parlions

plus haut, est telle, qu’elle les a amenés quelquefois à des expériences malheureuses. Lors des field-trials où concoururent ensemble des Setters et des Pointers, la rapidité de ces derniers l’emporta de loin sur celle des Setters. Certains propriétaires n’hésitèrent pas, pour donner de la vitesse à leur Setter, à leur infuser du sang de Pointer, et ils arrivèrent ainsi à ce résultat déplorable : « Le Dropper », chien vigoureux mais lourd, au poil raccourci, au panache alourdi, au caractère capricieux et aux qualités de chasse des plus douteuses.

Et maintenant, quel est le type général du Setter ?

On a dit de lui, que parmi les races anglaises de chien d’arrêt, il n’en est aucun plus que le Setter qui n'ait le privilège d’attirer l’œil de l'artiste ou de fixer l'attention du simple amateur. Il n’est pas de chien qui réalise à un plus haut degré ce qu’on est convenu d'appeler dans un animal « le beau idéal ».

Physiquement le Setter peut être appelé un animal racé, harmonique en tous points, une bête de sang. Il a une tête longue, légère, avec une truffe noire froide et brillante ; les yeux sont superbes, brillants d’intelligence et de douceur, généralement foncés ; les oreilles plantées bas sur la tête sont rejetées en arrière, elles sont plutôt longues que courtes, peu pointues, de peau mince et souple. Les dents sont blanches et régulières. Le cou musculeux et maigre, l’encolure sans fanon et légèrement arquée et de forme élégante. Les épaules sont bien placées en arrière, très obliques aux omoplates longues. Le dos est court et horizontal. La poitrine est vaste, profonde, bien descendue, les côtes légèrement tombées. Le rein est large, fort, légèrement arqué. Les hanches sont bien fléchies, bien courbées. L'avant-bras est musculeux, épais. Les pieds que Laverack voulait serrés en forme de pieds de lièvre sont préférés plus épatés comme le

pied de chat. La cuisse est longue. La queue placée sur la même ligne que le dos, de longueur moyenne garnie de poils ni frisés ni raides, légèrement recourbée, les soies du panache pendant en longues mèches ondulées. Le panache, le plus bel atout du Setter, doit commencer un peu en dessous de la naissance de la queue, va en augmentant jusqu’au milieu et s’effile ensuite graduellement jusqu’à l'extrémité. Le poil devra être long, brillant, doux, soyeux, ondulé sans boucle. Sur le corps le poil devra être bien fourni, former au niveau de la gorge un angle prononcé et s'étendre aux culottes et sur les pattes de devant presque jusqu'aux pieds.

Moralement, le Setter est un chien intelligent, extrémement caressant, affectueux, à l’œil vif, à l’oreille attentive, sa douceur naturelle et son obéissance très grande permettent un dressage facile. Ajoutez à cela que c’est le chien d'arrêt qui a le plus grand nez. Ses allures en chasse sont aisées, souples, dès qu’il évente un gibier, il rampe et arrête sans toutefois avoir l’attitude cataleptique du Pointer.

Le travail du Setter a été très joliment décrit par Sommerville, le poète chasseur . « Battant les champs nouvellement fauchés, la tête en l’air, il bondit de place en place, parcourant en tous sens le terrain de la quête sans rien négliger, sans oublier un pouce de terrain. Tout à coup, le voilà qui s’arrête, les émanations du gibier sont venues jusqu’à lui, il se couche, il rampe, il s’avance prudemment puis s'arrête encore, modérant sa fougue, comprimant son ardeur et sa joie. »

Enfin, le Setter, par sa toison fournie, peut résister facilement aux intempéries. Il supporte beaucoup mieux que le Pointer les grosses différences thermiques. La plante de ses pieds feutrée de poils lui permet de s’adapter à tous les terrains de chasse : plaine,

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bois, marais. On lui a reproché d’avoir énormément besoin d’eau ; prenons à ce sujet l’avis de TARPLIN, chasseur et cynophile des plus expérimentés : « C’est une opinion erronée de croire que le Setter ne peut continuer à chasser sans eau, alors qu’il est parfaitement reconnu par les sportmen les plus expérimentés qu'il peut endurer la faim, la soif et la fatigue aussi bien, sinon mieux que le Pointer. »

Avant de passer à l’étude plus détaillée du Setter anglais, voyons très rapidement le Setter noir et feu et le Setter irlandais.

Le Setter noir et feu a vu également ses origines discutées. IDSroNE (Rev. Pearle) ajoute foi à la légende qui fait du Setter Gordon un descendant du Colley, et cet écrivain autorisé assure avoir eu des Setters noir et feu, ressemblant étrangement à certains Collies. En réalité cette ressemblance prouve qu'il a pu y avoir une mésalliance dans l’ascendance de ces chiens.

Pour STONEHENGE, c’est le croisement avec le Bloodhound qui a donné au Setter noir et feu sa forte ossature si caractéristique, sa lourde tête et ses babines accusées.

Enfin pour FRECHON il y a eu croisement avec le Setter irlandais. Ce dernier fait est presque indiscutable si l’on veut bien remarquer que dans certaines portées, on trouve des Setters presque complètement rouges. |

Quelle que soit son origine, le Setter noir et feu est une très vieille race qui a été reprise, étudiée, travaillée par le duc DE GorboN qui en fit des Setters tricolores. IL est très important de faire remarquer que la couleur blanche qui n'existait pas primitivement a été introduite par le due DE GoRDoN, voilà pourquoi il ne faut pas attacher trop d'importance à une tache blanche que l’on relève sur la tête, la patte

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ou le poitrail d’un Setter noir et feu, voilà aussi pourquoi il faut bien se garder d'appeler Setter Gordon le Setter noir et feu actuel. Le Setter Gordon pur n'existe plus.

On trouve la preuve de cette trinité de couleurs du Setter Gordon dans les écrits de Laveracx : « Les Setters qui se trouvent dans les chenils du château (du duc DE GORDON) sont entièrement blancs, noirs et feu, avec de légères marques feu aux pieds, au museau, aux yeux et à la naissance de la queue ; le duc DE GORDON aimait ce mélange de couleurs qui lui paraissait plus gai et lui permettait de mieux distinguer au loin ses Setters. C’est en mariant des chiens noir et feu avec des chiennes noires-et blanches qu’il obtenait des Setters tricolores. »

Cette question du blanc chez les Setters noir et feu paraît être à l'heure actuelle définitivement tranchée. Physiquement, c’est un chien au squelette lourd, aux pattes énormes, à la poitrine profonde, aux épaules un peu lourdes. La tête est moins légère et plus chargée de babines que les autres Setters. Le fouet est court et quelquefois tourné vers la gauche ou la droite; c’est un point dont certains auteurs ont argué pour rappeler son ascendance du Colley.

Sa couleur est noir et feu avec deux taches de feu au-dessus des yeux. Une ligne noire large d’un centimètre et demi court sur la partie supérieure du museau, s’arrêtant à un demi-centimètre de l’extrémité du nez pour faire place à quelques poils feu ; cette ligne noire descend de chaque côté autour des yeux qu’elle entoure comme d’un cadre sombre. Le reste du museau, l’intérieur des oreilles et la gorge jusqu’au cou sont couleur feu. La partie antérieure des pattes de devant est feu ; la partie externe noire. Les longs poils croisant sous le ventre doivent être noir et

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