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CHAPITRE II

Histoire du setter anglais

Trois dates importantes dans l’histoire du Setter anglais. La première est celle de la première Exposition canine de Newcastle, la deuxième celle des premiers fields-trials, la dernière celle de la création du Kennel Club (Stud book: livre des origines anglaises).

Avant cette époque les grands seigneurs anglais conservaient jalousement pure, la race de Setter qu'ils avaient créée ou dont ils avaient hérité de leur père. Ils avaient des livres de chenil régulièrement tenus et ils notaient avec exactitude les pédigrees de tous les chiens de leur chenil. Puis, c’est l'apparition de l'Exposition canine. Les grands propriétaires viennent exposer avec orgueil les magnifiques Setters qu’ils ont su jusque-là préserver de toute mésalliance. Des prix sont décernés, certains Setters l’emportent de loin, par leur réelle beauté. Certains propriétaires songent déjà à infuser à leurs chiens du sang des vainqueurs.

Les premiers fields-trials de 1865, qui ont lieu à Southill, voient la victoire de Dandy, Setter noir et feu, à M. Flemming Gordon, et Jill, Pointer, qui obtiennent tous deux le maximum de points, ce qui équivalait à un brevet de perfection absolue. Puis les années suivantes d’autres épreuves en campagne ont lieu, faisant valoir certaines variétés de Setter et

abaissant certaines autres. C’est de cette double concurrence d'exposition et de concours et de la jalousie de certains éleveurs qui ne veulent pas exposer, que découle toute l’histoire du Setter. C’est cette concurrence qui a permis à LavErACK de mettre en valeur sa superbe race, mais c’est elle aussi qui a fait disparaître peu à peu les autres variétés de Setter.

Quels étaient donc ces Setters qui, de nos jours, ont presque tous disparu ou qui, s’il en existe encore, ne paraissent plus dans les expositions ?.… LAVERACK, dans son livre sur le Setter, les a bien étudiés.

1° Nous avons d’abord les Setters des Naworth- Castle et de Featherstone-Castle, qui appartenaient à Lord Carlisle à Naworth-Castle Brampton Cumberland et à lord Wallace, à Featherstone Castle Cumberland. Ces chiens à apparence un peu lourde étaient blanc et marron. Les cuisses larges, puissantes, bien garnies de longs poils ainsi que leur queue et leurs avant-bras (CAïLLARD). Ils avaient le poil long et soyeux et étaient caractérisés par une sorte de longue houppe située au sommet du crâne. Intelligents et souples, ils étaient d’un dressage facile et rendaient de grands services, grâce à la puissance de leur nez.

2° Il faut signaler une espèce célèbre à Limond- Castle, près de Carlisle, qui existait encore à la fin du xIx° siècle. Ces chiens blanc et marron, comme ceux de Lord Carlisle, n'avaient pas de houppe sur la tête, étaient d’allure plus légère et plus vifs dans la quête.

3° Les Setters de Lord Lovat (Ecosse) étaient tricolores : noir, blanc et feu, de même sang que les Setters Gordon.

4° Les Setters du Comte de Southesk en Forfarshire étaient de même couleur que les précédents, mais de plus haute taille.

9° Parmi les Setters que l’on pouvait voir en Ecosse, il y avait une espèce particulièrement intéressante

appartenant au Comte de Seaffield de l’Ireverneshire. Noir, blanc et feu, telles étaient leurs couleurs. Plutôt bas sur pattes, ils ressemblaient à de très grands Epagneuls. Leur toison très fournie leur permettait de supporter assez facilement les rigueurs climatériques de l’'Ecosse du Nord.

6° Signalons, en passant, une petite espèce : les Setters blanc et orange du Comte de Derby, près d’Invernes.

7° Nous arrivons à une espèce qui a particulièrement intéressé M. Paul CarrrarD et dont il dit avoir apprécié les grandes qualités : les Setters noirs du Comte de Tankerville et de Lord Ossalton. Ce sont des chiens de construction élégante, à la tête légère, aux membres musclés, aux soies fines, noires avec reflets bleuâtres. Si l’on veut bien en croire Vero SHAW, ces chiens ont maintenant totalement disparu.

8° Enfin il était une espèce fort répandue dans les montagnes du pays de Galles : les Llanidloes Setters. C’étaient des chiens entièrement blancs lorsqu'ils étaient purs, à l’ossature puissante, à la toison épaisse, rude et frisée, qui leur donnait d’admirables qualités de résistance.

Le Setter qui les a tous détrônés du piédestal où les avaient élevés leurs propriétaires, celui qui les a relégués au second plan, le seul enfin qui ait résisté à notre époque et qui voit de jour en jour la faveur des amateurs augmenter pour lui : c’est le Setter créé par LAVERACK, qui n’existe d’ailleurs plus aujourd’hui à l'état pur et que l’on doit appeler maintenant Setter anglais. C’est son histoire, son standard d’hier et d’aujourd’hui, son avenir qui nous intéressent particulièrement et que nous allons étudier à présent.

Le créateur de cette fameuse espèce, Ed. LAVERACK, travaillait à la manufacture de son oncle à Manchester. La mort de celui-ci et la fortune qu’il lui laissait,

lui permirent de se consacrer entièrement à ce qui l’avait toujours intéressé : la chasse et le chien. C’est en 1845 qu'il acheta au Rév. Harrisson, près Carlisle, les deux seuls Setters qui devaient donner naissance à toute une race : Ponto et Old Moll. C’est au moyen d'un élevage judicieux qu’il arriva à ce beau Setter qui porte son nom.

Quelles doivent être les qualités physiques du Setter DUR... -

La tête doit être longue, légère, plus étroite entre les oreilles. Les mâchoires longues et étroites doivent s'adapter exactement l’une sur l’autre, les dents fortes et blanches, le nez large et bien ouvert, la truffe noire ou brune, les lèvres minces et sans babines, les yeux bien horizontaux, brillants, expressifs, tantôt brun clair, tantôt brun foncé, suivant la couleur de la robe. Les oreilles, de grandeur moyenne, doivent être plantées bas, tombant droites, faites d’une peau mince couverte de poils fins et soyeux ; le cou élégamment incliné est légèrement arqué : il ne doit jamais porter de fanon. Les épaules musclées et très obliques doivent être bien dégagées et libres de leurs mouvements ; la poitrine doit être profonde et large. LAVE- RACK voulait une poitrine large et comme il le dit, c’est toujours ce qu’il a cherché à obtenir. « Mon principal objectif, écrit-il, a été d'obtenir la puissance et la force dans l’avant-train, non seulement dans le sens de la profondeur, mais aussi dans la largeur ; cherchant par cette disposition à donner une plus grande liberté au jeu du cœur et des poumons ; en résumé, un chien solide, ramassé, bien charpenté. Pas d’animaux décousus, mal bâtis, voilà ce que je me suis efforcé d'obtenir pendant ces cinquante dernières années. » (LAVERACK). Dans un autre passage, il indique également, en dehors de ces raisons d'ordre physiologique, celles qui l'ont amené à rechercher cette lar-

De

geur de poitrine : « La largeur de la poitrine doit être proportionnée à la profondeur, si elle est trop étroite, le chien paraît en lame de couteau, on dirait que les deux jambes partent du même point. Ainsi conformé, un Setter ne saurait supporter la fatigue ; d'autre part, avec une poitrine profonde, mais large par devant, il serait nécessairement très lent d’allure et paraîtrait lourd et maladroit dans sa démarche et son maintien ; quant à la poitrine, large et sans profondeur, c’est une difformité que nous rencontrerons peut-être dans le Setter lorsqu'il aura été croisé avec le bull-dog, mais pas avant. »

STONEHENGE était en désaccord avec LAVERACK à ce sujet et il disait : « La poitrine doit être plutôt profonde que large, bien que M. LAvERACK soit d’opinion contraire et bien qu’il ait été jusqu’à imprimer en italique le mot large à la page 22 de son livre pour bien marquer sa préférence. Je suis convaincu que sur ce point M. LAvERACK se trompe absolument, mais je partage entièrement son avis lorsqu'il nous dit que les premières côtes doivent être saillantes et les dernières nécessairement profondes. »

Or, comme l’a fait remarquer Hugh DALZIEL, STONE- HENGE a mal interprété la phrase de LAVERACK où il n’a fait que relever le mot large sans en comprendre totalement le sens. Lorsque LAvERACK parle de « poitrine profonde, large, côtes bien saillantes derrière l'épaule », il cherche à combiner la largeur avec la profondeur : c’est exactement ce que STONEHENGE voulait !

Le dos est fort, vigoureux, les cuisses musculeuses, les grassets espacés, les jarrets vigoureux et bien descendus.

Les jambes de devant doivent être droites, bien frangées et terminées par des pieds de chat.

La queue doit être de bonne longueur, sans poils

Ne

frisés, ornée d’une frange soyeuse, longue au milieu et diminuant ensuite de manière à disparaître aux extrémités.

Elle doit être portée horizontale en lame de cimeterre et ne doit pas pendre.

Le poil est doux, soyeux, ondulé, mais sans boucles ni frisure, plus long sur les oreilles, les jambes de devant, les fesses et la queue.

La couleur varie depuis le noir, le blanc marqué de taches ou de mouchetures noires (Blue-Belton), le blanc marqué de taches ou de mouchetures rouge ou citron (Lemon Belton), le blanc marqué de taches marron (Liver Belton), jusqu’au blanc pur.

Enfin la taille varie de O0 m. 56 à O0 m. 62 pour les mâles et 0 m. 53 à 0 m. 58 pour les femelles.

Les défauts essentiels sont :

La tête courte, lourde, empâtée, trop large aux pariétaux, stop pas assez accusé, babines trop accentuées balottantes, chanfrein court, busqué, nez pointu, empâtement au-dessus des yeux.

Le crâne trop large, trop court, trop plat.

Les mâchoires de longueur inégale, dents mal rangées.

La truffe étroite, nez pincé, tache blanche sur la truffe.

Les oreilles trop longues, trop courtes, trop épaisses, insérées trop haut par un cartilage trop épais. Les orcilles redressées, portées en avant contre des joues ouvertes.

Les yeux trop petits, trop enfoncés, ronds, ternes, hagards, de couleur trop claire et surtout les yeux vairons.

Le ladre aux paupières.

rate

Le cou trop court, empâté, du fanon, la collerette trop forte.

Les épaules droites, courtes, trop chargées.

Les coudes en dehors, coudes courbés, déviés en dehors ou en dedans, ossature faible.

Le poitrail trop étroit ou de largeur excessive. Le coifre trop étroit sans profondeur.

Les côtes trop plates, les fausses côtes pas assez longues.

Le dos trop long ensellé, le rein plat, étroit, grêle ou faible.

Les cuisses faibles trop plates, les jarrets trop droits serrés ; des ergots.

Les pieds larges, écrasés, doigts trop longs, écartés, déviés en dehors ou en dedans, sole trop épaisse ou molle.

Le fouet mal planté, dévié à droite ou à gauche, porté trop haut, dépourvu de franges, soïes enroulées ou frisées.

Enfin le poil frisé ou trop ondulé, gros, dur, terne, trop court, trop rare, les franges trop courtes.

Telles sont les caractéristiques du Setter Laverack et les différents défauts que l’on reprochaït au mauvais chien.

La pureté de la race étant un des points les plus discutés, il nous paraît intéressant d'étudier un peu le pédigrée des Setters de LAVERACK.

Dans le livre de cet auteur on trouve 2 tableaux qu'il nous a paru utile de reproduire car ils excusent en quelque sorte les faux pedigrees que l’on a relevés contre LAVERACK.

Les voici :

Fred II ga

Dash Moll bleu b. blanc, noir et feu | Sling Belle bleu b. blanc, noir et feu Rock Cora

blanc et noir blanc, noir et feu

Regent Jet I blanc, noir et feu blanc, noir et feu

Pilot Moll blanc et noir blane et orange Dash Belle 1 blanc et noir blanc et orange e Ponto Old Mall

blanc et gris gris d'argent

haitindh

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