Cf. sur ce point Lanir, p. ir
r»' K, 20, 'AO; N, I, i."), JS, [i\ '20. C:. au?s.i .NM/.r-i, p. VM, n. 1, et Aston, op. '•ï^. p. 132-133. Plus tarJ ilenlitic avo: Kbiso i, le dieu souriant {chi ou émi, sourire) : voy. Anderson, op. rit,, 30 se j. ; etc.
dans un bateau de roseaux*, puis l'îlot d'Awa", qu'ils ne veulent pas non plus reconnaître* ; après quoi, ayant découvert pour quel motif ces premiers-nés n'étaient pas réussis, ils reprennent leur œuvre de création dans des conditions plus favorables*, engendrent lourà tour les îles de l'archipel, puis loutun peuple de dieux de la nature*; et ici encore, nous
i) Cet incident rappelle, non seulement la légende accadienne de Sargon, celle de Moïse et autres récits du môme genre (voir Lang, 188, John O'Neill, NigfU of the Goch, p. 410, et pour la Chine, en papliculier, Giles, Adversaria sinica, n° 3, 1£06), mais aussi le mythe néo-zélandais de Maoui, né avant terme, que sa mère ne croit pas viable, qu'elle enveloppe alors dans sa longue chevelure et qu'elle livre à Técume des flots (A. Réville, II, 33). Les Polynésiens supprimaient ainsi la moitié ou les deux tiers des enfants nouveau-nés (Wailz, VI, 137 scq.); et noire légende peut élre, soit un vestige du mythe océanien, soit l'indice d'une coutume semblable qui aurait existé aussi chez les Japonais primitifs. Izanaghi et Izanami abandonnent, en effet, l'enfant-sangsue parce que c'est un avorton, un enfant chétif qui, « même à l'âge de trois ans, ne pouvait se tenir debout « (variantes du N, I, 19 et 20, où le bateau de roseaux de ia p. 15, devenu maintenant le « Céleste bateau de bois de camphrier, (dur comme) le roc et (rapide comme) l'oiseau », est lui-môme engendré, comme un enfant, parle premier couple).
2) L'île de l'Ecume. Probablement un îlot qui se trouve près de l'île d'Awadji,
3) K, 20 et 30. A propos de ce dernier texte, M. Chamberlain se demande (n. 10) pourquoi l'ilot d'Awa est exclu du nombre des enfants d'Izanaghi et d'Izanami; la réponse se trouve dans le K lui-même, qui met sur le même pied (lirou-ko et l'îlot d'Awa, en nous disant que a ces enfants n'étaient pas bons » (voy. K,20).
4) c( Les deux divinités tinrent conseil, disant : « Les enfants que nous venons de produire ne sont pas bons. Mieux vaut que nous allions annoncer cela à l'auguste séjour des Célestes dieux. » Aussitôt ils montèrent au Ciel et s'informèrent auprès des augustes dieux célestes. Alors les Célestes dieux commandèrent et trouvèrent par la grande divination, et leur donnèrent leurs instructions, disant : « Ces enfants n'étaient pas bons parce que la femme a parlé la première. Redescendez, et changez vos paroles. » Ils redescendirent donc, et de nouveau marchèrent autour du céleste et auguste pilier comme auparavant. L'auguste Izanaghi parla le premier : « Oh! la belle et aimable jeune femme! » Ensuite, sa jeune sœur l'auguste Izanami : u Oh ! le beau, l'aimable adolescent ! » Et lorsqu'ils eurent achevé de parler ainsi, il se rapprochèrent augustement, et procréèrent un enfant, l'île d'Awadji. » (K, 20-2i, et cf. ci-dessus p. 171, n. 4).
5) K, 21 seq., 25 seq. Certaines îles (Tsoushima, Iki) sont cependant produites ce par la coagulation de l'écume de l'eau de mer » (N, 1, 14, qui ajoute paisiblement : « On dit aussi qu'elles furent produites par la coagulation de l'écume
d'eau douce )>). M. Aston voit ici une interprétation rationaliste (op. cit., p. 92).
252 LE SIIINMUÏSMK
retrouvons cotte idée d*évolution qui est si chère à la pensée japonaise*. Kniin, après la naissance du dieu du Feu, la mort d*l7.anamiv la dt'scente dMzanaghi aux Knfers el sa purification', de nouvelles divinités apparaissent encore*; les trois dernières sont le Solril, la Lune, TOcéan-Tempète, c'est-àdire les plus illustres ^ et ainsi s'achève, en triomphe*, Torganisation dt» l'univers '.
De ces mvllies relatifs h Torigine du monde, il est naturel de passer à une autre catégorie légendaire qui est la suite logique de la précédente. Après la genèse de l'univers matériel et après la naissance de Tliomme. on cherche à se repré-
Kn rouillé, n-us SKimt.es ni [iii\>iiic»- ii'ij<)i' ruiice|»t.<'jn assez r'-paDHue : ce'.le iJe la ré<'On<iih' i\o i'rcunif. Au Prrou. le t):t u du iar Tuicaca oatl dt* Teau comme rA[ilir(i<iit(* liell' iii<|tii* ; ft oh>z !•> SiMM-linave.<, ont voit dans cet èièment !i sou ICI* 'îi* l(»ut»* fiTli:ilr v.ty. Lai).'. T.*!. n. 'Ji. Cf. Péyraolo/çie qui ferai l renir our/ii, miT, d'uiimofi, duritii'i- ini>snrice : la mer serait alors la ^rando gén<^ratrico, celle qui fait pulluler irs poisï^tiiis. les i rustaci'?, l*^s algues, toute la nourriture pr«'*ftT«V des insulaire? japoii:iis ;ï?alo\v, T, VII. part. 2, p. 124, n. 22). L'érumf est d'ailleurs vi va iiti* : à rori::intv >< i'eoume des eaux bleues parlait » (R XXVir, dans Aston. "JTô .
1) Puur la m^me iih*»* chez d'autres peiipios, voir A. Ht'vd e, 11. 128; Lang. 171 ; Bouche-Leclercq. Il, :.*4ri, 2i7. n. J : etc.
2) Ci-dessus, p. iC6 se<{. (Cf. Si'-nifvt'* réduite en cendres parce que Zeu« Ta approcht'e on personne : Lanir. 4XP.
3) Supnt. p. tjJ.
i) Ihid., n. :;; cf. K, .'iJ-iJ. ri .N. I, C^ se.j., M sv*\.
5) Supra, pp. 02-6 i cl p. VJ. Pour la roncep»lion de l'œil-soied, outre les rrlerences dej.i indiquées, p. 02, n. 3, voir encore : Lan^r. 227, 3lt>; E. F. Cuiulier, Ma'hi'jasrur, 295; lin, i'hist. ./•* p //'/iums t. XX.Wll, p. 273; et»'.-.
T)) Le< exclainriiions de joie d'i/irhuli. mollirent bien que ces derniers dieux sont li; torm»^ Av. IVvolution. « Mo*, en^'iMnlranl enfant après enfant, par ma dornitTe jrénèralion j'ai obtenu trois enfants iilustres î » (K, 43; el cf. .N, I, 18 et pa^s.).
1} Apri'S cette n-uvre, Izana^^hi n*a pi us qu'a se reposer. «< l£t ainsi, le grand di<.>u Izanaf^hi demeure à Ta^'ha. dans Afounii la région du lue Biwai «, dit tout simplement le K, pour conclure son n'cil de l'investiture des trois dieui. (K, •ir>). « Sa divine tâche accompli*', dit le .N, et sa carrière spirituelle étant sur le point de subir une transformation, il se bJitit un si'jour de ténèbres dans IMIe d*Awadji, où il habita pour toUjOurs dans le silence et le mystère. » (N, I, 33 ; contredit d'ailleurs par une variante, p. 3î; mais cf. p.'d^^l et 322, qui vienoent 4 Tappui de la version pnncipale).
Le suiNirT0Ï5ME 253
senter les origines de la race, les commencements du peuple, ses guerres et ses débuts dans la civilisation; et comme, presque toujours, les souvenirs précis font défaut, des légendes explicatives y suppléent. D'où les mylbes historiques qui, dans le récit sacré, tiennent une place si considérable. Si nos vieux Japonais ne remontent pas au Déluge, que tant d'autres mytbologies rattachent à l'origine même de rhomme'y mais dont ils ne possèdent aucune tradition*, ils n'en poussent pas moins leur curiosité jusqu'à l'aube même de leur histoire. Pourquoi et comment se trouvent-ils dans leurs lies? C'est qu'ils sont tombés du cieP. De ce point de départ, la légende poursuit sa route à travers les luttes des chefs et des tribus, la centralisation progressive et Torganisation de l'empire, les grands événements ou les menus incidents des règnes, jusqu'aux faits les plus récents^; et toutes les fois que les causes des phénomènes historiques sont inconnues, oubliées ou mal comprises, des explications de fantaisie viennent les remplacer^
1) Car si la race humaine est parfois conservée' pendant ce cataclysme, souvent aussi elle est détruite par lui et doit être ensuite créée à nouveau (voy. Lang, 154, 222).
2) Ce silence, qui paraît étonner M. Chamberlain (Inlrod, au K, p. lx), s'explique cependant par la même raison que nous avons déjà indiquée (p. 125- 126) au sujet du peu d'importance des divinités fluviales au Japon. Le déluge est, en effet, une légende à moilié historique, à moitié explicative, qui n'a pu surgir qu'en des pays arrosés par de grands fleuves, et par suite exposés à des débordements formidables (voy. A. Réville, Prolég., 71), tandis qu'au Japon les cours d'eau, d'une étendue et d'un volume très restreints, produisent des inondations fréquentes, 11 est vrai, mais tout à fait locales et passagères. Môme les raz des marée qui, en submergeant certaines îles océaniennes, donnèrent à leurs habitants Tidée d'un mythe analogue (voy. A. Réville, II, 123), ne pouvaient arriver à le faire naître dans l'esprit de nos anciens Japonais, qui avaient toujours en vue de hautes montagnes. L'absence d'une interprétation légendaire des inondations s'explique donc tout simplement par la géographie de la contrée.
3) Voir plus haut, p. 189, n. 1.
4) Par exemple, de môme que la mort des empereurs et de tous les hommes en général est le châtiment d'une faute originelle (K, 116), de même la mort d'un empereur particulier sera la punition de ses négligences dans le culte (N, I, 177).
5) Nous y reviendrons à l'Histoire des dieux.
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