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r instinct de renvoyer à un ennemi la flèche qu'il vient de lancer', l'idée de donner à un enfant une nourrice". D'autres fois, il s'agit d'usages un peu plus spéciaux : par exemple, la coutume des gageures'. iMais la plupart de ces légendes ont trait aux superslilions variées que les hommes du viii* siècle observaient encore sans en comprendre le sens : ne pas marcher contre le soleil* ; exclure certain poisson do la table impériale'; ne pas se servir d'une lumière unique ; ne pas
1) Cet acte si naturel, une fois enlié dans les habitudes régulières, est rattaché au mythe où une flèche, lancée jusqu'à la Plaine des hauts cieux, est rejette sur terre par les dieux d'en haut et va frapper à mort le coupable (K, 96).
2) Toyo-tama-himé ayant abandonné son enfcnt (voir ci-dessus, p. 233, n. o), Ho-ouori dut le confier à des nourrices. •< Le fait de s'iHre alors procuré, au moyen d'autres femmes, du lait pour nourrir l'auguste enfant, fut l'origine du présent usage qui consiste à engager des nourrices temporaires pour élever les enfjnts » (N, I, 104).
3) L'histoire d'envoûtement du K, 264 (voir plus haut, p. 198, o. 3 et p. 210, n.3) se termine par une glose qui donne cet épisode comme l'origine de la coutume.
4) « En combattant avec le prince de Tomi, l'auguste Itsou-sé eut son auguste main percée par la flèche dangereuse du prince. Il dit alors : « II ne convient pas que moi, auguste enfant de la di^esse du Soleil, je combatte en faisant face au soîeil. C'est pour cette raison que je suis frappé par la main pernicieuse de ce misérable esclave. Dorénavant, je vais me retourner, et je le frapperai en tournant le dos au soleil. » (K, 133). De même, le Nihonnghi met dans la bouche do l'empereur Djimmou ces paroles : « Je suis le descendant de la déesse du Soleil, et si j'avance contre le soleil pour attaquer l'ennemi, j*agirai contre la voie du Ciel. Mieux vaut battre en retraite, avec les dehors de la faiblesse. Alors, sacrifiant aux dieux du Ciel et de la Terre, et portant derrière nous la puissance de la déesse du Soleil, suivons ses rayons et marchons sur eux. Si nous faisons ainsi, les ennemis ne manqueront pas de se m.ettre spontanément en déroute, et nos sabres ne seront pas souillés de sang, d (N, I, H3). Remarquons cependant que le Kodjiki renferme aussi une version contradictoire : l'empereur Youriakou étant allé du Yamato à Kafoutchi, c'est àdire, de Test à l'ouest, l'impératrice Ouaka-kousa-bc lui fait dire : « Il est très alarmant que tu voyages ainsi en tournant le dos au soleil. » (K, 312).
5) Le mulet, parce qu'il a gardé dans sa boucha le hameçon du prince Hoouori, « Désormais, lui dit le dieu de TOcéan, tu ne pourras plus avaler une amorce, et il ne te sera pas permis d'avoir place à la table du Céleste Petitfils. 1 Et c'est pourquoi le poisson appelé Koutchimé n'entre point parmi les mets servis devant l'empereur. » (N, I, 99, 106). Pour ces vieux tabous relatifs aux aliments du chef, voir Frazer, op, cit., p. 317.
6) Parce qu'Izanaghi, aux Enfers, » ayant pris et brisé une des dents termi-
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jeter un peiprno. la nuit*; prendre soin de ses rognures d*onglos'; éviter d*entrer dans une maison sous le large cha* peau et le manteau de paille, ou avec une botte de foin sur le dos^; ne jamais rérlamcr une aiguille qu*on a perdue\ Tous ces menus di^^tails, ces tahous quotidiens sont ce qui dure le plus longtemps dans les croyances et les habitudes d'un peuple: et les vieux Japonais. déj;i si enclins pourtant h réformer les plus imptirtanles coutumes lorsqu'elles leur semblaient mauvaises*, restaient trop attachés ;i ces superstitions familières pour ne pas vouloir leur trouver une origine avouable t'I une juslilicalion.
Nous arrivons ainsi h une autre classe de mythes qui, comme les pn'cédenls, lendenl h di»nner le premier motif de rerlaine^ notions tradilionnelles, et qui ne font que prolonger, pour ain>i dire, le mèm«* procédé du domaine des idét's dans le trésor des mois. Cr sont d'aliord les mvthes
explicatifs dr proverbes, lue exj>érience quelconque a ins-
nales {owi-fiashint, piliers-mAIes' du pci^^no aux dents nombreuses ^i serrées qui ('tait fix^' à la loutTe ^Muche de ses cheveux », et ayant allunif^ cette dent, qui conFlitiia a une lumière unique », aperçut alirs Izanami en pourriture (K, 35; et cf. N, I, 2i).
l)Méme ori/ine que la sup«'rstilion pn-cèdi'ht*», «l'apr-'S le N, I, 2i. Au xui* sii>rle, VA'izQuma K'ijnmi Miroir de l'Ks: nous .explique que, lorsqu*on ramasse un pei^nr altandonné, on esl lran^f•»^m♦'• en une aulre personne (voy. Aslon, Mh>nf/i, 1.2», n. 4); au xyiii' s\èc.\e, .Motoori relrauvo. dans la proTÎnce d*Iwami, les pr*jut:és eontre une lumière unique ou un peigne jeté ; et au XIX* siècle. M. Chamberlain constate la survivance de ces vieilles idées à Tokio même [Kf^jlki, p. 35, n. 0).
2) En raison du châtiment infligé à SzaniiotN par les dieux célestes: N, I, 49- 50 (voir ci-dessus, p. 70, n. 3). Cf. Traz.'r, np, ci7., p. 172, 302 seq.
3) Parce que le même SzannoA, sVtiU't présenté ainsi aux autres dieux après son bannissement, s'est vu refuser rhos|>iiaiiti' et a dû ensuite errer tristement .«ous la p'uie cinglante : N, I, 50 (cf. ci-dessus, p. 95, n. 2-. Le texte ajoute que toute infraction à ces règles, tenues de la plus haute antiquité, entratoe une amende expiatoire.
4) En souvenir de la fameuse Uyen^io du hameçon perdu (N,1, 101 : ci-dessas, p. { 17, 11. 3). En effet, le mot hari veut dire à la fuis hameçon et aiguille.
5) Exemple ; la suppression des sacrifices humains. « Bien «pie ce soit là une ancienne coutume, dit l'empereur Soutninn, pourquoi la b iivr»\ si elle est mauvaise?» (N, 1, 178).
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pire un dicton heureux; la forme verbale, plus solide que son contenu lui-même, s'est conservée àTinfini, surtout chez un peuple qui, comme les Japonais primitifs^ n'a connu récriture qu'à une époque très tardive ; et à ce moment, que Ton comprenne encore ou qu'on ait oublié le sens des « anciennes paroles »S de gré ou de force on les introduit dans la rédaction du récit sacré. « Méfiez-vous de la flèche qui retombe » * ; « les pierres les plus dures s'écartent du chemin d'un buveur » '; « on peut monter jusqu'au divin Trésor du ciel, pourvu qu'on plante une échelle » ^ ; « sans terre, comme les bijoutiers »'; « le pêcheur pleure à cause de ses propres
1) Expression de Tempereur Temmou, ordonnant la compilation du Kodjiki (Préface de Yasoumaro, p. 9).
2) Moralité de la légende signalée plus haut, p. 255, n. 1 (N, 1, 74; et cf. K, 96).
3) L*empereur Ohdjinn a fait venir de Corée un certain Nim-pan, également appelé Sousoukori, homme habile à la fabrication du saké. « Ce Sousoukori distilla un jour une grande liqueur auguste, et il la présenta au Céleste Souverain, qui, excité par la grande liqueur auguste qui lui avait été offerte, chanta augustement, disant: « Je me suis enivré avec l'auguste liqueur distillée par Sousoukori ; je me suis enivré avec la douce liqueur, avec la liqueur souriante! » El tandis qu'il marchait en chantant ainsi, il frappa de son auguste bâton une grosse pierre, au milieu de la route d'Ohsaka; sur quoi, la pierre roula au loin. » C'est sur cette anecdote naïve que le Kodjiki fonde notre proverbe (K, 253-254).
4) Inishiki no Mikoto avait la garde des mille sabres divins du temple d'iso no Kami. Un jour, « Inishiki dit à sa jeune sœur, Oh-naka-tsou-himé : « Je suis vieux et incapable de conserver la charge des divins trésors. Désormais, tu devras prendre ce soin. » Oh-naka-tsou-himé refusa, disant : h Je ne suis qu'une faible femme ; comment puurrais-je monter au divin Trésor du Ciel? » Inishiki répondit :•« Le divin Trésor est élevé; mais je puis faire pour le divin Trésor une échelle. Comment donc serait-il difficile de monter au Trésor? » D'où le proverbe, d'après le N, I, 184.
5) L'empereur Souïninn a épousé la princesse de Saho, sœur d'un chef ambKieux; le prince de Saho, après un complot manqué, s'est réfugié dans un chàteau-fori, où rimp'T.itrice est venuo le rejoindre; cependant Tempereur, qui lime toujours sa femme, envoie des hommes d'armes avec mission de s'emparer d'elle et de la ramener au palais. L'impératrice, ayarjt prévu cette tentative, imagine bien vite, entre autres ruses, de se faire arranger un bracelet dont les joyaux sont enfilés sur un cordon pourri; en sorte qu'au moment où les guerriers veulent la saisir par ce bijou, le lien se rompt et elle s'échappe. « Alors le Céleste Souverain, triste et couroucé, fut pris de haine pour ceux qui avaient fait les bijoux, et il les priva de toute s leurs terres. » (K, 190. D'après Moloori,